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du chiffre K, ses abaissements mêmes auront autant, sinon beaucoup plus d'importance que de faibles élévations et chaque fois qu'on trouvera une constante sensiblement inférieure à 0,07, évoluant de 0,069 à 0,056, on doit rechercher une cause d’erreur dans la technique ou soupçonner la néphrite hydropigène ».
Ces lignes nous sont tombées sous les yeux au moment où nous trouvions nos premières constantes basses; nous avons refait nos calculs, vérifié nos réactifs, contrôlé toute la technique employée. D'autre part, nous ne pouvions pas soupçonner la néphrite hydropigène chez la plupart de nos malades. Il fallait donc chercher une autre explication
AcrARD et LEBLANG, en 1914, ont rapporté, à la Société médicale des Hôpitaux, 25 cas dans lesquels ils ont observé, eux aussi, l’abaissement de la constante au-dessous de sa valeur normale.
‘Il s'agissait soit de convalescents de maladies aiguës (5 cas), soit de fébricitants (8 cas, dont 5 tuberculeux), tantôt de polyuriques @ cas), d’oliguriques (> cas). Les ‘ valeurs minima étaient de 0,025 dans un cas de vomique, 0,026 et 0,028 chez deux tuberculeux.
Get abaissement était souvent lié à une véritable hypoazotémie. Ainsi chez quatre malades le taux de l’urée san-
guine était égal"à o, 10 °/,,, et chez cinq autres, entre 0,10 et 0,15.
Dans les cas où l’azotémie dépassait un peu la normale, la constante était normale ou, par suite de ses variations chez un même sujet, elle était légèrement supérieure.
Mais si l’abaissement de la constante coïncidait avec une azotémie faible, il n’y avait nul parallélisme chez le même sujet, entre les variations de la constante et celles de l'azotémie, et, dans certains cas, les deux courbes de valeur étaient inverses.
Cet abaissement de la constante paraît être un nouvel exemple, disent les auteurs, des irrégularités qu'elle peut présenter quand on s’écarte des conditions de stabilité physiologique.
Les crises urinaires, la polyurie, les troubles circulatoires, les modifications sanguines au cours des maladies peuvent l’influencer sans qu’on soit toujours en droit de rapporter ses variations à des modifications correspondantes de la perméabilité rénale.
Telle était l'opinion d’AcHARD et LEBLANC.
Retenons que l’abaissement de la constante d’AmMBARD a déjà été trouvé, et en particulier chez des fébricitants ou des convalescents de fièvres; que les auteurs ont observé, eux aussi, de l’hypo-azotémie chez leurs sujets.
Mais nous ne pensons pas, comme eux, qu'il s'agisse là d’irrégularités que présente la constante quand on s’écarte des conditions de stabilité physiologique.
La recherche de K ne s’appliquerait donc qu'aux individus normaux et perdrait toute sa valeur diagnostique.
Ce qu'il faut, c’est tenter d'expliquer pourquoi elle varie dans un sens si nettement déterminé.
AMBARD a découvert que la température a une influence sur la valeur de la constante uréo-secrétoire,
Les expériences ont été faites sur des chiens dont l’abdomen avait été rasé et qui avaient été curarisés, afin de
rendre leur température plus maniable; respiration artifi- ‘ cielle régulière pendant toute l’expérience. Pour refroidir les animaux, on leur enveloppait l'abdomen avec de la glace, pour les réchauffer on les portait dans un bain à 39°.
AMBARD obtint ainsi la certitude que la constante devenait plus mauvaise avec le froid, c’est-à-dire que pour une même azotémie le débit diminue beaucoup avec le refroidissement, de 12 % par degré centigrade, dit l'auteur.
En outre, il a observé une diminution du pouvoir de concentration.
Sur ces données, nous avons recalculé un certain nombre de nos constantes, en augmentant le débit d'autant de fois 12 % que la température dépassait 37° de degrés. Nous avons obtenu un chiffre de constante inférieur de » à 5 millièmes au chiffre obtenu avec le débit réellement observé.
‘Ainsi pour l'observation 31 (PLU...), qui a une constante réelle de 0,056, nous avons obtenu 0,060.
Pour Les... (obs. 32), qui a une constante de 0,029, nous n'avons obtenu, en diminuant le débit de 24 % (2 degrés de fièvre), qu’une différence de 0,002, soit 0,031.
La différence des débits due, selon AMBARD, à la différence de la température, ne suffit donc pas à expliquer l’abaissement de nos constantes. I s’agit d’un phénomène plus important, modifiant beaucoup plus profondément en quantité le métabolisme des albuminoïdes, ou le fonctionnement rénal, pour ce qui concerne l'élimination
-uréique.
Aucune des explications ci-dessus ne nous avait satisfait. donc K diminuera : si Ur diminue, si D ou G augmentent.
AU go VrFV=
donc K diminuera, si Ur diminue
Or K=
si D, ou C augmentenf.
D'un autre côté, si on admet que la quantité d’urée qui circule dans un organisme fiévreux n’est pas augmentée par l'alimentation, on voit que Ur diminuera d’autant plus que D ou C augmenteront.
Il suffirait donc de trouver quels sont les facteurs susceptibles d'augmenter le débit urinaire ou la concentra- ‘tion, ou l’un et l’autre, puisque nous avons remarqué que dans nos observations ces deux chiffres étaient supérieurs à la normale.
Or, de l'avis des physiologistes, quand le cœur bat à 70, il passe 130 litres de sang dans les reins par vingt-quatre heures.
Il est évident que l’accélération des battements cardiaques — une des parties constitutives du syndrome « fièvre » — augmente la rapidité du passage du sang dans les reins, et, partant, la quantité de sang mise en contact avec les éléments des tubuli contorti, et comme l’urée est uné substance sans seuil, le rein en excrétera tant que le sang en contiendra, d'autant plus qu'il passera plus de sang. |
D'un autre côté, l’accentuation de l'impulsion systolique, l’éréthisme cardiaque, habituel lui aussi dans la fièvre, contribue au même résultat.
Il est donc très logique d'expliquer, ainsi que nous l’a suggéré notre Maître, le Professeur ErTienne, l’augmentation de l’azoturie, la diminution de l’azotémie et de la constante, par l'accélération de la vitesse du sang.
Enfin, n'est-il pas admissible de penser que, pendant la fièvre, le rein, comme toutes lés glandes de l'‘rganisme, est en état d’hyper-fonctionnement au même titre que les glandes sudoripares, par exemple, l'appareil pulmonaire, etc. La diminution du chiffre de ia constante peut, par conséquent, s'expliquer, en résumé, comme un des signes de l’hypervitalité qu'est la fièvre.
Bien entendu, ce que nous venons de dire reste vrai jusqu’à ce que se produise une altération du rein, due aux mêmes causes, mais plus intenses ou prolongées; la congestion rénale, par exemple, est due à une réaction toxiinfectieuse. s
Dans ce cas, ç’en est fait de cette activité fébrile, le rein perd en partie son pouvoir de concentrer ou son pouvoir d’excréter, et l’azotémie augmente. ee
De même que le foie, que le cœur peuvent se fatiguer, de même que le poumon peut se congestionner à la suite d’un hyper-fonctionnement tel que la respiration supplémentaire, de même le rein se fatigue, se congestionne et ne suffit plus à sa tâche.