‹ L'Université et Madame de MaintenonChapitre 16 sur 58 · PREFACE * XXIII · texte numérisé non relu

PREFACE * XXIII

la science, elles ne reconnaissaient pas la nécessité parallèle d'en finir avec un système qui, pour nos filles, atténuait, jusqu'à l'obscurcir, la vérité et la lumière, et les faisait vivre au milieu de nous, comme des femmes d'un autre âge étrangères à nos pensées, à nos préoccupations les plus intimes, à nos ambitions les plus légitimes. Si notre égoïsme et notre vanité avaient jadis trouvé leur compte à une éducation toute vêtue de fables ou d'élégances mondaines, l'inr térêt public et notre propre intérêt ne nous conseillaient-ils pas, aujourd'hui, d'apprendre à nos filles que nous étions destinés, elles et nous, à vivre en société des mêmes sentiments et de la même lumière? Pouvions-nous, honnêtement, nous contenter d'une soumission faite d'ignorance et d'humilité;

ÏXIV PRÉFACÉ

devions-nous admettre sans inquiétude ^ftie le Passé perpétuât, par ses leçons invariables, des malentendus et des divisions dont les effets ne nous étaient que trop coniîus?

La loi du 21 décembre 1880 est là pour nous dire en quel sens les Chambres se sont prononcé. En ouvrant à la femme de nouveaux horizons, le législateur a entendu la rendre plus sûrement maîtresse de sa conscience et de sa sensibilité; il a entendu la rendre à même de vérifier et de diriger ses aptitudes ; il a voulu qu'elle apprît à connaître la science autrement que par ouï dire, et les événements dont nous poursuivons l'accomplissement par d'autres récits que ceux inventés à l'usage du Dauphin. En un mot, la loi a jugé nécessaire de ré-

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