‹ L'Urée Au Cours Des États FébrilesChapitre 8 sur 36 · NH° + CO = CO € | + HO · texte numérisé non relu

NH° + CO = CO € | + HO

NEH° soit que l’urée dérive du carbonate d’ammoniaque précédemment formé æ ONH: 2 22 NH

co — co € H°0 N oNH: NH je

ei

Dans ces deux cas, il y a synthèse totale de l’urée avec déshydratation.

2° D'autre part, on a obtenu in vitro du carbamate

d'ammoniaque par oxydation des acides aminés. Il est donc possible que ceux-ci donnent par oxydation dans le foie du carbamate d’où provient l’urée par déshydratation:

3° Il se pourrait aussi que sur le groupe

re NH

d’un amino-acide se fixât un autre NH° et que, par une oxydation concomitante il se formât de l’urée (synthèse partielle avec oxydation).

Quelles sont les preuves de cette transformation dans le foie des acides aminés et de l’ammoniaque?

Voici celles concernant les acides aminés :

a) Chez un homme à équilibre azoté, l’ingestion ou l'injection intraveineuse de glycocolle ou de leucine déterminent une augmentation de l’urée des urines;

b) En faisant circuler à .travers un foie isolé du sang défibriné, auquel on ajoute une proportion donnée d’un acide aminé, on constate que ce sang s'enrichit en urée d’une quantité qui approche plus ou moins la quantité théorique que fournit la transformation du dit acide en urée et qui peut même l’atteindre;

c) Dans l'atrophie aiguë du foie, on a frouvé des acides aminés libres (leucine, lysine) dans le sang et dans l’urine.

Les preuves de l’action du foie sur l’ammoniaque sont

les suivantes :

— Si l’on ajoute du carbonate d’ammoniaque au sang qui circule dans le foie, ce sang, après plusieurs heures, renferme beaucoup plus d’urée que s’il est dépourvu de sel ammoniacal.

— $i l’on fait ingérer à des chiens ou à l’homme du carbamate d’éthyle, à dose modérée, la quantité d’urée des urines augmente,

— Les animaux à fistule d’Eck ont, au bout de quelques jours, les mêmes accidents que ceux à qui on a fait une injection intraveineuse de carbonate d’ammoniaque.

— Dans les maladies de foie qui entraînent une destruction plus ou moins complète du parenchyme, la proportions d'N°H° urinaire augmente.

Enfin, le foie peut faire de l’urée avec les corps dérivés de la molécule albumine qui présentent un noyau où 2N se trouvent liés à un même atome de carbone (noyaux puriques, bases xanthiques, bases pyrimidiques).

: En résumé :

— C'est surtout aux dépens des acides aminés et de l’'ammoniaque que le foie est formateur d’urée.

— Il y à un rapport direct entre la quantité d’urée éliminée et l'intégrité du foie.

La fonction uréopoïétique du foie, qui joue un grand rôle dans la nutrition générale, doit encore être considérée à un autre point de vue : elle apparaît comme exerçant une influence modificatrice profonde sur les produits de désassimilation puisqu'elle annihile la toxicité des composés ammoniacaux. L’ammoniaque est, en effet, quarante fois plus toxique que l’urée, les acides aminés également.

L'urée n’est pourtant pas un produit indifférent et, chez l'individu normal, elle ne tarde pas à être éliminée du sang, où nous venons de la laisser, à la dose de 20 à 35 centigrammes par litre, en moyenne.

Excrétion de l’urée.

Le rein n’est pour l’urée qu'un organe d’excrétion, mais cette excrétion se fait suivant un mode tellement défini et suivant des règles tellement spéciales qu'il convient de s'arrêter sur cette question, souvent envisagée par les auteurs, jusqu'à ce que AmBanrp et ses collaborateurs en

Li g F >! | aient découvert et formulé les règles.

Il semble à présent établi de façon certaine, après les expériences de AnTEew, de Liége, de CourMonr et d'ANDRÉ, de Lyon, que c’est au niveau des tubes contoumnés et de l’anse de Henlé que se fait la sécrétion de l’urée du sang.

Il convient, en outre, de signaler les recherches expérimentales de CHABANIER et CHEVALLIER, d’où il ressort que chez le vivant l’urée existe en grande quantité dans la substance corticale des reins, où elle occupe des cellules des Tubuli contorti.

Quant au mécanisme de cette sécrétion, nous sommes loin de la théorie du « rein filtre » : le rein, en ce qui concerne l’urée, obéit à des lois dont le résultat est d’établir un mécanisme régulateur du taux de l’urée dans le

sang. |

Concentration maxima.

On a vu plus haut que le sang contenait en moyenne o gr. 30 d’urée au litre; l’urine en contient de 25 à 30 gr. en moyenne et peut aller — normalement — jusqu'à 5o gr. Le rein possède donc un pouvoir de concentration de l’urée; cette propriété déjà signalée par nombre d’auteurs a été particulièrement étudiée par AMBARD, à qui il avait semblé intéressant dès ses premières recherches, que d’autres n’ont fait que confirmer, de rechercher jusqu'à quel degré le rein pouvait pousser la concentration de telle ou telle substance.

La concentration maxima devait nécessairement exprimer, à certains points de vue, la puissance fonctionnelle du rein.

Il a été donné à cet auteur, grâce à des techniques permettant d'élever à un très haut degré la concentration de l'urée dans l'urine, de reconnaître qu'il existe pour chaque individu une concentration maxima de l’urée (ainsi que ‘pour le glucose et le chlorure de sodium), que cette concentration jouit d’une grande autonomie, qu'un taux maximum, trouvé par une technique convenable, ne pourra être dépassé par aucun autre moyen, et qu’il est caractéristique de l'individu. .

D’après Acxar», les concentrations maxima sont en moyenne chez l’homme :

Pour le glucose:.....: Arte HOT /6e PORTA EURE ne lie ra ue EDS Pour le chlorure de sodium..... EDP FE

C'est-à-dire, remarque-t-il, qu’elles sont proportionnelles aux poids moléculaires. :

De plus, AmBarp a démontré que la concentration maxima ne varie pas, que le rein excrète beaucoup d’urée ou qu’il en débite peu; s’il excrète simultanément beaucoup de substances autres que l’urée ou s’il en excrète peu; s’il est pourvu de son système nerveux ou s’il en est privé; enfin si les reins sont quantitativement intacts ou s'ils sont quantitativement diminués.

Débits.

Le rein débite de l’urée, comme d’ailleurs d’autres substances, suivant des lois maintenant connues grâce aux travaux d’AMBARD et de ses collaborateurs.

C’est C1. Bernarp le premier qui a introduit la motion du seuil dans ces questions d’excrétion; il l’a découvert pour le glucose; Macnus pour le sel. Ils ont montré que le rein n’exerce son action sur ces substances qu’à la condition formelle que le sang en contienne plus d’une quantité donnée. Au-dessous de ce taux, pas d’excrétion, de même que, dans un réservoir, l’eau seule dont le niveau dépasse le robinet sera rejetée.

L'urée est, elle, une substance sans seuil, c’est-à-dire que le rein en excrète tant que le sang en contient : elle est inutile à la vie cellulaire au même titre que l'acide urique et, éventuellement, le bleu de méthylène ou les divers médicaments, =

Dès qu’on a commencé à étudier l’excrétion de l’urée, il est venu à l'idée des chercheurs de comparer l’urée de l'urine avec l’urée du sang pour apprécier le fonctionnement rénal au cours de la sécrétion uréique. Mais à de rares exceptions près, les auteurs ont toujours comparé la concentration de l’urée dans l’urine avec la teneur du sang en urée.

GRÉHANT, par exemple, a proposé de comparer la teneur du sang en urée avec la teneur de 100 centimètres cubes d'urine, en urée, et cette tendance à ne considérer que des concentrations et non des débits a été assez générale.

La comparaison de la concentration du sang en une substance donnée avec le débit de cette substance par le rein a été faite beaucoup plus rarement.

En 1915, AmBarp découvrait que les débits uréiques varient comme le carré de la concentration dans le sang. Avant lui, bien entendu, les physiologistes avaient pensé que le débit uréique dépendait de la teneur du sang en urée; d'autre part, bien des auteurs avaient constaté qu'au cours d’une polyurie abondante le taux de l’urée urinaire diminuait, mais que, en raison de l'accroissement considérable du volume urinaire, le débit absolu de l’urée augmentait notablement; ce qui conduisait à penser que toutes choses étant égales du côté du sang, le débit uréique

devait s’accroître à mesure que diminuait la concentraton |

L’urée du sang présentant un taux différent suivant . les heures de la journée, il conviendra de comparer l’urée du sang pris à un moment donné avec l’urée de l'urine prise au même moment.

Ces précautions étant prises, AMBARD a déduit de ses très nombreuses expériences les lois suivantes, qui régissent le débit de l’urée :

1° « Lorsque le rein débite l’urée à une concentration constante, le débit varie proportionnellement au carré de la concentration de l’urée dans le sang ».

2° « Lorsqu'avec une concentration d’urée constante dans le sang le sujet débite l’urée à des’concentrations variables, le débit de l’urée est inversement proportionnel à la racine carrée de la concentration de l’urée dans l'urine ».

D'où une troisième proposition, qui est la synthèse des deux premières :

8° « Lorsque la concentration de l’urée dans le sang est variable, que la concentration de l’urée dans l'urine est variable, le débit uréique varie en raison directe du carré de la concentration de l’urée dans le sang et en raison inverse de la racine carrée de la concentration de l’urée dans l'urine ».

Telles sont les lois découvertes par AMBaArp et ses collaborateurs, après de longues et patientes recherches, lois que la pratique courante et que des expériences nombreuses vérifient chaque jour.

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