‹ L'Urée Au Cours Des États FébrilesChapitre 31 sur 36 · RÉFLEXIONS · texte numérisé non relu

RÉFLEXIONS

Il semble donc, de l'étude du tableau que nous venons de faire, que l’azotémie anormalement élevée n’est pas de règlé dans les maladies fébriles que nous avons observées; les cas de taux élevés d’urée sanguine que nous avons trouvés étaient tous dus à des néphrites connues ou probables.

Il est possible que chez ces individus même, la fièvre ait pu exagérer les désassimilations normales et favoriser ainsi la désassimilation des produits azotés. L'’urémie, nous l’avons vu, peut tenir à deux causes isolées au simultanées : l’hyperproduction d’urée ou le défaut d'élimination de cette substance. Po... (obs. n° 39) en est un type : il avait Oo gr. 24 d’urée dans son sang le 1° mars; trois semaines d'infection et de rétention — cause d'altération rénale — ont amené son urée à r gr. 94!

Même observation pour D... (obs.. 34), qui, sous le double effet de la fièvre et de l'infection ascendante, passe de o gr. 43 à o gr. 46, puis à o gr. 62, du 25 février au début d'avril (x).

(1) I convient de remarquer que chez ces sujets, il s'agit d’une rétention due à-une localisation infectieuse secondaire sur les reins, et non pas, comme dans la majorilé de nos observations, d'infections simples.

Nous me faisons là qu'insister sur un fait connu que Lequeu et Caevassu ont exposé depuis plusieurs années.

Mais il n’en reste pas moins vrai qu’au cours des infections l’urée est produite en plus grande quantité; ce fait est indéniable. Si réduit que soit le régime du malade en aliments azotés, et plus son régime est réduit, plus il maigrit; il vit donc aux dépens de ses propres tissus, albuminoïdes producteurs d’urée au premier chef si cette urée ne se retrouve pas dans le sang, c’est qu ‘elle est ou éliminée ou accumulée dans les tissus.

ACHARD, on l’a vu au chapitre III, a assisté à des décharges d’urée-considérables au moment de la défervescence. 11 faut donc croire qu'il est resté -de l'urée emmagasinée. … D'un autre côté, PATEIN a signalé une élimination d’urée considérable, dès les premiers jours de la grippe, au point qu’il faisait de ce débit-exagéré un signe diagnostique de la grippe.

À quoi servirait. cette urée ainsi emmagasinée? Où l’estelle de préférence? Reste-t-elle sous forme d’urée ou, au contraire, les albuminoïdes s’arrêtent-ils à un stade quelconque de leur désintégration? Autant de questions qu'il serait intéressant de chercher à résoudre, mais que nous ne pouvons pas traiter ici.

Avant de discuter les chiffres des constantes que nous avons observés, nous voulons attirer l'attention sur l’observation n° 28 (Her...), qui nous a été obligeamment communiquée par notre excellent camarade le D° GRANDINEAU.

On voit que, chez ce malade, où on n’a trouvé, après de longues recherches, qu’un seul uretère; qui, à la radio-

graphie, ne présentait qu'un rein, le droit, on observe cependant des chiffres remarquablement bons pour l’azo- -témie et pour la constante. La lésion dont il était atteint ne laisse aucun doute, malgré tout, sur sa lésion — bacillose rénale — prouvée par tous les signes ‘cliniques et de laboratoire.

Le taux de son urée sanguine n’est que de 0,20 °/,,. Son rein, qui n’excrète qu'à une concentration minime 8,2, élimine cependant 26 gr. 56 d’urée en vingt-quatre heures, et sa constante est de 0,052, c’est-à-dire que son rein s’est adapté merveilleusement au rôle chargé qu'il avait à rem- -plir, |

Nous avons vu plus haut que chez nos fébricitants (néphrétiques exceptés) nous avions constaté l’abaissement de la constante 29 fois sur 38 cas.

Comment expliquer ce fait P

Lecueu avait signalé la modification de la constante sous certaines conditions, qui, disait-il. troublent la cons-

tante en l'améliorant et, par conséquent, enlèvent au

chiffre obtenu la valeur absolue qu’il devrait avoir.

« C’est d’abord la fièvre qui est susceptible, très approximativement, de faire varier légèrement la constante.

« Ces réserves, ajoute-t-il, montrent que le chiffrée K, qui ne peut pourtant indiquer que la fonction uréique des reins, qui n'indique pas le trouble de la fonction aqueuse, peut être amélioré, faussé précisément par le trouble de la fonction qu’il n’est pas chargé d'indiquer. Aussi ne devrons-nous pas tenir compte seulement des élévations

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