‹ L'Uretère BifideChapitre 4 sur 41 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

. La connaissance de l'anatomie et surtout de la pathologie de l’uretère est de date relativement récente. Ainsi que le faisait remarquer Delaboudinière, « l’impossibilité pour le médecin de reconnaître en clinique un organe profondément situé dans la cavité abdominale, et, pour le chirurgien, l’absence de toute indication opératoire sur ces canaux étroits et peu accessibles », ont fait pendant longtemps, reléguer à un second plan, un organe qui ne présentait alors qu’un bien minime intérêt.

Cependant, déjà, au cours des interventions: abdominales et surtout au cours de celles portant sur le petit bassin chez la femme, les occasions se. faisaient plus nombreuses où les chirurgiens trouvaient luretère sous la lame de leur bistouri. Par suite de la fréquence plus grande des opérations sur le rein, il fallut bien s’occuper du canal qui en émane et tenir compte de ses anomalies. Parmi elles, il en est une que d’après Spaletta, nous devons surtout connaître : c’est le dédoublement des uretères : «il faut, disait-il, que le chirurgien soit prévenu qu’au moment de former

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son pédicule, au cours d’une néphrectomie par exemple, il peut avoir plusieurs Vaisseaux ou plusieurs uretères à lier. »

L’audace des interventions chirurgicales croissant sans cesse, et les procédés d’exploration du rein et de la vessie se développant de plus en plus, il fut dès lors indispensable, pour le succès des opérations comme pour la certitude du diagnostic, de connaître cette malformation, tout autant que la disposition normale de l’uretère.

De nombreux travaux ont été faits qui traitent de la duplicité de cet organe. Mais, outre que c’est surtout le point de vue anatomique qui a été étudié par les auteurs, il est certain que presque tous les travaux produits, ont englobé dans une même étude et les cas de duplicité totale et les cas de duplicité partielle. Or, si plusieurs raisons, telle la ressemblance anatomique, militent en faveur de ce rapprochement, pour nous, qui voulons nous placer surtout au point de vue cEnique, il en est une qui nous fait établir entre ces deux formes une distinction complète: c'est la différence que chacune présente au point de vue du diagnostic.

Aussi bien, dans ce travail, n ‘entreprendrons-nous l'étude que d’une seule anomalie, la plus déroutante pour le clinicien et peut-être la plus fréquente : : Ka bifidité de l’uretère. Il nous semble, en effet, que de toutes les malformations de cet organe, c’en est une particulièrement importante et difficile, parce que presque inaccessible aux moyens d'investigation courants et à laquelle on ne pense pas. Et de fait, lors-

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que, par exemple, avec l’aide de la cystoscopie, on s'apprête à cathétériser un uretère, rien n'est là pour avertir, si derrière l’unique orifice vésical, il n’y a pas, à partir d’une hauteur variable, un double uretère et un rein fonctionnellement double. En présence dé deux orifices vésicaux, au contraire, la difficulté n'est pas semblable et le diagnostic bien plus aisé.

Nous ne nous occuperons donc, ici, que des uretères bifides — et nous comprenons sous ce terme, tous ceux qui, dédoublés sur une partie ou la presque totalité de leur trajet, présentent cependant ces deux conditions : un seul rein d’où partent les deux branches uretérales, un orifice unique d’abouchement dans la vessie.

Nous remercions, ici, M. le Professeur Rochet et M. le Professeur Agrégé Thévenot, qui ont bien voulu pous communiquer deux observations personnelles. C’est sur leur conseil que nous avons entrepris.ce travail d'ensemble sur les uretères bifides, afin que, connaissant leur anatomie, il soit possible, par les particularités cliniques que leur présence entraîne, de poser leur diagnostic, et de faire des interventions chirurgicales plus économiques et d’une gravité bien diminuée.

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