‹ L'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 19 sur 21 · PEUR SPORT · texte numérisé non relu

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favorisés de la fortune ne voudront pas rester étrangers à une œuvre qui servira si puissamment les intérêts de la religion et les intérêts du pays. La France ne reprendra la place d' honneur qu'elle occupait autrefois parmi les nations, que lorsque les classes influentes seront redevenues chrétiennes.

«Qui favorisera leur retour vers Dieu sinon ces Universités catholiques, où la science sera, pour ainsi dire, prodiguée aux étudiants, mais une science illuminée de toutes les clartés de la doctrine religieuse ? De ces Universités sortiront des savants chrétiens, des magistrats chrétiens, des médecins chrétiens, des classes dirigeantes chrétiennes, qui exerceront une action salu taire sur la société, pour la plus grande gloire et la plus grande prospérité de la patrie.

«Je ne dois pas terminer cette lettre, N.T.-C. F., sans vous faire connaitre l'heureuse solution des difficultés qui avaient préoccupé, il y a quelques mois, un certain nombre de nos pieux diocésains et à laquelle vous-mûmes n'êtes peut-être pas restés indifférents.

QEs s'étaient demandé, si au lieu de contribuer au développement de l'Université de Lyon, il n'était pas préférable de fonder à Marseille une Université catholique ou au moins une Faculté catholique de droit,

«Nous; comprenons d'autant mieux cette question que nous avions commencé par nous l'adresser à nous -mème.

«Si Lyon est au cœur de la France, Marseille, assise au bord de la Méditerranée, en face de l Afrique française, non loin de l'Egypte et de l'Orient, eutre Gibrallar et Suez, n'est-elle pas, pour ainsi dire, le centre du monde civilisé ?

«La cité qui a mérité d'être appelée lAthènes des Gaules, ne peut-elle pas encore aspirer à être à la tête des œuvres intellec tuelles comme, dans un autre ordre d'idées, elle tient le premier rang par la grandeur de ses entreprises, la vaillante et intelligente activité de ses enfants, et plus encore par leur générosité ?

Nous ne renonçons pas à ces espérances, bien loin de là, car nous avons foi dans l'avenir de Marseille, et dans les magnifiques destinées qui lui sont réservées ; aussi dans notre plus intime conviction, elle ne peut manquer d'avoir, un jour, son Université catholique.

«Mais pour le présent, les motifs les plus graves, appuyés sur notre filiale et entière soumission à la suprème autorité à laquelle nous nous faisons gloire d'obéir comme des enfants à un père très-tendrement vénéré, nous font un devoir, en évitant toute tentative particulière et isolée, de concerter nos efforts avec ceux des diocèses réunis, pour soutenir les difficiles commencements de l'Université de Lyon.

« Dans une autre circonstance, nous avons été amené à appeler

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votre attention, N. T.-C, F,, sur l'impossibilité absolue où se trou verait notre province d'Aix réduite à ses propres ressources, de supporter les énormes charges inhérentes à la fondation d'une Université vraiment digne de ce nom ; d'autant plus que dans la province, un seul diocèse, et ce serait celui de Marseille, devrait porter à peu près exclusivement cet immense fardeau.

« Ces observations, nous vous le faisions remarquer à l'époque à laquelle nous nous transportons en ce moment, n'étaient pas, malgré leur extrème importance ‘es plus concluantes,

«Nous avons été conduit à ‘odire les pressantes recom mandations du Souverain Pc: ue cessant de rappeler aux évèques et aux fidèles qu'il faliat éviter les questions d'amour propre entre les diocèses ; que ce qui importait, n'était pas d’6 « tablir beaucoup d'Universités, mais de les organiser fortement, — peu et bien.

« Quelque autorisé que nous fussions à invoquer les paroles de Notre Très-Saint Père, nous avons pensé que dans une affaire d'une telle importance, notre devoir était de consulter Pierre lui-même, dans la personne de son auguste successeur, et de solliciter de sa paternité notre ligne de conduite,

«Nous avons hâte, N.'T.-C, F,, de vous faire connaitre la réponse de vie, de lumière et d'espérance qu'il a daigné nous faire parvenir, Déjà nous avons pu la communiquer à un certain nombre parmi vous, et elle à tout apaisé, tout pacifié, tout consolé dans leurs cœurs ; il nous a semblé qu'elle appartenait à tous nos diocésaius, et qu'elle éveillerait dans leurs âmes les mêmes sentiments,»

Lettre de Son Ercellence Monseigneur Czacki, secrétaire de la Sacrée Congrégation des Etudes, à Myr l'évéque de Marseille.

«Monseigneur,

«Je me trouve aujourd'hui en mesure d'annoncer à Votre Grandeur qne la lettre qu'elle à bien voulu nr'envoyer pour le Souverain Pontife au sujet d'un phojet de fondation dune Fa culté de droit à Marseille, à été remise à Sa Sainteté,

«Le Saint Père a 6t6 simultanément informé du contenu de celle que Votre Grandeur m'a adressée à ce sujet, et j'en ai reçu l'ordre, dans ma qualité de secrétaire de la Sacrée Congrégation des Etudes, de vous informer, Monseigneur, que le Saint Père à manifesté sa plus complète satisfaction de ce que Votre Gran deur ait pris dans cette affaire une attitude entièrement conforme aux vues de la Sacrée Congrégation et aux résolutions prises par Sa Sainteté dans la question de la fondation de nouvelles Universités ou de Facultés, en dehors des centres choisis dans l'illustre Episcopat français immédiatement après la promulga tion de la nouvelle loi sur l'enseignement supérieur en France.

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«Sa Sainteté se trouve trop bien informée, tant du zèle admi rable qu'ont déployé en faveur de ces glorieuses entreprises, l'Episcopat et les fidèles de votre illustre patrie, Monseigneur, que des innombrables difficultés que présentent ces mêmes en reprises, pour pouvoir désirer que l'on en augmente le nombre avant que celle dont je parle plus haut ne soit en état de pr'o duire les salutaires effuts qu'en attendent légitimement le Saint- Siége Apostolique, notre Sainte Mère l Eglise et tous les hommes de bien, qui viennent à leur aide par un admirable concours de tout ce que la France peut offrir sur le terrain de la foi, de la science et des sacrifices de tout genre, que la foi et la science savent inspirer aux catholiques de France,

«I en résulte que le désir du Saint Père est que Votre Grandeur fasse connaitre à ses diocésains aussi pieux que zélés, que s'ils veulent vraiment coopérer avec fruit aux entreprises en question, ils doivent en union avec ie Saint-Siôge et leur vénérable Pasteur, employer, pour le moment, tous leurs efforts à faciliter exclusivement la fondatiou de l'Université de Lyon, comme un centre universitaire très-sagement et avantageuse ment choisi pour la France centrale et méridionale,

» Le respect et l'affection des bons Marseillais dont ils ne ces sent de donner au Saint Père des preuves aussi éclatantes que constantes, ne me permettent pas de douter un seul instant qu'ils ne se rangent avec amour et joie à cet avis du Vicaire de Notre - Seigneur Jésus-Christ,

«Ils sont tous assez pieux et religieux pour ne pas sentir et comprendre, qu'en faisant un généreux sacrifice de leur propre volonté au bien de leur patrie, ils obtiendront du bon Dieu, plus vite peut-être qu'ils ne le pensent, d'avoir les moyens nécessai res pour, avec le temps, fonder non-seulement une Faculté, mais mème une Université catholique à Marseille, si obéissant aux dispositions de ceux qui sont leurs guides et leurs pères dans la hiérarchie de notre sainte religion, ils ne concentrent aujourd'hui tous leurs efforts, que vers la fondation de FUniversité catholique de Lyon autorisée et bénie par le successeur in faillible de saint Pierre,

«J'espère, par conséquent, que Votre Grandeur pourra bientôt m'en donner l'assurance, afin que je la dépose aux pieds du Sou verain Pontife, comme un nouveau témoignage de la filiale affection des excellents Marseillais, témoignage qui, je vous l'assure, Monseigneur, ne sera pas moins agréable à Sa Sainteté que tous ceux qu'E Le” reçoit des fidèles confiés à votre pastorale juridiction.

«Je saisis volontiers cette circonstance pour remercier Votre Grandeur des bonnes paroles av'elle à bien voulu insérer dans sa lettre à mon égard, et je li. 1re qne toutes les fois qu’elle me

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