Un envoyé
ET MADAME DE MAINTENON \3j
Saint-Siège et d'en défendre les justes intérêts \ »
Le Pape appelle l'attention particulière de M me de Maintenon sur les affaires importantes dans la certitude qu'elle fera tout ce qui dépendra d'elle pour qu'elles aient une solution favorable :
« Notre bien-aimée fille en Jésus-Christ, très noble dame, salut et bénédiction apostolique : nous avons conçu une si grande idée de votre illustre piété et respect filial que vous avez pour cette chaire apostolique, qu'ayant écrit une lettre de notre propre main pontificale au Roi très chrétien sur une affaire de très grand poids et qui nous tient fortement au
i. 1690, 18 février. Correspondance générale, t. III, p. 221. Bref du pape Alexandre VIII à M mj de Maintenon. Voir également la lettre du cardinal Ottoboni, p. 220.
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cœur, nous avons cru qu'il était à propos de vous renvoyer, afin que le Roi la reçût de votre main, et nous ne doutons point que vous n'employiez tout ce qu'il dépendra de vous pour faire réussir l'affaire dont nous traitons, de laquelle vous connaîtrez manifestement l'importance par cette même lettre. Outre le salaire immense que vous pouvez attendre de Dieu très grand et très bon qui récompense toujours libéralement les bonnes œuvres, vous devez être persuadée que nous ne manquerons jamais de reconnaître de tout notre pouvoir le service considérable que vous nous rendrez en cette occasion 1 . »
Un nouveau bref charge un nonce accrédité auprès du Roi de témoigner à M rae de Maintenon la bienveillance du Pape :
i. 1690, 20 décembre. Correspondance générale, t. III, p. 255. Le pape Alexandre VIII à M me de Maintenon.
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« .... Notre vénérable frère vous
marquera et vous réitérera souvent les dispositions de notre cœur à votre égard et vous assurera de la bienveillance paternelle dont il est juste de reconnaître le respect filial que vous faites paraître pour le Saint-Siège 1 . »
Enfin, un bref du 28 octobre 1692 donne à M me de Maintenon l'autorisation d'entrer dans tous les monastères du Royaume.
C'était la traiter en Reine.
C'est alors que le Roi n'a plus pour lui que sa majesté et que M me de Maintenon s'est, en fait, saisie de la toute puissance.
La nomination de l'archevêque de Paris sera son œuvre avouée; elle a
1. 1692, 3o juin. Correspondance générale , t. III, p. 341. Bref du pape Innocent XII.
forcé le consentement de ce prélat c pour la gloire de Dieu, le salut de l'Église et le bien du Roi ' ».
Il y a là tout un programme, comme on dirait aujourd'hui, et pour le réaliser les voies sont toutes grandes ouvertes :
« Voici, écrit-elle à l'archevêque, une lettre d'un de vos amis qui sait une partie de ce qui se passe : vous nous garderez le secret à tous. Il faut quelquefois tromper le Roi pour le servir et j'espère que Dieu nous fera la grâce de le tromper encore à pareille intention et avec vous \ »
Cette grâce ne fit pas défaut ; tous les secrets d'État sont livrés à l'archevêque de Paris. M me de Maintenon lui