‹ L'Université et Madame de MaintenonChapitre 46 sur 58 · mars, Correspondance générale, t. I er , p · texte numérisé non relu

mars, Correspondance générale, t. I er , p

2. 1679, 2 janvier, Correspondance gêné* rale t t. I er , p. 295.

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près de M me de Montespan, pour y jouer le rôle que Ton sait et s'emparer, par une suite ininterrompue de manèges, de la volonté du Roi.

M me de Maintenon à ce moment est très réservée, chacun de ses mouvements a sa mesure et parfois son charme. Jamais elle ne se hâte et toujours elle avance, on sait vers quel sommet ; un geste à contre-temps ou une parole inconsidérée pourrait tout perdre, car le Roi est ombrageux en plus d'un sens, mais surtout quand il s'agit des choses de l'Eglise. Que l'on se rassure au reste, aucune faute ne sera commise. Le malheur est que la majeure partie de la correspondance avec l'abbé Gobelin n'existe plus. Il rendait les lettres ou les brûlait. Il en est, sans doute, qui ont disparu par

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les soins de personnes soucieuses de réaliser les désirs d'une femme qui voulait être pour l'histoire « une énigme ».

On ne trouve que des phrases clairsemées pour attester la participation active de M me de Maintenon à l'œuvre de la Révocation. Elles sont du reste significatives :

« Jugez, écrit - elle en 1691 à M. Villette, dont elle avait fait enlever et convertir la fille de force

« jugez si je dois vous la rendre, et si ayant fait une violence pour l'avoir, je ferai la sottise de la rendre. Donnez-moi plutôt les autres par amitié pour eux, puisqu'aussi bien, si Dieu conserve le Roi, il n'y aura plus un huguenot dans vingt ans '. »

i. 1681, avril. Correspondance générale, t. II, p. 162.

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M me de Maintenon, si maîtresse d'elle-même, trahit le secret de la persécution qui se prépare.

L'ère des violences décisives est proche et elle va en être non pas l'instrument aveugle , mais l'agent très conscient et très puissant par l'action continue qu'elle exerce sur le Roi.

Déjà le « Saint-Père » compte avec elle, il lui envoie des cadeaux :

« J'aurais voulu de tout mon cœur, écrit-elle à M mc de Brinon, cacher le présent que j'ai reçu de Rome, car je suis si glorifiée en ce monde de quelques bonnes intentions que je tiens de Dieu, que j'ai sujet de craindre d'être humiliée et confondue dans l'autre \ »

C'est la lettre dans laquelle elle ré-

i. i683, 22 août. Lettres historiques, t. I, p. 21.

pond à des allusions à son mariage avec le Roi, car la Reine venait de mourir subitement (i683, 20 juillet) et le Roi, nous l'avons vu, était aussitôt parti pour Fontainebleau avec M me de Maintenon, dont il ne pouvait plus se passer.

C'est le moment où elle souffre de ses vapeurs. C'est le moment où le Roi est malade ; ses digestions sont devenues difficiles, il a perdu ses dents, une carie de la mâchoire s'est déclarée et a exercé de tels ravages que, lorsqu'il boit, le liquide s'échappe par les narines; ce sont les souffrances physiques et, comme conséquence, l'affaissement moral. Le Roi, dès lors^ est à la merci de M me de Maintenon.

qui mène de front la révocation de TÉdit de Nantes et le mariage secret.

M me de Maintenon, jusqu'à cet événement, ne se dépare pas de sa prudence. Elle n'écrit pas ou si elle écrit elle recommande de détruire les lettres qui peuvent la compromettre. Le mariage accompli et rassurée sur les retours possibles du souverain qu'elle domine, elle recommande encore parfois de brûler ses lettres, mais peu à peu ses précautions se détendent.

Les lettres, à partir de cette époque, subsistent nombreuses et mettent son rôle en pleine lumière.

Elles nous font voir M me de Maintenon s'emparant peu à peu de la direction de « la grande affaire » et dans une pensée d'égoïsme et d'ambition, livrant à tous les excès du fanatisme ses souvenirs de famille et tout un peuple.

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Cela, elle Ta fait et cela devrait suffire.

La révocation s'accomplit et M me de Maintenon, à ce moment, est à Rome persona grata.

Le Pape par un bref (1686) lui accorde des grâces particulières, et elle écrit au cardinal Spada :

« Je vous supplie d'être persuadé que je ne négligerai rien pour me rendre digne de la bienveillance du chef de l'Eglise et pour lui témoigner en toute humilité mon attachement et mon respect 1 »

Le Pape, écrit le duc de Chaulnes, ambassadeur de France à Rome,

« me commanda deux fois de vous faire savoir que votre considération' l'avait fait

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