‹ L'Université et Madame de MaintenonChapitre 45 sur 58 · I2Ô ^UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

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voir, car il le faut bien, par exemple, quand les officiers partent, et ainsi des autres *. »

Cette intervention de M me de Maintenon est, en plus d'un cas, un désastre. De parti pris, elle écarte tous ceux qui ne font pas profession d'être dévots; elle provoque la nomination de généraux et de ministres incapables; c'est ainsi qu'elle fait donner la succession de Colbert et de Louvois à l'économe de Saint-Cyr , l'inepte Chamillart dont le seul mérite fut de faire la partie du Roi au billard.

Mêlée aux actes de la politique intérieure et extérieure, M me de Maintenon peut réclamer sa large part dans les désastres qui assombrissent

i. 1705. Lettres historiques, t. II, p. 157.

Entretiens intimes avec M m « de Glapion.

la fin-du grand règne. Bornons-nous à rappeler l'affaire de la succession d'Espagne : M me de Maintenon, après .avoir encouragé le Roi à accepter la •couronne d'Espagne pour son petitfils (Philippe V), entretient une correspondance secrète, et des plus suivies, avec la princesse des Ursins, .agent de la France à Madrid, comme -elle l'avait été précédemment à Rome.

Mais après quelques années, une rupture étant survenue entre ces deux ambitieuses, M me de Maintenon écrivait à la Princesse l'étonnant billet que voici :

« Je ne me mêle pas d'affaires, madame ; je ne suis presque jamais entre le Roi et ses ministres quand ils travaillent chez moi.

•Croyez que je vous dis la vérité Je

suis un peu comme Agnès; je crois ce

qu'on me dit et ne creuse pas davantage Je ne vois presque plus, madame; j'entends encore plus mal; on ne m'entend plus, parce que la prononciation s'en est allée avec les dents, la mémoire commence à s'égarer. »

A quoi M me des Ursins répliqua :

« Le portrait que vous [me faites de vous, madame, n'est pas rempli de vanité, mais il ne faut pas le prendre au pied de la lettre. Vous entendez ce qu'il vous plaît, vous voyez ce qui ne vous déplaît pas. Vous vous expliquez ou vous vous taisez selon que vous le jugez à propos. Je l'ai si souvent éprouvé que ce serait ma faute, si je n'en étais pas convaincue. »

M me de Maintenon soutient et on prétend qu'elle ne s'occupait pas des affaires religieuses.

Le proverbe : c Tout mauvais cas est niable » est ici chez lui.

L'abbé Gobelin avait surpris sous l'humilité et la modestie affectées de M me de Maintenon une ambition faite à souhait pour servir les desseins que Ton avait sur le Roi. M me de Maintenon se livra tout entière à l'abbé Gobelin :

c Je suis résolue de me laisser conduire comme un enfant x .

Priez Dieu, écrit-elle encore à l'abbé Gobelin, qu'il me conduise et vous inspire ce que je dois faire \ »

C'est à cette date que la veuve de Scarron est introduite à la Cour au-

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