LA DÉSASSIMILATION AZOTÉE DANS LES AFFECTIONS AIGUES
Tears
L’azotémie des fébricitants
Ï. — DonNéESs CLASSIQUES
L'étude du métabolisme azoté, au cours des affections fébriles et au moment de leur défervescence a tenté un certain nombre de chercheurs et d'auteurs.
Toutefois, il semble que la plupart de ces recherches sont récentes et que les différentes publications qui se sont succédées à ce sujet ont été toutes plus ou moins imbues de l’idée que l’azoturie et aussi l’azotémie étaient de règle chez les fébricitants.
Par nos recherches à ce point de vue daus la littérature médicale, nous nous sommes rendu compte que trop souvent les auteurs s'étaient contentés de reproduire les lignes de leurs précurseurs, souvent sans les ratifier par des expériences personnelles.
Ne
C’est cette constatation qui nous a donné un peu plus de confiance dans les résultats des expériences auxquelles nous nous sommes livré sur cette question, et qu'on trouvera plus loin, résultats qui, s’ils concordent avec ceux des classiques en ce qui concerne l’azoturie, sont très différents des leurs pour ce qui est de l’azotémie.
Il est hors de doute que la quantité d’urée et d’autres déchets azotés augmente, ainsi que nous l’avons vu plus haut, soit lorsque l’alrmentation devient plus riche en albuminoïdes, soit lorsque l'individu, vivant de ses tissus, se nourrit de ses propres albumines.
De là à déduire que les dérivés azotés sont en plus grande quantité dans le sang quand l’une de ces deux conditions, ou les deux ensemble, sont remplies, il n’y a qu'un pas, si l’on veut s’en tenir à la seule donnée théorique et si on néglige le rôle régulateur dévolu au rein.
Il est classique de donner comme une règle générale l’augmentation du taux de l’urée sanguine et de l’urée urinaire au cours des infections aiguës.
Pourtant, dans la littérature médicale on trouve relativement peu d'observations prouvant ce fait. Nous verrons plus loin celles d’Acrar». s
Des études ont été faites dans des cas d’entérites cholériformes, d’iétères infectieux, de suppurations profuses, de tuberculose, de pneumonies et de typhoïdes.
Dans un cas d’entérite cholériforme, les chiffres de o gr. 65, 1 gr. 55, 1 gr. 30 et même 4 gr. ont été trouvés pour l’azotémie. ;
CHAUFFARD, dans un cas célèbre d’ictère infectieux, a rencontré une azoturie considérable : 146 gr. d’urée et 2 gr. 64 d'acide urique en vingt-quatre heures; ces chiffres
tte —
ont passé à 138, 157, 41, 81 gr. etc., les jours suivants, tandis que des:chlonures semblaient être retenus, pendant cette crise azoturique, pour s’échapper ensuite.
CHAUFFARD avait enfin remarqué que la toxicité .de l'urine -diminuait parallèlement à l’azoturie.
-AMBUILLE à montré que, si dans beaucoup .de cas l’azoturie était-considérable à tous les moments de la maladie, le taux-de l’azotémie était fixe. 5
Seulement äl peut-arriver que l’azotémie suive une marche progressive et dure longtemps, au point d’en imposer pour une véritable néphrite, qui d’ailleurs peut fort bien exister, concomitammentt,
AMEUILLE pense qu’il y a dans ces cas une formation d'urée aux dépens des tissus eux-mêmes une « uréogénèse histolytique locale », ‘ainsi que .cela se produit au cours d'états variés, surtout quand -on peut mettre -en cause le bacillus Perfringens qui, pouvant-faire de l’urée:avec des albuminoïdes in vitro, est bien capable .d’en faire autant in VIVO.
L'augmentation de l’azotémie surviendrait par diminution de l’mgestion aqueuse, dans le.cas où le pouvoir de concentration du rein serait dépassé, ou dans le cas de complications rénales quipeuvent abaisser la concentration maxima, Ou encore par diminution de la pression vasculaire.
AMEUILLE a ‘signalé également la production.d'urée dans des tissus en cours de nmécrose avec azoturie consécutive.
L'azotémie ;serait montée jusqu'à 1 gr. dans des cas de suppurätions profuses ‘et de résorption d’épanchements sanguins, de 2 gr. (90 à 6 gr. dans un cas de pieds gelés graves, suivi de gangrène gazeuse mortelle.
Il prouve qu'il peut y avoir uréogénèse histolytiquelocale en mesurant l’urée d’un épanchement sanguin, comparativement avec celle du sang du blessé : le premier contient 15 % d’urée en plus que le second.
La température, dit PAIssEAU, exagère l’excrétion uréique en activant les processus de désassimilation, tout au moins au début des pyrexies, et cette action avait rendu classique la conception du parallélisme à peu près complet de la courbe thermique et de la courbe d’excrétion uréique.
Mais Carvort, lui, a essayé de démontrer que l’urée éliminée est plutôt moins considérable pendant la fièvre et que le rapport entre l’urée et la température n'existe pas.
Quixquau» et FourLLoux pensent que dans la pneumonie l’urée augmente; que dans la typhoïde elle est exagérée au début, diminuée à la période d'état, augmentée à la convalescence. l
S'il est une maladie dans laquelle il semble qu'on doive trouver de l’urée, en raison de la désassimilation très active, c’est la tuberculose; or, les auteurs sont d'accord pour signaler au contraire, à la période avancée du moins, une diminution très notable du taux de l’urée, nettement inférieur à la normale. Mais au début de l'affection, les opinions sont plus partagées : tandis que ANDRAL, Wir- LIAM, LeBErT, etc., admettent qu’il y a diminution de l’urée, Tessier trouve une augmentation |
Marran estime qu'il y a plutôt une production de dérivés autres que l’urée : acide-urique, leucine, tyrosine, etc.
L'influence même de la température sur la quantité d'urée est très discutée. C1. BERNARD, HiRTz, SENATOR,
pare
MarcniNson, BRATILER, DESNos pensaient que la courbe d'excrétion uréique des bacillaires était parallèle à celle de la température. On a reconnu que c'était faux.
Carvor et Rogin ont prouvé que l’urée des bacillaires fiévreux est en quantité inférieure à la normale, d'accord en cela avec LaBsé et Viry, qui ont trouvé les chiffres suivants d'azoturie en vingt-quatre heures :
D Er US ar. 4.19 gr0. 10 — 13 px. 30.
C’est au défaut d'absorption des. albuminoïdes au niveau de l'intestin que ces auteurs attribuent la diminution de l’urée.
Lucer, enfin, a établi que le rapport azoturique des tuberculeux à la troisième période était de 79 %, abaissé
par conséquent, et que l'influence de la température était nulle.
En somme, chez les tuberculeux, il semble que la partie d'azote total transformée en urée est moins grande que chez les sujets sains; mais les autres constituants azotés sont plus abondants (purines, etc.).
PATEIN, en examinant un certain nombre de sujets atteints par l’épidémie de grippe de l’an dernier, a relevé les chiffres suivants :
Observations N° Urée au litre d’urine Débit en 24 heures Azotémie
16e 30 ÔT 59.22 0.60