PREFACE XXXV
sions et à des incitations répétées que nous avons réuni en un volume les articles que nous avons publiés dans la Revue de V Enseignement secondaire des jeunes filles. L'accueil favorable fait à notre effort justifiera une dédicace qui n'est que l'expression discrète de notre gratitude.
Décembre 1893.
ET
Lorsque le législateur votait la loi sur renseignement secondaire des jeunes filles, il obéissait à la préoccupation d'élever le niveau intellectuel de la femme et de l'associer à l'œuvre de relèvement, qui est depuis vingt-deux ans la pensée dominante de nos Assemblées. Il s'agissait d'abjurer nos anciens mépris et notre égoïsme, en ouvrant à l'éducation des femmes françaises l'accès du vrai dans
les sciences et dans les lettres ; d'associer les femmes plus intimement à nos œuvres et de les hausser en y ajoutant leur propre effort.
Quoi qu'on en ait dit et quoi qu'on dise, le législateur n'était pas hjanté par la vision de la « femme savante », mais il se persuadait que le plus sûr moyen de fixer la destinée d'une société encore mal assurée dans ses voies, était de faire connaître à nos filles, en toute sincérité et avec toutes les précautions du respect , notre passé, notre présent, les devoirs qu'elles ont à remplir envers la famille, envers elles-mêmes, les conditions de leur dignité, notre but commun en un mot, qui est notre honneur commun.
L'intention profonde et expresse
des Chambres ne saurait donc être douteuse. Elles voulaient créer, par la loi du 21 décembre 1880, un enseignement élevé et pratique, « régulier, progressif, donné par des professeurs qui suivraient une éducation depuis son commencement jusqu'à sa fin ' », un régime ne comportant ni préférence, ni exclusion pour aucun culte, aucune distinction empruntée à la condition des personnes, s'adressant à toutes les familles quelqu'éloignées qu'elles fussent du siège du lycée, et dans ce but, affirmant sans équivoque la convenance de l'internat.
Mais, il faut avoir suivi avec assiduité l'exécution d'une loi, et surtout d'une loi d'enseignement, pour savoir