‹ L'Université et la Société moderneChapitre 2 sur 8 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

études pouvaient survivre à l'occasion qui les avait provoquées, et que l'idée qui les inspirait pouvait avoir un intérêt durable : c'est cette idée que je me suis appliqué à Lien dégager dans la dernière étude, consacrée à l'enseignement classique, dont le vice n'était pas suffisamment corrigé par les réformes ministérielles

On est porté actuellement, du moins dans le monde universitaire et dans le monde politique (car le pays ne se soucie guère de ces rivalités), on est porté actuellement à classer les gens qui s'occupent de la réforme ou de Faniélioration des études en deux groupes, les partisans de l'enseignement moderne, ennemis de l'enseignement classique, et les partisans de l'enseignement classique, ennemis de l'enseignement moderne. Dès qu'un homme propose ses idées sur une question cpii touche à l'instruction publique, on n'y

PUKFACE VII

cherche qu'une chose : de quoi poursuit-il la ruine? est-ce du classique? ou du moderne? Je tiens à déclarer d'ahord que je n'en veux ni au moderne ni au classique, qui sont deux types légitimes d'enseignement. J'en veux à un certain esprit, qui peut également se trouver dans le moderne et dans le classique, que je blâme le moderne d'avoir emprunté au classique, et que je voudrais expulser du classique comme du moderne. La lutte me paraît devoir être non pas entre le moderne et le classique, mais entre la méthode littéraire et la méthode scientifique. L'enseignement littéraire est un enseignement qui cultive principalement les facultés imaginatives et sentimentales, qui, visant à produire le discernement du beau, habitue l'individu à exalter ce qui lui plaît, qui, s'efforçant de susciter en chacun les dons créateurs,

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