‹ L'Urée Au Cours Des États FébrilesChapitre 7 sur 36 · RÉSUMÉ DU MÉTABOLISME DES ALBUMINOÏDES · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DU MÉTABOLISME DES ALBUMINOÏDES

. L'urée, découverte en 1772 par ROUELLE LE JEUNE, qui l’appelait extrait savonneux de l’urine, fut baptisée en 1779 par Fourcroy, qui étudia ses propriétés et sa transformation en ammoniaque. | : C’est la diamide carbonique, dont la formule est

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Elle a été obtenue synthétiquement par WoœuLer, en 1828.

Depuis ce temps, l’urée a fait l'objet d'innombrables travaux, tant au point de vue de sa formation dans l’organisme sain, que des altérations que peut subir l'uréopoïèse dans certaines affections.

Les sources de l’urée. — Digestion des albuminoïdes

L’urée, éliminée par le rein, est formée, dans le foie surtout et dans tous les tissus, aux dépens des matières protéiques, endogènes et exogènes.

La première de ces deux sources ne donne que des quantités très restreintes d’urée : il s’agit de la désassimilation -azotée, sur place, des albumines tissulaires.

Au contraire, les albuminoïdes venus de l’extérieur, en même temps qu'ils servent à l'édification des nouvelles albumines du sujet — absorbées qu'ils sont sous forme d'acides aminés — produisent la plus grosse partie de l'urée de l'organisme, suivant un processus que nous rappelons ci-dessous :

Les matières albuminoïdes de l’organisme proviennent des substances de même mature, que contiennent les aliments d’origine végétale aussi bien qu’animale.

Ces substances, introduites dans le tube digestif, y subissent des modifications profondes : il en résulte une masse de débris, albumoses, peptones, acides aminés, etc., et c'est en réalité avec ces débris que les cellules de l'intestin et celles du foie reconstruisent lés albuminoïdes du sang; avec ces dernières, les cellules des différents tissus et organes, à leur tour, refont leurs albumines spécifiques.

Quelle que soit la quantité de matières albuminoïdes fournies à l'organisme par l'alimentation, l’excrétion azotée qui mesure la destruction de ces matières est égale, entre des limites déterminées, mais très larges, à l'apport d’azote.

De là est sortie une des lois fondamentales de la nutrition : la loi de l’équilibre azoté; l'organisme sain proportionne toujours sa désassimilation azotée à l'importance de l’apport alimentaire en azote, ;

Si l’apport azoté est supérieur à la consommation de l'organisme, le surplus ne sera pas emmagasiné:; la désas-

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similation azotée s’élèvera et l'épargne se fera en faveur des graisses de la ration, dont une quantité correspondante sera emmagasinée.

La destruction des albuminoïdes ne s'arrêtera que quand les organes digestifs seront impuissants à en décomposer la masse entière qu'ils ont reçue; l'intestin se refuse, en

effet, à digérer plus de 200 grammes d’albumine. D'autre part, si on ajoute à une ration suffisante un surplus d'aliments ternaires, la quantité de l'azote total diminue. s

Formation des albuminoïdes du sang, aux dépens des produits de la protéolyse digestive

Une fois désagrégés dans le tube digestif, tous les débris provenant des matières protéiques sont employés à la reconstruction des albuminoïdes propres à l'organisme, où s'effectuera cette désintégration.

La preuve en a été successivement fournie pour les albumoses, pour les peptones et pour un certain nombre d’acides aminés :

Les albumoses pures, ainsi que les peptones du commerce (qui sont des mélanges d’albumoses et de peptones), ingérés, peuvent suffire à la ration azotée; ces substances, qui, au cours de la digestion, disparaissent de la cavité intestinale, ne se retrouvent pas dans le sang; injectées dans les vaisseaux, elles sont toxiques. Il est donc nécessaire d'admettre que par l’action d'un ferment connu : l’érepsine, la désintégration des matériaux protéiques se poursuit, dans la muqueuse, au delà du stade peptone et

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aboutit à la formation d'acides aminés; la proportion des albumoses directement assimilés est très restreinte.

C’est au niveau de la paroi gastro-intestinale que s’effectue la réédification de la molécule nouvelle du sang, mais nous ignorons la nature des modifications chimiques par lesquelles les tissus tirent leurs propres substances protéiques des albumines du sang,

Les déchets des matières protéiques

Les démolitions successives que subit la molécule d’albumine (poids moléculaire 6.000) dans l'organisme sont telles qu’elles aboutissent à des corps qui, comme l’urée, ont un poids moléculaire de 60. On peut dire que la nutrition est d'autant plus parfaite que l’albumine a été plus complètement transformée en urée.

Nous n’entrerons pas ici dans la longue énumération des produits de désassimilation des matières protéiques. Disons seulement qu'on peut les diviser en deux séries.

11 — Les composés azotés ou sulfurés; IT. Les composés non azotés.

Tandis que les premiers s’éliminent par les reins, les seconds finissent par donner de l'acide carbonique et de l’eau, évacués par voie pulmonaire.

Quant au mécanisme de cette désintégration, il semble bien que la majeure partie des albuminoïdes se détruit dans les tissus par simple hydratation, comme in vitro.

Bref, les protéiques sont dédoublés en acides mono et diaminés, qui subissent sur place la désamidation avec

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production d'ammoniaque, dont la plus grande partie est transformée ensuite en urée.

Telles sont les modifications que subit la molécule d’albuminoïde depuis son ingestion. jusqu’à l'intimité des tissus. |

Voyons maintenant quel est le mode de fabrication de la plus grande partie de l’urée dans le foie.

Tout d’abord, voyons comment on a démontré que le : foie est le lieu de formation de l’urée.

Dès 1870, DE Cxonw, en faisant passer à plusieurs reprises du sang défibriné à travers le foie séparé du corps avait vu que ce sang devenait de plus en plus riche.en urée et que le chiffre de cette dernière, d’abord de 0,08 par litre, montait à 0,17 après quatre passages, alors que la même expérience, exécutée avec d’autres organes, ne donne aucun résultat.

La suppression de la fonction hépatique, par ligature des vaisseaux de l'organe, diminue la quantité d’urée des urines, au contraire l’extirpation des reins: amène une accumulation d’urée dans le sang, puisque cette substance ne peut plus s’éliminer; or ce phénomène ne se reproduit plus sion a précédemment lié les vaisseaux hépatiques ou extirpé le foie.

Dans l'insuffisance hépatique de l’homme, liée à l'hé-

patite intersticielle, à la cirrhose atrophique, au cancer, à la dégénérescence amyloïde ou à la dégénérescence grais- -seuse, la quantité d’urée des urines diminue toujours et souven®diminue beaucoup. Il est clair que ce phénomène doit varier suivant que la destruction du tissu hépatique est plus ou moins étendue.

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Mode de formation de l’urée dans le foie.

La question de savoir avec quelles substances et par quel processus le foie forme de l’urée est un problème étroitement lié à celui dû métabolisme des albuminoïdes.

L'urée se produit dans le foie aux dépens de plusieurs substances, mais d’abord et principalement aux dépens des acides aminés et de Fammoniaque qui en provient.

La décomposition des albuminoïdes de l'alimentation ou des tissus commence par un dédoublement hydrolytique qui scinde la molécule en fragments nombreux dont les principaux sont constitués par les acides aminés, tant monoaminés (leucine, tyrosine, alanine) que diaminés (lysine, arginine, histidine). C’est là la très grosse fraction des morceaux que donne le clivage de l’albumine.

Par quel mécanisme les acides aminés fournissent-ils de l’urée?

1° On a trouvé dans divers organes, et notamment dans le foie, des diastases qui séparent l’azote de l’acide aminé sous forme d’ammoniaque; cette désamidation dégage donc l'azote de l’amino-acide, qui devient dès lors un simple acide gras dont la destinée se confond avec celle des autres acides gras et des graisses. Quant à l’ammoniaque produite, elle va engendrer l’urée, soit que l’organisme l’unisse directement à de l'acide carbonique :

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