‹ L'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 4 sur 4 · LE · texte numérisé non relu

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et qui disparaîtrait en peu de temps, s'il n'était pas main tenu intégralement,

L'argent des messes et les quêtes faites par les évêques sont des fonds attribués par le S. Siège pour les fins de l’université ; mais le S. Siège a déclaré que tous les fonds provenant de toutes sources quelconques seraient sous le controle exclusif des gouverneurs, C'est un fidei-commis attribué aux évêques; ces fonds doivent être versés dans la caisse de l’'universitéet dépensés sous le contrôle de ceux qui en sont chargés.

Je suis convaincu que les gouverneurs ne corsentiront jamais à porter la responsabilité de dépenses qu'ils ne pourraient contrôler, Siles évêques entendaient se réserver le droit de dépenser une partie des fonds de l'université ou tous les fonds, peu importe, ils n'avaient qu'à maintenir l'ancien état de choses, et ne pas faire appel aux laïques pour les aider à faire prospérer l’œuvre entreprise.

De même, les administrateurs ne consentiront jamais à laisser la conduite de l'université au vice Recteur, quelqu'il soit, La charte doit être exécutée dans son esprit et sa lettre. Tous les corps qu’elle organise, avec des fonctions spéciales, doivent être maintenus dans leurs attributions respectives, sinon l'édifice chancelle et croûle, et l'on donne raison aux adversaires de notre institution qui n'ont cessé de dire que le régime personnel se continue sous le couvert de noms responsables, mis de l'avant dans l'unique dessein d'inspirer confiance au public,

Si les évêques et le vice Recteur peuvent amoindrir les revenus de l’université par des dépenses faites sans aucun doute dans ce qu'ils croient l'intérêt de l’université, ils empiètent sur les pouvoirs et les droits des gouverneurs ; si Île vice Recteur peut soutenir des luttes et des propositions que les administrateurs répudieraient, il empiète encore sur les droits et les pouvoirs de ces derniers,

Je sais bien que légalement les gouverneurs ne peuvent pas demander compte aux évèques des sommes reçues soit

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des messes, soit des quêtes, et le pourraient-ils qu'ils ne ie feraient pas ; ils préfèreraient se retirer,

Le vice Recteur est désioné, non pas vommé par les évêques ; c'est le conseil universitaire qui le nomme, Cette présentation est une garantie donnée à l'autorité ecclésiastique, Mais une fois nommé, il est l'agent et le représentant de l’université et comme tel il dépend des administrateurs pour l'exercice de ses fonctions. Prétendre qu'il ne relève pas d'eux, qu'il ne prend ses instructions que des évêques, qu'il peut engager l’université qnand et commeils le lui disent, c'est substituer les évêques au corps des administrateurs. À chacun ses fonctions.

Les évêques et le S. Siège ont accepté les garanties contenues dans la charte comme suffisantes, C’est le devoir commun de la faire fonctionner telle qu’elle existe, Là est le gage du succès et de la confiance, Le régime personnel a été essayé pendant bien des années ; tout le monde s'est tenu à l'écart; le clergé comme les fidèles. On à annoncé l'alliance des laïques et du clergé; on a vanté l'organisation nouvelle qui aurait été reconnue à Rome, nous disait M. Proulx, comme un chef-d'œuvre, On a fait appel aux hommes de bonne volonté, et ils ont répondu à l'appel, Les dons, les souscriptions ne viennent pas encore, c'est vrai, parcequ'évidemment on veut attendre pour voir fonctionner cette nouvelle organisation, Jusqu'à présent tout parait bien aller sous le rapport des finances et quant au nombre des élèves, mais le succès, qui est dans la balance, penchera à droite ou à gauche selon que le pacte sera maintenu ou ignoré.

Vous n'êtes pas sans savoir, Mgr, que les quêtes produi-

sent peu, bien des curés n’y mettent pas de zèle. C'est que leur confiance n’est pas parfaitement établie, et il faudrait peu de chose pour l’affaiblir d'avantage.

On compte sur l’aide du gouvernement de Québec, qui est parfaitement bien disposé envers notre institution, et sur les dons des particuliers, qui ne devraient pas tarder à

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affluer, grâce au concours de tous ceux qui s'intéressent à l'œuvre, Il faudrait renc cer à cet espoir si les choses continuent comme elles sont commencées,.

Pour assurer le succès de l’université, il faut, suivant moi :

1% Qu'une déclaration du Conseil des évêques assure aux Gouverneurs que tous les fonds collectés par eux pour l'université, seront remis aux gouverneurs intégralement, et qu'il n’en sera rien distrait pour aucune dépense non autorisée par eux.

2° Que le vice Recteur reçoive instruction de faire un rapport détaillé aux administrateurs du fonctionnement des facultés, de la surveillance et du contrôle qu'il exerce, et que tous les pouvoirs et les fonctions d'un Conseil Universitaire soient reconnus aux administrateurs par les Évêques.

3° Que les facultés de droit, de médecine et des arts soient soumises au contrôle des administrateurs,

Sur ce point, je n'ignore pas que la position des facultés, comme corporations indépendantes, limite considérablement les pouvoirs du vice Recteur et du corps des administrateurs sur les élèves et les professeurs. C'est là un défaut d'organisation dû à la position de l'Ecole de médecine» lors de son union avec la faculté de médecine, et à l’état transitoire fait au siège de l'U, L. à M. C'est le vice Recteur Proulx qui en est seul responsable en ce qui concerne la faculté de droit, Nulle part on ne trouve un état de choses semblable à celui qui existe ici; les facultés doivent relever directement du conseil universitaire qui fait les règlements pour l'admission des élèves, leur diseipline, leur contrôle, etc, En l'absence de règlements spéciaux pour Montréal ceux de Québec doivent être observés,

L'organisation ne sera complète sous ce rapport que lorsque notre université sera séparée de Québec. Alors tout rentrera complètement dans l'ordre; c’est ce qu'il faudrait faire comprendre à Rome le plus tôt possible, In effet, une université, surtout une université catholique doit étre sévère

sous le rapport de la conduite et de la morale; les études doivent être sérieuses et tendre à se développer. N'est-ce pas humiliant de voir la faiblesse des études et l'indiscipline des élèves ? Que penser d’un professeur qui poursuit un collègue ecciésiastique, devant les tribunaux civils, et que le conseil d'administration ne peut ni punir, ni exclure de l’université ? Que penser d’une université qui ne contrôle ni les professeurs, ni les élèves, ni les cours, ni la discipline, ni la morale? Un contrôle efficace ne pourra s'établir qu’en faisant rentrer les facultés de L, à M. dans le droit commun qui régit toutes les universités. Aujourd’hui nous fournissons à ces deux facultés, le local, le chauffage, l'éclairage ; nous payons toutes leurs dépenses ; les facultés de leur côté, n'ayant aucune dépense à faire, ne rendent aucun compte des revenus des élèves et des allocations du gouvernement, qui sont divisés chaque année entre les professeurs. Qu'arriverait-il, étant incorporées, si elles se séparaient de Laval pour s'affilier ailleurs? Leur état présent n’est pas autre chose qu'une affiliation, avec toutes les charges pour nous, et tous les avantages pour elles,

C'est une question importante que les évêques et les, Siège devraient résoudre au plus tôt, En attendant, il faut établir une discipline, une surveillance, un contrôle aussi efficace que les circonstances le permettent ; il faut faire disparaître les causes le scandale qui ont affigé notre population.

Voilà, Mer, ce que comme ami du haut enseignement et comme catholique, j'ai cru devoir soumettre à votre sagesse et à celle de vos collègues. J'ai été humilié bien des fois de la position fausse où nous nous sommes trouvés, comme gouverneurs et administrateurs, par suite des faits que je mentionne, J'ai patienté, espérant qu'un autre plus autorisé prendrait l'initiative, Depuis trois ans les administrateurs ne se sont réunis que pour adopter quelques règlements, faire le choix des membres et des officiers ; aucune

question se rapportant au fonctionnement des facultés, à

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l'enseignement supérieur ou secondaire n'a encore été

traitée, ni soumise ; notre rôle comme administrateurs a été

nul; celui des gouverneurs menace de disparaître ; la con- F fiance du public au lieu de s’affermir et de s'affirmer est for- À tement ébranlée par l’inconduite et l'insuccès des élèves, Je n'ai pu me taire plus longtemps, Si parmi les gouverneurs, mes sentiments sont partagés; si j'ai pu même en retenir quelques uns qui voulaient résigner, je n’ai trouvé parmi les administrateurs à l'assemblée du 2 juillet, où peu de laïques assistaient, qu'un silence qui n'a fait comprendre que je n'avais pas tort, mais qu'il était gènant de s'expliquer, J'ose espérer que mon indépendance et mon franc-parler seront appréciés par Votre Grandeur, et que votre zèle et votre dévouement bien connu pour l'œuvre universitaire vous feront accepter en bonne part cet appel et ces observations respectueuses,

Agréez, Monseigneur,

Les assurances de ma considération la plus distinguée.

L'un des gouverneurs et des administrateurs,

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