‹ L'Urée Au Cours Des États FébrilesChapitre 13 sur 36 · TECHNIQUE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE

Le sang ou l’urine à examiner doivent subir une préparation préalable. |

1° Pour le sang : on mesure ro centimètres cubes de sérum ou de sang défibriné qu’on verse dans un verre conique. On y ajoute peu à peu, en agitant et en triturant, un volume exactement égal d'acide trichloracétique à 0 %. On prend ro centimètres cubes du liquide obtenu par filtration, et c’est avec lui qu'on fait le dosage.

2° Pour l’urine : à l’aide d’une pipette jaugée, on en mesure exactement 10 centimètres. cubes qu’on introduit dans un ballon jaugé à 50 centimètres cubes; on ajoute

: (x) La technique que nous indiquons ici, recommandée par les auteurs qui ont traité déjà la question est celle que nous avons continuellement employée pour nos dosages; c’est aussi celle qui est couramment employée à la Clinique.

— ho —

1 centimètre cube de sous-acétate de plomb liquide (x), puis assez d’eau pour compléter le volume à 50 centimètres cubes; on agite, on filtre : 5 centimètres cubes du liquide représentent 1 centimètre cube d’urine.

L’uréomètre dont nous nous sommes servis pour les dosages qui figurent plus loin est celui d'Hazrron et AMBARD : un tube de verre de 4o centimètres environ, portant un robinet de verre à son quart supérieur, gradué au-dessus et au-dessous du robinet, et fermé à son extrémité inférieure par-un sac ampullaire de caoutchouc con-

tenant quelques billes de verre (2), destinées à brasser le° liquide. |

Après avoir versé le liquide à examiner dans la branche supérieure de l’uréomètre, on le fait descendre jusque dans le sac de caoutchouc, où le rejoignent quelques centimètres cubés d’une solution de soude et de l’eau en quantité suffisante pour que, en comprimant à fond la calotte de caoutchouc, on amène le niveau du liquide à la hauteur du robinet, que l’on ferme.

L'hÿpobromite est ensuite versé dans le tube inférieur, sans introduire d'air; le robinet est définitivement fermé : la réaction commence et on la favorise en agitant l’uréomètre.

(1\ La présence de sels de plomb n’entrave pas la décomposition de l’urée par l’hypohomite.

(2) La dernière modification, apportée par Ambard, que nous avons employée, consiste à se servir au lieu de billes de verre, quelques gouttes de mercure, préférable aux billes pour plusieurs raisons : le mercure, plus fluide, divise et brasse plus finement le liquide, il ne raie pas les tubes, comme le font les billes de verre (ce qui diminue la visibilité des graduations) et ne s’accole pas comme il arrive souvent avec les billes, au haut du tube contre le robinet.

L'azote une fois dégagé (un quart d'heure environ), on porte l’uréomètre sur une cuve à eau, on Je décoiffe de son ampoule et on fait la lecture.

Tel est le procédé de dosage de l’urée dans le sang et dans l'urine. Les chiffres obtenus chez un sujet sain varient, nous le répétons, suivant un certain nombre de facteurs, parmi lesquels l'alimentation, l’âge jouent un rôle. ;

Avec un régime routinier ordinaire, un débit urinaire, moyen ou fort, conjugué à un taux uréique moyen ou fort, constitue cependant une présomption de sécrétion uréique suffisante; un débit moyen ou faible, conjugué à un taux uréique faible : une présomption de sécrétion uréique déficitaire,

Mais le dosage de J’urée urinaire est manifestement insuffisant dans bien des cas pour donner une idée, même approximative, du fonctionnement rénal, en ce qui concerne l’excrétion uréique; le taux uréique et le débit uréique quotidien sont subordonnés au régime suivi par le sujet et il est bien difficile, pratiquement, d'établir un bilan précis des ingesta uréogènes.

Le dosage de l’urée sanguine est passible des mêmes critiques : le taux est étroitement subordonné au régime et les accidents, nous l’avons vu, pelvent être graves avec des taux d’urée très faibles.

. FES , Q l , 17

Aussi a-t-on cherché, à plusieurs reprises, des procédés

permettant de se faire une idée plus juste de l’excrétion azotée. e

Voici quelques-uns de ces procédés :

Dosage de l’azote total. — On a pensé que l’azote ingéré devait se retrouver en totalité dans l’urine et dans les fèces, qu'il y a équilibre entre l’un et l’autre : le dosage rigoureux de ces trois valeurs peut donner des renseignements importants.

Dosage de l’ammoniaque et des acides aminés. — L’excrétion de l’ammoniaque et des acides aminés s’exagère chez les diabétiques menacés d'intoxication acide. Nous avons vu plus haut que cette question est encore peu fouillée et qu'il conviendrait peut-être de considérer l'ammoniaque urinaire comme un témoin d’une protéolyse incomplète.

Il serait bon d’effectuer plus souvent la recherche du azote aminé

LAPPOTÉ —— et de ses variations. (Normalement, azote total | |

ce rapport varie entre 0,05 et 0,06.)

Rapport urologiques. — On appelle ainsi le rapport qui existe entre la quantité de deux substances quelconques éliminées dans un même volume d'urine.

1° Rapport azoturique d'Albert Robin, qui, normalement, est de 0,85 chez l'adulte, qui peut varier de 0,65

: azote urée à 0,90, et qui est représenté par la formule

x azote total.

2° Rapport de l’acide urique à l’urée : Normalement de 0,25. Quand ce chiffre est nettement abaissé (avec un régime alimentaire normal), il y a rétention d’acide urique.

Recherche de la concentration maxima. — Depuis longtemps on sait que la perte du pouvoir de concentrer l’urée est l’indice d’une altération rénale. Si la chose n’a pas été dite sous cette forme, du moins les auteurs l’ont-ils entendue de cette manière lorsqu'ils disent de tel malade : c’est un sujet qui n’émet que des urines claires, abondantes, peu riches en matières extractives.

Notée chez les prostatiques et les tuberculeux du rein par

Guyon, ALBARRAN, LEGUEU, cette perte du pouvoir de concentrer est devenue classique.

Mais c’est AMBARD qui a montré l’existence d’une relation entre les chutes de la concentration maxima et les altérations rénales, que la concentration maxima de l'urée est indépendante de tout facteur qui n’altère pas la qualité du parenchyme rénal, et qu’elle dépend de la qualité du rein.

Cette recherche, appelée à donner d'importants renseignements sur la valeur du rein, consiste à faire ingérer au sujet le coagulum ‘de 3 à 4 litres de lait, sans boire, chaque jour pendant trois jours. On examine l'urine à plusieurs reprises le troisième jour et on arrive à un chiffre qui n’est dépassé par aucune autre technique connue, qui est constant et qui, normalement, est voisin de 54 4, chez l’homme.

realise

La Constante d’Ambard

Tous les procédés que nous venons de citer, et en particulier la recherche de la concentration maxima, donnent des renseignements intéressants sur l’excrétion des matières azotées, mais il est certain que la confrontation de l’urée sanguine et de l’urée urinaire est, à priori, plus riche en résultats. Cette confrontation a été suggérée par plusieurs biologistes et autrefois déjà CHALVET avait cru découvrir que, normalément, l’urine devait contenir autant de grammes d’urée que le sang en contient de centigrammes. :

urée sang GRÉHANT essaya ensuite d'établir le rapport

urée urine auquel AcHarp, au Congrès de médecine de 1900, ajouta la notion de temps.

Wa et JAVAL, en 1904, ont abordé les premiers la question du rapport entre le débit d’urée éliminée et la teneur du sang en urée. +

C’est, sans contestation possible, AMBARD qui, en établissant les lois de la sécrétion uréique dont nous avons parlé au chapitre II, a donné jusqu'ici de ce problème la solution la plus précise.

Sans entrer dans des détails inopportuns ici et maintes fois reproduits par les auteurs, nous dirons seulement que AMBARD a établi que le débit uréique urinaire D en un temps donné est proportionnel au carré du taux, ou concentration de l’urée sanguine UR, et inversement proportionnel à la racine carrée du taux de l’urée urinaire C.

En sorte que l’on a :

Ur* DRE ve D = débit uréique urinaire ramené à 24 h.:; Ur = taux uréique sanguin; C — taux uréique urinaire; K = une constante caractéristique de l'individu considéré. ë ' K Ur?

On en tire en posant — — — LED es Ur VDXVEC

Telle est la formule-type. AmBarp lui a donné une valeur plus absolue en introduisant le facteur correctif du poids du sujet par rapport à un poids-type de 70 kilos, et le facteur correctif de sa concentration par rapport à une concentration uréique urinaire étalon de 25 °/,,.

Ur

NC = DE

Le calcul de K implique donc la détermination :

1° Du taux de l’urée-sanguine;

2° Du taux de l’urée urinaire;

4°. Du débit uréique urinaire horaire; 4° Du poids du sujet.

Pratiquement, on. opère comme suit :

Au début de l'opération on fait évacuer complètement la vessie, soit spontanément, si on ne soupçonne ni atonie, ni rétention, soit par sondage, dans le cas contraire.

+ RG —

L'heure est notée avec soin à ce moment.

Un quart d'heure plus tard on recueille par ponction veineuse environ 4o gr. de sang. Une heure environ après le début, on vide à nouveau la vessie dont on recueille le contenu. On note exactement la durée de Fexpérience et le volue d'urine recueillie, que l’on ramène à 24 heures soit 1.440 minutes, Le sujet est pesé entre les deux prises d'urine.

Le dosage effectué comme il est dit plus haut fournit tous les éléments nécessaires aux calculs.

Chez un sujet normal, ce coefficient varie aux environs de 0,070, de 10 millièmes environ (Cnevassu). Il s'élève d'autant plus que la sécrétion uréique est plus adultérée et la rétention uréique plus marquée. Il donne de la fonction uréo-secrétoire rénale une approximation beaucoup plus grande que le simple dosage de l’urée sanguine.

«Il est bien entendu, dit Lecueu, qu'il n’est pas question de réduire à un chiffre le fonctionnement si complexe des reins; variant sous des influences multiples, compliquée dans son mécanisme, précise dans ses. enseignements, la constante uréo-secrétoire est une méthode excellente, nécessitant une interprétation qui ne saurait en rien en atténuer la valeur. Sa recherche doit être associée à l'observation du malade, à la recherche d'autres éléments caractéristiques des affections rénales ».

Dans ces limites, la constante d'Amganp est devenue un besoin, une nécessité; contrôle nécessaire de l’azotémie, elle à sa place marquée au premier rang des méthodes d'exploration du rein et aucune autre ne peut lui être comparée, ni même s'en approcher, par la précision qu’elle

rte comporte et par la richesse de renseignements qu’elle nous rapporte.

Elle présente son maximum d'intérêt dans les altérations légères du rein, où elle dénote un trouble que ne décèle pas l’azotémie; elle cède de son importance à cette dernière, dans les cas graves, quand la rétention est marquée. <

Y a-t-il une concordance entre les résultats fournis par la recherche de l’azotémie, de l’azoturie, dé la constante,

-et ceux fournis par les éliminations provoquées?

Il y a, avant tout, une dissociation très nette entre l'élimination des chlorures et celle de l’urée.

Il semble y avoir parallélisme entre les résultats fournis par l’épreuve de la phénolsulfonephtaléine d’une part, la constante ét l’urémie d’autre part (PASTEUR-VALLERY- Rapor).

Les opinions sont divisées en ce qui concerne l'épreuve du bleu : CASTAIGNE et GAUTRUCHE ont trouvé les deux excrétions parallèles, Wipar non.

Nous verrons plus loin les résultats de nos expériences à ce sujet.

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