SCIENCES P H I L 0 I. 0 C I Q U E S
Langue et littérature de L'Inde. Histoire «le la langue française.
Grammaire comparée des langues indo- Langue et littérature françaises
européennes. Grammaire historique.
Langue et littérature hébraïques. Philologie romane.
Grammaire de- langues classiques an- Langue et littérature anglaise
ciennes.
Éloquence grecque.
Eloquence latine.
Éloquence française.
Langue et littérature grecques.
Poésie grecque.
Poésie latine.
Poésie française.
Langue et littérature allemandes.
Littératures de l'Europe méridionale Langue et littérature espagnoles.
Langue et littérature italiennes.
Langue et littérature russes.
Langue et littérature hongroises.
Langue et littérature Scandinaves.
Dans ces larges et riches cadres se meut l'activité «le la faculté. Elle n'a pas renouer aux cours publics. Us sonl un.' tradition française qu'il importe de ne pas abandonner. Mais ils ne sont plus. comme naguère, son occupation principale. Le nombre en a été réduit. En revanche, le nombre «les cours, conférences et exercices intérieurs, réservés aux étudiants, a été multiplié. Pour cette double fonction, en outre «lu grand amphithéâtre, la faculté dispos.- à la Sorbonne «h' quatre amphithéâtres qui lui sont propres el «h- nombreuses sali. -s «!«• conférences et «h- travail. Dans ces salles. Les étudiants trouvenl les pricipaux instruments .le leurs études, biblio thèques spéciales, collections .l'art, .le moulages, d'estampes, d'aquarelles, .le photographies.
Tout c.da esl l'indice -lu changement de fond accompli dans la direction .les études. <>n a pu le voir, par les premiers programmes de |;1 faculté, a l'origine sou enseignemenl étail une suit." de Mm manisme «lu wu siècle. On croyait encore à un beau absolu dans 1rs œuvres littéraires, à des règles absolues dans la composition de es œuvres. On cite un moi expressif de Nisard a Laboulaye- « Mon .nui. lui disait-il en se frappanl le fronl d'un geste las el <\^ ragé, toul tirer de la ! o aujourd'hui la faculté n'a plus la prétention de toul tirer de son cerveau. Elle a changé d'espril el de méthode
Son activité est une enquête exacte sur les diverses manifestations de l'humanité, religions, langues, philosopliies, histoire, littératures, arts. Sans renoncer à rien de ce qui a toujours fait l'honneur du génie français, à la clarté de la forme, à l'ordonnance logique des ensemhles, au talent d'écrire et de parler, elle poursuit son enquête par l'étude et la critique des faits et s'efforce d'initier ses étudiants aux méthodes de ces disciplines. C'est l'esprit scientifique appliqué à toutes les manifestations de l'humanité.
Les Études.
Ce changement de direction et de méthodes a eu pour conséquence d'assez profonds changements dans l'organisation des études. Inutile de parler ici des certificats institués par la faculté pour partie de ses étudiants étrangers., certificat d'études françaises, diplôme d'études universitaires. Ce sont titres fort recherchés, mais de degré plutôt élémentaire. Les études propres de la faculté visent à la licence, aux diplômes d'études supérieures et au doctorat.
A l'origine, la licence es lettres fut une sorte de baccalauréat supérieur. On pouvait s'y présenter avec succès au sortir du lycée sans avoir étudié à la faculté: les épreuves en étaient les compositions classiques de l'enseignement secondaire, composition française, composition en latin, vers latins, thème grec, explications de textes. I n premier progrès fut, tout en conservant des épreuves communes d ordre classique, dissertation latine, dissertation française, explications d'auteurs, d'y introduire au gré des candidats, des épreuves spéciales de philologie classique, de philosophie, d'histoire e| géographie, et de langues vivantes. Dans cette voie, les épreuves communes devaienl perdre peu à peu de leur importance
LA FACULTÉ ltKS LETTRES 107
relative et les autres en gagner. Aujourd'hui la licence es lettres est subdivisée en quatre sections: philosophie, histoire et géographie, langues et littératures classiques, langues et littératures étrangères vivantes. En chacune, la version latine a été maintenue comme
épreuve commune de culture classique, el encore, le texte a traduire <h>ii-il être tiré d'un historien pour les historiens, d'un philosophe pour les philosophes.
1 ne nouveauté forl intéressante à signaler dans ces programmes. Quelle que soil la spécialité choisie par le candidat, une de ^<->
épreuves écrites et une de ses épreuves orales portent à son choix sur un sujet tiré d'un des enseignements professés soit à la Faculté des Lettres, soit dans une autre des facultés de l'Université. Ainsi on voit des philosophes choisir une matière de la Faculté des Sciences ou de la Faculté de Médecine : des historiens une matière de la Faculté de Droit. Le choix des candidats n'a pour limites que les limites mêmes de l'Université. Rien de plus heureux et de plus fécond que cette innovation.
Pour les épreuves spéciales de chaque série, les limites de la spécialité choisie; mais, dans ces limites, une large liberté donnée au candidat. En philosophie, il peut choisir entre quatre sujets: un de philosophie générale, un de psychologie, un de logique et méthode des sciences, un de morale et sociologie. En histoire, option entre cinq sujets : un d'histoire ancienne, un d'histoire du moyen âge, un d'histoire moderne, un d'histoire contemporaine, un de géographie physique. La science étant précision, exactitude, rig-ueur, on a voulu par ces options forcer les candidats à donner autre chose que des souvenirs de manuel. Mais comme la licence n'est que le premier pas vers la spécialisation scientifique, comme celle-ci pour être vraiment intelligente doit s'éclairer aux lumières d'une culture générale, aux épreuves orales, les candidats doivent justifier de connaissances plus étendues que la spécialité choisie par eux. Ainsi les philosophes ont à répondre sur la philosophie générale, sur la psychologie, sur la logique et les méthodes des sciences, sur la morale et la sociologie et expliquer deux textes tirés de deux auteurs philosophiques écrits en deux langues différentes, grecque, latine, française, allemande, anglaise. De même les historiens doivent répondre sur 1 histoire ancienne, sur celle du moyen âge, sur l'histoire moderne, sur I histoire contemporaine et sur la géographie. Les philologues expliquent littérairement ef grammaticalement un texte nvrc un texte latin, un texte français <-t répondent sur un «les cours de
langues et littératures classiques enseignées à la faculté ; les néophilologues expliquent littérairement et grammaticalement un texte de littérature étrangère et répondent sur l'histoire littéraire du pays dont ils ont choisi la langue, et font la traduction d'un texte facile écrit dans une seconde langue choisie par eux.
Les études de licence sont une transition entre les études du lycée
Collection de sculptures lernes
suDérieures; elles oui encore un caractère 'le
ation aux méthodes
,.| Les études vraimenl su]
généralité; mais elles sonl déjà une première initi d'une spécialité déterminée U-dessus d'elles, mais sans que l'obligation en soil imposée à d'autres qu'aux candidats à l'agrégation des lycées, les études en s ne des diplômes supérieurs. Ces diplômes sonl d'institution assez récente. Naguère encore les diverses agrégation* ,1,.. lycées avaient à la fois un caractère scientifique el un caracti professionnel On a cru bon den séparer I- épreuves en groupes. Du premier on a fail h matière .1- diplômes d'études
supérieures, de l'autre l'objet propre des concours d'agrégation . Les diplômes d'études supérieures sont au nombre de quatre : philosophie, bistoire, langues et littératures classiques, langues et littératures étrangères. Les candidats aux agrégations doivent avoir obtenu celui qui correspond à la spécialité de leur agrégation. Mais tout autre étudiant, môme non licencié, peut s'y présenter. Ils marquent dans
Salir d'archéologie.
Photo Neurdein.
I initiation à la science et à ses méthodes un étiage plus élevé que la licence.
La science est essentiellemenl recherche libre et personnelle. A chacun îles diplômes d'études supérieures, l'épreuve principale est la composition el la discussion d'un mémoire, impliquant des recherches personnelles. Le candidat en choisit librement le sujet
sur les conseils el sons la direction de ses maîtres : il en recueille
librement les matériaux; librement il les compose en nu tout. Accessoirement à la discussion du sujet choisi et traité par lui. il répond sur des questions se rapportanl à l'objet propre de ses
• '•tildes : en philosophie, il explique et discute nil |),iss;ige étendu d'un
LA FACULTÉ DLS LETTRES ili
texte philosophique indiqué trois mois à l'avance; enhistoire, il discute une question d'histoire et une question de géographie indiquées également trois mois à l'avance; il fait l'explication critique d'un texte historique et d'un texte géographique choisi par lui et répond sur une «les sciences auxiliaires de l'histoire, archéologie, épigraphie, paléographie, diplomatique, bibliographie; en langues classiques, il explique d'une manière approfondie, littérairement et grammaticale-
S urdein.
Salle Albert Dumont.
ment, un texte grec, un texte latin, un texte français el répond sur une matière choisie par lui parmi les diverses parties de la philologie; paléographie, bibliographie, institutions grecques el romaines. archéologie, grammaire comparée, grammaire des langues classiques, histoire littéraire, histoire de la langue française, etc.
Les diplômes d'études supérieures de la Faculté des Lettres de Paris son! très recherchés; chaque année ils donnent lieu à 'les mémoires variés donl beaucoup sont déjà d'intéressantes contribu lions a la science égales aux meilleures thèses du doctoral allemand de philosophie.
Le grade supérieur de la Faculté des Lettres est le doctorat. J*ai déjà dit plus haut quel caractère savant il avait pris à partir du décanat de Joseph-Victor Leclerc. Il reste à ce niveau, le plus élevé qui soit dans aucune Université. Les thèses de Paris sont toutes d'importantes contrihutions aux sciences philosophiques, historiques ou philologiques; bon nombre sont des ouvrages de premier ordre qui font date. A l'origine et pendant longtemps, une des deux tlièses à soutenir devait être écrite en lut in. A la demande delà faculté, cette exigence a été supprimée. Depuis quelques années, la deuxième thèse peut être un mémoire ou un travail critique. Elle peut être rédigée soit en français, soit dans l'une des langues anciennes ou modernes enseignées à la Faculté. Les effets heureux de cette innovation sont déjà sensibles. La faculté s'en félicite.
Parallèlement au doctorat d'État, qui est grade donnant des droits et privilèges, usant de la liberté conférée aux Universités depuis [H{M d'instituer des titres 'd'ordre scientifique ne conférant aucun «1rs droits et privilèges attachés aux grades, la Faculté des Lettres a établi un doctorat de l'Université de Paris, mention Lettres. 11 est recherché surtout par les meilleurs de ses étudiants étrangers qui m- veulent pas passer par l'intermédiaire licence exigé des candidats au doctorat d'Etat. Les épreuves en sont élevées. Elles consistent en la composition et la soutenance d'une thèse écrite en latin ou en français, et en interrogations sur des questions choisies par le candidat et agréées par la faculté.
Ressources et besoins.
Il ne me reste plus (|ll a dire eu quelques mots les ressources dont la faculté dispOSC el ses besoins.
Gomme dans les autres facultés, son personnel est presque tout entier payé directement par l'État. De ce chef elle reçoit par an 691.000 francs. De la Ville de Paris, elle reçoit 12.000 francs, pour la chaire d'histoire de la Révolution française. L'Université lui a donné une chaire d'histoire de l'art, une chaire de langue et de littérature anglaises, un cours sur la civilisation des peuples de l'Extrême- Orient, un cours de psychologie expérimentale, une conférence de langue et littératures russes, soit 56. 000 francs. Par l'intermédiaire de l'Université, elle reçoit les fonds nécessaires à la chaire d'histoire de l'économie sociale, au cours d'histoire coloniale, au cours de géographie et de colonisation de l'Afrique du Nord, et à la conférence de langue et littérature hongroises.
En dehors du chauffage et de l'éclairage, ses dépenses matérielles sont peu importantes. Cependant elle doit pourvoir à L'entretien et à l'accroissement de s. -s collections d'archéologie, d'histoire de l'art et de géographie. Elle y est aidée par L'Université et par la Société .1rs Amis de L'Université de Paris. Elles sont déjà convenables, ces collections, mais bien loin encore de ce qu'elles devraient être. Quand
on rebâtit la Sorbonne, il ne l'ut rien prévu pour un musée d'archéo logie et d'art. On s'aperçut après coup du besoin. Pour y parer, on couvrit deux «les petites cours intérieures du nouvel édifice : on y installa des moulages «le sculptures antiques et «le sculptures «lu moyen âge et «le la Renaissance. Mais combien à L'étroit, combien insuffisantes. On affecta certaines salles «lu premier étage à des collections d'estampes et de photographies. De même pour «les collections «le cartes géographiques. Elle au>>i. la Faculté «les Lettres, devra en partie, sortir de la Sorbonne. Un Large espace est a sa
disposition sur les terrains acquis par L'Université entre la
rue Saint-Jacques et la pue d'Ulm. .!<■ rêve <l'\ voir s'élever, I,. plutôl que taire si> pourra, d'abord un Institut de géographie, pour Les études théoriques*! pratiques «!«• géographie physique ci de car-
tographie, puis un Institut d'histoire de Fart, où seraient réunis et coordonnés les enseignements d'archéologie, d'histoire de Fart au moyen âge, d'histoire de l'art moderne que possède la Faculté, avec d'amples collections de moulages, d'estampes et de photographies. Sur ces deux points, l'Université de Paris est inférieure à plusieurs Universités de l'étranger et à plusieurs Universités françaises, Lyon. Montpellier, Bordeaux, Lille et Nancy.