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principes essentiels ; l'alliance des éléments ecclésiastique et laïque, et la division des pouvoirs, | Trois corps ont été établis : celui des gouverneurs où | l'élément laïque domine, et qui est chargé exclusivement de | l'administration des ‘biens de la corporation ; celui des administrateurs composé de vingt ecclésiastiques, savoir des | évêques, du vice-Recteur, d’un représentant de chacun des collèges classiques, d'un représentant de l'école polytechnique, du Séminaire de S. Sulpice, des Jésuites et de la faculté de théologie, et de vingt laïques, savoir de deux représentants de chacune des facultés de droit et de médecine, de deux délégués des gradués de chacune de ces facultés et de personnes choisies parmi les amis du haut enseignement ; ses fonctions sont celles d’un conseil universitaire ; c’est lui qui est chargé de faire les règlements et de les faire observer. Dégagé du maniement des deniers et de l’obli- | gation de pourvoir aux moyens d'existence de l’université, | il est vérit:blement l'esprit dirigeant de l’université comme corps enseignant. Enfin les évêques forment un haut conseil qui prononce en dernier ressort sur toute question de doctrine et de morale, et dans les conflits entre les facultés et les conseils d'administration,
Les Gouverneurs se sont mis à l'œuvre sans retard, et n'ont point épargné leur temps et leur travail pour élever une bâtisse grande, belle, commode, qui sera un lieu de réu- | nion et de concentration des facultés des arts, de droit et de médecine ; elle contiendra les bureaux de l'administration, la bibliothèque, le musée, des salles pour cours publics, etc.
Si elle ne peut encore rivaliser avec les nombreux et somptueux édifices de McGill, elle suffira pour le présent à tous les besoins du siège principal à Montréal, et par son style, son site et sa capacité, ne déparera pas la ville de Montréal dont elle sera au contraire l’un des ornements. Ï
Le terrain et $74,000, ont été donnés généreusement par le Séminaire de St. Sulpice de Montréal pour cette fin; la bâtisse achève, et sera ouverte pour les cours au commen-
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cement d'octobre ; la construction coûtera au delà de $200, coo. et les gouverneurs ont pu, avec l'aide des évêques, pourvoir au paiement intégral, dans un espace de trente ans au plus, des $100,oc0, qu'ils ont empruntés. Ce remboursement graduel et le paiement des intérêts se font au moyen des $3,000, que les évêques se sont engagés à fournir pendant trente ans, et d'une partie de l'argent des messes. Jusque là, tout est parfait, malgré les critiques injustes et la défiance dont certains représentants des facultés de droit et de médecine ont fait preuve, et auxquelles du reste on s'attendait,
Mais voilà que le départ subit, inattendu du vice Recteur pour Rome l'automne dernier, a surpris les gouverneurs, qui se sont demandés avec quel argent ce voyage s’'accomplissait ; ils ont soupçonné que ce devait être avec les deniers de l'université et cependant ils n'ont pas été consultés. Je ne parle pasde l'étrange position où ils se sont trouvés avec une bâtisse en construction, sans moyens de payer les entrepreneurs après l'épuisement des fonds, pendant que des négociations se poursuivaient pour s'en procurer par un emprunt, et que des démarches étaient faites auprès des évêques pour trouver les moyens de rembourser l'emprunt projeté. Vous n'ignorez pas, Mgr, puisque j'ai eu l'honneur de vous l'écrire dans le temps, que deux des gouverneurs ont menacé de résigner, ne se croyant pas traités avec les égards auxquels ils avaient droit, ne sachant que répondre à ceux qui les interrogeaient sur le départ du vice Recteur, dont tous les journaux parlaient, arrêtés dans leurs négociations avec les sociétés de prêt, et se demandant ce qu'ils étaient dans l’université.
Au retour du vice Recteur, après un an d'absence tout près, l’un de ces gouverneurs interpella le vice Recteur au sujet de ses dépenses de voyage; je l'appuyai, mais rien de précis ne put être obtenu ; d'où provenait les fonds ; combien avait coûté le voyage; quel était le but du voyage ? On n'en savait guère plus à la fin de l'assemblée qu'au com-
mencemett,
| Peu de temps après les administrateurs s'assemblaient, | le 2 juillet dernier, J'interpellai le vice Recteur au sujet de l'absence de rapport, soit par le vice Recteur, soit par les doyens des facultés de droit et de médecine sur l'état et le fonctionnement de ces facultés, sur la surveillance et la discipline des élèves, sur la manière dont les cours sont don | nés et suivis et sur leur résultat, Depuis trois ans que nous | existons en corporation, jamais aucun rapport n'a encore été | | été fait, Le vice Recteur a répondu qu'il ne savait pas à qui | faire rapport, si c'était aux évêques, au conseil de l'uni- | versité Laval à Québec, ou à celui de Montréal, et qu'il serait heureux que la question fût décidée, Il n'arien dit du rapport que les doyens des facultés auraient à faire, J'avais à peine commencé à signaler l'absence notoire de toute discipline et de toute surveillance, et le scandale public donné par les élèves en plusieurs circonstances, notamment en assistant en corps chaque semaine, avec bannières déployées, à certain théâtre français dénoncé comme immoral, par l'archevêque et les curés, du haut de la Chaire; aux démonstrations dans les rues en faveur d'actrices du même théâtre, que le vice Recteur laissa la salle pour retourner, disait-il, à sa cure de S, Lin, ne laissant personne pour donner des explications ni traiter les questions soulevées, Cette conduite du vice Recteur est extrémement regrettable, et constitue un manque d'égards ct de déference vis-à-vis les administrateurs qui donne lieu de croire à un plan prémédité de les ignorer et de conduire seul l'université, ou plutôt de la laisser aller à la dérive, Aussi ai-je fait entrer dans les minutes ma protestation contre ce départ précipité.
Le vice Recteur ne doit pas avoir d'affaire plus importante que celle de l’université, et s’il remplit Ces fonctions incompatibles, il devrait opter. Est-ce que l'université ne lui paie pas $900. par an, plus $600, pour un assistant ? N'est-ce pas assez pour assurer sa présence aux deux ou
trois assemblées tenues chaque année par les administrateurs ?
Maintenant examinons froidement la situation, Le vice Recteur n'a pas consulté les administrateurs plus que les gouverneurs avant son départ ; ils avaient cependant droit d'être consultés. Le vice Recteur est allé, dit-il, demander à Rome des secours pécuniaires; une fois rendu à Rome, il lui a fallu défendre les facultés de droit et de médecine contre des accusations dont il n'a pas fait connaitre la nature, mais que nous avons lieu de croire se rapporter à la discipline des élèves. Il s'est rendu à Rome défendre l'université sans mandat, sans instructions de la part du conseil, II n'a pas encore fait de rapport écrit cle son voyage, ni donné communication des documents produits à Rome de part et d'autre. Pour les question: d'argent, les gouverneurs en sont les maîtres, pour l'administration ce sont les administrateurs. Comment a:t-il défendu l'université? J'espère qu'ii n'a pas soutenu que les élèves se conduisent comme dans une institution catholique, qu'ils sont surveillés, qu'ils suivent bien les cours, et que leur succès est satisfaisant.
Il est évident à toute la population que les élèves ont été un scandale public depuis deux ans dans la ville de Montréai, par leur conduite bruyante et tapageuse dans les rues, par leur patronage d’un théâtre immoral, par leur promenades, drapeaux déployés pour recevoir les actrices et se rendre au théâtre, par la délégation de trois ou quatre d’entr'eux ‘aux fêtes anti-religieuses de Lille, L'insuccès des élèves de la faculté de droit devant le bureau des examinateurs du barreau n’est pas moins notoire, Il y à un vice radical dans l'enseignement du droit, attribuable, je veux bien le croire, aux élèves qui ne paraissent pas comprendre les avantages et même la nécessité de cours publics,
Nous ignorons ce qui se passe dans la faculté de médecine, parceque les gradués des facultés médicales pratiquent
la profession de la médecine sans subi d'examen devant un bureau central d’examinateurs; celui de chaque faculté
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suffit ; mais il y a lieu de penser que le résultat des cours n'est guère plus brillant que celui des étudiants en droit, parceque la même absence de contrôle existe,
A ce propos, j'attire votre attention, Monseigneur, sur certains documents imprimés par le vice Recteur, aux pages 228 et suivantes du 9e volume de ses papiers, où l’on voit qu'il est allé à Québec en 1893, s'opposer au nom de l’université à un bill présenté par le Bureau des Médecins de la Province, tendant à soumettre les gradués des facultés médicales à un examen par-devant un bureau composé, moitié de professeurs des universités, et moitié de délégués nommés par la corporation des médecins, C'était une démarche bien grave de sa part et qui ne devait être prise que de l’assentiment des administrateurs ; cependant ceux-ci n'ont jamais été consultés ; je n'ai pas même connaissance que le vice Recteur en ait jamais fait rapport aux administrateurs. Il raconte ses allées et venues à Québec auprès des députés, le banquet pour célébrer le rejet du bill, avec une joie et un bonheur infinis, comme s’il eût rendu un service signalé à l’enseignement médical. Je crains bien qu'il ait fait fausse route et qu'il ait contribué plutôt à étouffer un mouvement qui pouvait relever les études médicales, Il se vante que l'U. L. à M. fut la seule université représentée dans la lutte ; ce fait aurait dû lui ouvrir les yeux,et lui faire comprendre que si Laval à Québec, si McGill et Bishop ne s'opposent pas au bill, quoiqu'il tende à restreindre leurs privilèges, c’est que le bien public doit en profiter, J'ose même dire que s'il cût consulté le conseil d'administration de l'U, Laval à M, le vice Recteur aurait été désavoué,
En face de cette conduite du vice Recteur, on se demande qui constitue l'Université? Est-ce le vice Recteur ? Sommes-nous sous le régime personnel ? La constitution est-elle lettre morte? Les bureaux constitués, des simulacres ? Voilà ce que l’on se demande et ce qu'il faut savoir,
Je reviens à l'assemblée du 2 Juillet