sept., Corr. gén n t. IV, p
ET MADAME DE MAINTENON î^3
Ainsi donc, pas de doute encore sur ce point ; c'est pour servir l'Église que M me de Maintenon trahit un Roi qui Ta faite Reine. Mais en agissant ainsi elle sert ses propres intérêts, car l'Église et M me de Maintenon ne sont qu'un.
Au reste, si M me de Maintenon oublie tout pour être agréable à son archevêque, elle entend qu'il la renseigne à son tour :
« Accoutumez-vous, écrit-elle à M. de Noailles, à faire une lettre à part de ce que je montre au Roi ' ; il n'y faut rien mêler qui marque notre grand commerce »
Même elle se montrera défiante et lorsque l'archevêque travaille directe-
i. Désigné le plus souvent par le pronom on. i6g5, Corr. gén., t. IV, p. 19, 29, 38, 43, 108, etc.
ment avec le Roi et qu'elle n'est pas présente, elle n'admet pas qu'il y ait un entretien qu'elle ignore et elle écrit d'une façon assez aigre à son collaborateur :
« Je ne suis pas fâchée, Monseigneur, que vous ayez des secrets avec le Roi, mais j'aurais appris sans beaucoup de peine ce que vous lui aviez confié. Il est bien juste d'avoir les dégoûts de la faveur quand on en a les honneurs '. »
Ces honneurs, il les doit à M me de Maintenon, qui lui avait dit :
« Vous voyez bien mes intentions qui vont à m'unir à vous pour le bien que je pourrai faire à la place où Dieu m'a mise \ »
i. 1698, 6 mai. Correspondance générale, t. IV, p. 233.