‹ L'Université libre de BruxellesChapitre 10 sur 10 · D CA A LDC · texte numérisé non relu

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en Amérique consiste uniquement en l’échange d'étudiants et de professeurs.

La C. KR. B. Educahonal Foundation fut une première et grande bienfaitrice, la Rockefeller Foundation, dont nous parlerons tantôt, en fut une seconde, ron moins grande.

Lors de sa création, la C. À. B. Educational Foundation fut représentée en Belgique, et elle l’est encore aujourd’hui, par deux hommes, qui nous sont éminemment sympathiques, MM. M.-K. Shaler et W. H. Tuck. Paul Heger, à la recherche des capitaux nécessaires à la reconstruction de l’Université, s’adressa à la C. KR. B. Il les trouva, grâce à l'intervention de M. Herbert Hoover et de MM. Edgard Rickard, Alexander Smith, Perrin C. Galpin, Shaler et Tuck, qui servirent ainsi, une fois de plus, nos intérêts.

Un grand espoir illuminait l’Université. MM. Maurice Bourquin et Jean Willems partent en Amérique, et la veille de la Saint-Verhaegen de 1922, ils câblent ces mots réconfortants : Obtenu don de 15 millions. Cette première libéralité fut suivie d’autres, en terrains et en argent.

Bientôt surgit de terre, comme par enchantement, la nouvelle cité universitaire, que tant de générosité avait appelée à la vie. Elle s’élève à l’orée du Bois de la Cambre, antique vestige de la Forêt de Soignes, reste, elle-même, de la préhistorique Forêt Charbonnière. Le monument qui fait face à l’avenue des Nations est l’œuvre de l’architecte Alexis Dumont. Il s'inspire de l’architecture du terroir, de cette architecture flamande du xvii siècle, dont l'élan créateur avait été brisé par l’intro-

duction de styles étrangers. Il est fait tout entier de matériaux de chez nous, briques et grès, percé de baies par où s’épanche à pleins flots la lumière dans les salles intérieures. Il s'achève gaîment par des pignons à gradins, flanqué d’une tour svelte et élégante. Le tout s’offre à nous comme une manière de triptyque: le panneau central, qui en constitue la partie la plus élevée, renferme l’administration, la salle académique et la bibliothèque; le volet de droite abrite la Faculté de Philosophie et Lettres ; le volet de gauche, la Faculté de Droit. Une pelouse en terrasse étend à ses pieds un tapis de verdure, tandis qu’à l’angle, se dresse la grave et belle statue de Théodore Verhaegen, qui avait été érigée devant la façade principale des bât1ments de la rue des Sols. L'Université ne pouvait se transporter en des lieux nouveaux sans y emmener avec elle l’image de celui qui fut son fondateur.

C’est là une première et grande création. Elle fut doublée d'une deuxième création, non moins magnifique, l'Ecole de Médecine.

Cette fois, c’est la Fondation Rockefeller qui nous fait bénéficier de son immense générosité. Son intervention, comme celle de la C. R. B. Educational Foundation, trouve son origine dans la période de guerre. Les représentants de la C. KR. B. ont pris contact avec nos professeurs et notamment avec ceux de la Faculté de Médecine. Ils s'intéressent à nos projets de réorganisation de l'Ecole de Médecine. Le colonel Van Schaik, un des membres de la Croix-Rouge Américaine, les signale à l'attention de la «Rockefeller». Des délégués arrivent. Ils rencontrent Antoine Depage, Jules Bordet, Albert Brachet ; ils trouvent

surtout en Paul Heger un négociateur convaincant. Mr. George E. Vincent, président de la Fondation, venu parmi nous, est gagné à la cause. Le 3 décembre 1920, l'intervention est promuse, large et généreuse, sans condition aucune, sauf une seule, que la nouvelle Ecole de Médecine serait jJuxtaposée à l'hôpital Saint-Pierre.

Boulevard de Waterloo, s'élève la nouvelle institution médicale, œuvre de l’architecte Eugène François, professeur à l’Université libre, pour l’économie intérieure, de l’architecte de la Ville, François Malfait, pour l'enveloppe architecturale. L'hôpital Saint-Pierre, vieilli, va faire place à un édifice plus conforme aux nécessités modernes. Dans cette cité de la Médecine se poursuivent désormais, dans des salles claires et confortables, admirablement outillées, et l’enseignement de la science médicale et les admirables cliniques qui ont fait de tout temps la gloire de l’Université hbre de Bruxelles.

Que notre reconnaissance aille au Président de la Fondation Rockefeller, Mr. George E. Vincent. Qu'elle s’étende aussi à Mr. Richard M. Pearce, Mr. Simon Flexner, Mr. Abraham Flexner, Mr. Wickliffe Rose, Mr. Vernon Kellogg. |

Le récit des générosités, qui permirent à l’Université libre de se métamorphoser d’une si admirable manière n’est pas épuisé. La Cité universitaire du Solbosch se compose, non seulement du superbe édifice, que nous devons à da C. KR. B., mais aussi d’un édifice qui est bâti en arrière du premier, abritant la Faculté des Sciences et la Faculté des Sciences appliquées ou Ecole polytechnique. Nous le devons en partie à l'intervention

de la famille Solvay et des participants à la souscription « Université de Bruxelles-Université de Louvain », organisée par un comité que présidait M. Jean Jadot, gouverneur de la Banque Nationale — en partie, à la générosité traditionnelle de la Valle de Bruxelles, qui se constitua dès la première heure, la protectrice de l’Université. S'il convient de comprendre dans un même sentiment de gratitude tous les dirigeants de la Capitale, que notre reconnaissance aille tout particulièrement à son éminent bourgmestre, M. Adolphe Max, dont le nom s’affirme avec éclat à côté de ceux des trois grands bourgmestres, qui depuis 1830 ont dirigé les destinées de la Ville, Nicolas Rouppe, Jules Anspach et Charles Buls. :

La construction, abritant la Faculté des Sciences et l’École polytechnique, a été édifiée sur les plans de l’architecte Eugène François, le même qui a conçu la distribution intérieure de l’Ecole de Médecine. Sans prétention architecturale, elle veut être avant tout pratique. Elle s’offre à nous comme un immense cube, qu’éclaire une quadruple rangée de fenêtres. On l’appelle familièrement l’Usine, a cause de son apparente similitude avec quelque établissement industriel. Mais retenons le mot. C’est, en effet, une usine où, dans des laboratoires, pleins de clarté, maîtres et élèves, travaillent au progrès de la technique humaine, où dans des auditoires spacieux, parfaitement adaptés à leur destination, les professeurs font bénéficier de leur science les nombreux auditeurs qui se pressent au pied de leur chaire.

Dans le voisinage immédiat des deux grands édifices où se déroule l’activité scientifique de l’Université, s’élève

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la Maison des Etudiants, bâtie, elle aussi, sur les plans de l'architecte Alexis Dumont, avec l’active et intelligente collaboration de M. Lucien Beckers, ancien président de l’Union des Anciens Etudiants. Nous le devons à l’intervention conjuguée de la C. R. B. et de l’Union des Anciens Etudiants.

Telle est, présentée en un raccourci trop sommaire, l'histoire presque centenaire de l’Université libre de Bruxelles. Par la sagesse de ses administrateurs, par la science de ses professeurs, par le soutien dévoué de ses anciens élèves, par les générosités multiples de ses amis et admirateurs, grâce aussi aux larges subsides que lui accorde aujourd'hui la libéralité, aussi éclairée qu'impartiale, du Gouvernement belge, et à l’aide efficace que ses maîtres et ses disciples trouvent fréquemment auprès de la Fondation Universitaire et du Fonds National de la recherche scientifique, elle figure avec honneur parmi les universités du monde. L’âpreté des luttes de la première heure a fait place à une cordiale émulation entre toutes les universités du pays ; la solidarité intellectuelle et scientifique s'affirme de plus en plus dans tous les domaines. Fidèle sans défaillance au principe qui constitue son essence même, le Libre examen dans l’observation des faits et la pratique de la science, l’Université libre a répondu au grand espoir que ses fondateurs avaient mis elle. Elle peut avec fierté contempler le chemin parcouru et envisager l’avenir avec sérénité.

L'Histoire détaillée de l’Université a été traitée par LÉON VAN DER KINDERE, L'Université libre de Bruxelles, 1834-1884, et par le comte GOBLET D’ALVIEL'A,

Histoire de l’Université 1884-1909. Ces deux ouvrages ont été pour nous des guides précieux.

Les impr. Charles Bulens, s. a.

75, rue Terre-Neuve

Bruxelles

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