AU LECTEUR
LORSQUE nous avons accepté, sur la demande qu'on avait bien voulu nous en faire, d'écrire le compte rendu des fêtes du cinquantenaire de l'Université Laval, nous avons pensé que quelques pages consacrées à l'histoire de cette Université pourraient utilement servir de préface au récit que nous allions entreprendre. Dans nos prévisions, cette préface ne devait guère dépasser vingt pages. Notre inexpérience ne nous avait pas averti des surprises qui sont inséparables de toutes recherches historiques, et des complications imprévues qu'elles entraînent.
Pour écrire vingt pages d'histoire, il fallut consulter bien des documents, et c'est au fur et à mesure que nous feuilletions les Annuaires et que nous parcourrions les archives de l'Université, que nous avons vu peu à peu s'élargir le champ de notre étude, et s'ouvrir sous notre regard bien des perspectives nouvelles. Dès lors, il nous a paru que peut-être nous serions agréable aux dévoués organisateurs des fêtes du cinquantenaire et aux anciens élèves de l'Université, si nous prenions soin de leur faire part de tous les renseignements que nous avions recueillis à l'occasion de notre travail, si nous essayions de tracer d'une façon plus complète les grandes lignes d'une histoire
qui n'avait pas encore été écrite. On a bien voulu agréer notre nouveau projet, et voilà comment vingt pages d'histoire se sont multipliées, et en ont formé plus de deux cents.
Ceci explique déjà, dans quelque mesure, les lacunes, les imperfections que l'on pourra constater dans la première partie de ce livre, et pourquoi surtout l'on ne trouvera pas ici une histoire complète de l'Université Laval.
D'autre part, l'on sait que cette histoire de l'Université Laval a été parfois assez mouvementée, remplie à certaines heures de luttes qui, dans notre jeune pays, ont pris souvent une importance et des proportions démesurées. Or, comme le livre que nous écrivions devait être avant tout un souvenir de fêtes qui furent agréables à tous, nous nous sommes cru dispensé de le transformer en un plaidoyer où seraient exposées et discutées des questions susceptibles encore de diviser les esprits, et que tout le monde d'ailleurs souhaite laisser à jamais ensevelies dans le passé. C'est pourquoi on ne trouvera rien dans ces pages qui fasse revivre les ardentes polémiques d'autrefois.
Nous ne croyons pas utile de donner la bibliographie des ouvrages ou des documents que nous avons consultés. Les principales et presque uniques sources où nous avons puisé sont les Annuaires et les registres de l'Université Laval. Nous avons indiqué au fur et à mesure au bas des pages les autres publications qui nous ont été de quelque secours.
Nous remercions ici tous ceux qui ont bien voulu ajouter à ces sources d'information le concours précieux de leurs souvenirs personnels.
Le 24 juin 1903.
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