‹ L'Université Laval à Montréal [microforme]Chapitre 18 sur 21 · SR D · texte numérisé non relu

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Tout à coup,le Docteur croit apercevoir une ressemblance entre l’affiliation de l'Ecole à l’université du collége Victoria et celle de l’université Laval au collége Royal des Chirurgiens de Londres.

Mais le Saint-Siége n'a pas vu, lui, cette ressemblance. Le Saint-Siége, qui connaissait l'une et Pautre affiliation, a con damné l'affiliation de l'Ecole à Victoria, sans désapprouver le moins du monde celle de Laval au collége Royal des Chirur giens,.

Est - ce que cela seul ne suffisait pas pour inspirer au Docteur plus que des doutes sur le fon "ment de l'analogie qu'il décou vrait ?

IL devait même savoir d'avance qu'il y a affiliation et affilia tion. Autre chose est daffilier une faculté de médecine, autre chose d'affilier une université, autre chose aussi daffilier un collége.

Il sait bien que l'université Laval n'est pas devenue, par le fait de son affiliation au collége Royal, une faculté de ce collége:

Il sait bien que l'université Laval ne tient de ce collége ni sa charte, ni son érection, ni son droit de donner des diplômes, ni ses règlements, ni son nom.

Cette affiliation, —'qui réellement n’en est pas une, — se réduit à une politesse d'égal à égal, entre deux institutions complètes en elles-mêmes et parfaitement indépendantes l’une de l'autre.

Ainsi l'examen de l'Inscription à Laval est reconnu comme équivalent de l'examen préliminaire du collége Royal des Chi rurgiens ; les certificats d’assiduité aux cours de médecine suivis à Laval, par les élèves inscrits, sont reconnus pour autant par le collége ; les docteurs en médecine de Laval sont admissibles à l'examen pour le diplôme de Membre de ce même collége.

L'université Laval reste absolument ce qu’elle est ; elle accorde l'inscription, le diplôme de docteur, en son propre nom, sous sa propre responsabilité, en vertu du pouvoir qu'elle tient directe ment de l'Eglise et de l'Etat; ce diplôme vaut de soi, sans que le collége Royal de Londres ait à y voir : elle relève de qui de droit ; elle est dans l’ordre.

A présent, s’il plait au collége Royal des Chirurgiens de Lon dres d’attacher certaines faveurs à l'inscription que Laval accorde elle - mème de plein droit ; s’il lui plait de reconnaitre les certi -

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n0ë ficats d'assiduité que Laval délivre, d'admettre ses docteurs à et l'examen pour le diplôme de Membre du collége, c'est une mar - j de que d'estime qu'il donne à l'institution, mais cela ne change | point la position suprème de Laval. | Le S'il plait ensuite aux énserits et aux Docteurs de Laval de se ES 70H prévaloir de leurs certificats où de leurs diplômes, cela les | r le regarde, rs dE C'est ainsi, par exemple que l'université Laval ne s'affilie pas l'Université Grégorienne, de Rome, ou l'Apollinaire, et n'en fait ù eur pas de simples facultés, par le fait qu'elle reçoit ad eumdem | ou les docteurs de ces universités.

7” I y a des gens qui voient des précédents, des analogies par ilia - tout, quand ils ont besoin de s’armer contre les jugements qui LULre les condamnent.

tee C'est ainsi qu'on ose assimiler la position de l'Ecole à celle du i collége d'Ottawa, tenu par les RR, PP, Oblats. dégé: D'abord le collége d'Ottawa n'est pas affilié à une université : protestante : il est lui-même université. Ensuite, quand même se il aurait un sort pareil à celui de l'Ecole de Médecine, cet exdés emple m'infirmerait en rien le jugement qui pèse sur elle. On | ne Juge pas «a pari contre une décision rendue particulièrement éduit pour soi, et on sait que le Saint-Siége peut tolérer là ce qu'il les en veut empècher ici.

d Plus haut, le Docteur s'écriait : «Notre école est donc réelle mme ment la seule en cette province dont tous les membres soient Chi - catholiques,»

suivis Ajoutons : et réellement la scule qui soit affiliée à une univerpar Le sité protestante, ou plutôt faculté d'une université essentielle les à ment denominational.

Or, mieux vaudrait mille fois que ce fût l'inverse. Dpree Que l'Ecole dépende positivement du Saint-Siége, d'un chanseu celier nommé par le Saint-Siége, d'un conseil épiscopal établi PÉGIES par le Saint-Siége, d'un recteur approuvé par le Saint -Siége, is : d'une hiérarchie toute catholique préposée à l’enseignement, à la qui de garde de la foi, des mœurs et de la discipline, et alors on lui pardonnera facilement d'employer quelques professeurs non catho- > Lon- liques, obligés d'exposer, en toute occasion, l'enseignement caccorde tholique, sans pouvoir jamais le contredire. certl-

Rome a bien su distinguer entre ces deux cas : dans le même

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document où elle déclare vouloir empêcher que l'Ecole ne con tinue d'être affiliée à l'université protestante, Rome répond dilata et si opus fucrit suo loco el Lempore providebitur, à la question de savoir «si et quelle mesure ultérieure on doit prendre relative ment aux professeurs non catholiques de l'université Laval. »

SiRome a déjà manifesté ou manifeste jamais son intention sur ce point, Laval, qui n'attend qu'un signe de Rome, s'y est conformée, soyons-en sûrs, où s'y conformera de bonne grâce,

Oh! tout serait parfait, si l'on pouvait en dire autant de l'Ecole de Médecine, dont la cause est déjà jugée.

Le Docteur qui découvre des ressemblances là où tout diffère, ne voit pas le ridicule là où il éclate.

Imaginez, en effet, l'Ecole de Médecine affiliée à Victoria, faculté de Victoria, relevant de Victoria, appendice de Victoria, et qui s'en vient dire à l'université Laval : Je veux rester ce que je suis; donnez-moi cependant votre titre de catholique, et alors, moi, faculté de Victoria, je distribuerai an nom de ce collège, et aux conditions qu'il me plaira, les diplômes académiques,

Vraiment, nous sommes à nous demander s'il y a un pays at monde où pareille prétention se soit Jamais produite.

Hélas ! comme l'esprit de désobéissance mène loin!

Encore, si l'on se bornait au ridicule!

Mais non.

On accuse le Saint -Siége de sacrifier Montréal, On lui déclare que «Montréal, le fleuron des possessions britanniques en Amérique, Montréal, le siége de la haute éducation »(Oh!), «la ville aux établissements importants de (ous genres, que Mont réal ne saurait être sacrifié et ne peut être sous la dépendance de sa cité rivale. »

C'est aussi audacieux qu'étroit !

Le Docteur apprendra que les universités sont, de leur nature, au-dessus des rivalités de villes ou de diocèses : elles ne sont pas des institutions diocésainrs : elles relèvent de l'autorité suprême de l'Eglise et sont, « par cela même qu'elles s'étendent au delà des limites des simples diocèses, des institutions de l'Eglise universelle : in Ecelesia universali. »

Ce n’est pas là matière d'opinion : c’est le Droit qu parle.

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"ON - Enfin, si l'Ecole ne peut se parer du titre de Laval, eh bien! 1 lata les médecins espèrent que la divine Providence, plus propice à Le | de leurs vœux qu'aux volontés de son Eglise, mettra le comble à ses | ive - faveurs en dotant Montréal d'une université indépendante, 4 | Alors l'Ecole aura prévalu contre le Saint - Siége, îl tion Est- ce admirable ! } est ti di XIII Lt , de l Concluons. k

ère, Comment qualifier le discours officiel de l'Ecole de Médecine ? il C'est une paille destinée au feu, du sable, une poussière, où |

via, vous n'apercevez que les signes malheureux de l'esprit de résis- fl Vi tance, de division, et le mépris de la parole donnée, ‘| ster Rien de juste, d'équitable, de généreux, de patriotique, L tho - £st-ce là un drapeau qui convienne à l'Ecole de Médecine ? ll 10m Non ? il Ce Eh bien ! qu'on l’enterre à jamais, et qu'on le fasse oublier il

par ses actes. sl

D. Nous n'oserions fire ici appel à nos concitoyens. Ils com- sh prennent tout aussi bien que nous ces mots suprèmes : union, progrès des études, honneur intellectuel et moral de la patrie. IL n'en est pas un qui ne sache s'élever, s'il le veut, au-dessus de ées mesquines rivalités qui nous tuent,

L'université canadienne doit avoir un siége quelque part

dé sen Ce siége est fixé, «la Cependant, il est une voix que nous pouvons faire entendre, ont - c'est la grande voix de l'exemple, ance Regardez la France catholique.

Les universités s'élèvent comme par enchantement sur le sol généreux de notre ancienne mère - patrie ; elles vont s'asseoir au | foyer de telle ou telle province, au sein d'une ville que les évètie ques ont choisie, et toutes les autres provinces, toutes les autres ue villes, au loin, font taire leurs ambitions pour travailler à l'œu ne vre commune, sta Voulez-vous un exemple particulier pour Montréal? Il a

en à un, C’est celui de la noble ville de Marseille,

"Là aussi, une certaine rivalité tendait à se produire contre une ville sœur.

Là aussi l'évèque a parlé.

Là aussi s'est fait entendre la voix du Souverain Pontife,

Et là aussi l'unité triomphe au souffle de l'Eglise,

Nous ne saurions mieux faire, en terminant, que de mettre ce beau spectacle sous les yeux de nos lecteurs.

Il justifie tout notre écrit,

Il contient la solution de toutes les difficultés.

Il répond éloquemment à toutes les objections,

La position de Montréal, centre du commerce, présente une analogie frappante avec celle de Marseille.

La question a été réglée pour ces deux villes, et l'on remarquera que si la décision du Saint-Siége semble favoriser l’une plus que l’autre, c'est du côté de Montréal que se trouve l'avantage.

Eu effet, Montréal possède déjà ce que Marseille ne saurait contempler qu'en espérance et dans un avenir lointain, et notre grande ville n'aura jamais été obligée, comme l'est aujourd'hui l’Athènes des Gaules, de contribuer à l'établissement d'un centre universitaire placé loin de ses murs,

C'est Mer l'évêque de Marseille qui parle :

«L'année dernière a été fondée à Lyon une quatrième Université cathoiique. Les provinces ecctésiastiques d'Alger, de Cham béry, d'Aix et d'Avignon viennent de décider qu'il fallait y con centrer toutes leurs ressources...

«Désireux d'assurer l'avenir de l'Université catholique de Lyon, vingt-cinq évèques, réunis dans cette ville, se sont engagés à faire un pressant appel à leurs diocésains, habitués à soutenir toutes les bonnes œuvres. Nous remplissons aujourd'hui cet engagement en ce qui nous concerne,

«Nous prions instamment les catholiques de notre diocèse, à qui la Providence à départi les dons de là fortune, de concourir par des offrandes généreuses à l'établissement durable de FÜniversité de Lyon, comme l'ont fait leurs frères des autres diocèses du Midi.

QÏl faut que les dons volontaires soient assez considérables pour rendre possible une de ces fondations qui honoreraient un Etat. Sans des offrandes exceptionnelles, comment acquérir de vastes locaux, établir des laboratoires dispendieux, former de ri «es bibliothèques, assurer à de nombreux professeurs des honoraires dignes de leurs talents et de leur dévouement? Mais nous comptons sur ces offrandes. Les catholiques, les moins

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