OBSERVATION XXI
(Nicorsky., Journal Akoucherstua i jenskich Boleznieï, t. XXVII, N° 4, avril 1912, p. 495-498. In Journal d'Urologie, 1912.)
Sur l'importance clinique de la duplicité des uretères.
Cas I. — Il s’agit d’une femme de 21 ans, qui présentait une fistule vésico-vaginale. Après plusieurs opérations, sans succès, on finit par implanter chez elle les deux uretères dans l'intestin. Mais à la suite de cette intervention, la malade se plaignit d'être toujours humide et d’être obligée de se garnir. On n’y attacha pas d'importance, pensant qu’il s’agissait de pertes blanches, Elle mourut quatre ans et demi après l’opération,
A l’autopsic, on constata une suppuration rénale et périrénale à droite, un uretère dilaté gros comme le petit doigt. A gauche, rein et uretères étaient sains ; mais en examinant la pièce de plus près, on reconnut de ce côté, l’existence d’un deuxième urétère qui naissait à la partie supérieure du rein par un bassinet isolé, descendait en dedans de l’autre uretère et s’arrêtait un peu avant d’atteindre la vessie, en se fusionnant en un seul tronc commun avec l’autre uretère. Il n'y avait qu’une seule ouverture vésicale pour ces deux uretères, à la place normale. Cet uretère supplémentaire explique fort bien pourquoi l'implantation des deux uretères dans l'intestin n’avait pas amené dé guérison radicale.
Cas II. — Il s’agit d’une femme qui était atteinte d’un cancer du col utérin déjà avancé et ayant envahi la vessie et le rectum. Elle fut opérée néanmoins. Il fallut enlever
l'utérus, la vessie, réséquer les deux uretères et le rectum. Quand il s’agit d’implanter les uretères dans l'intestin, on s’aperçut qu'à droite, il existait deux uretères, ce qui nécessita de ce côté une double implantation. Ici encore les ureières se réunissaient en un tronc commun, à 15 millimétres de la paroi vésicale, Les bassinets étaient distincts.