CHAPITRE PREMIER
Notions embryologiques.
Le développement normal de l’embryon et des différents organes du système urinaire, va nous permettre de donner une explication rationnelle de la formation de la bifidité de l’uretère.
Nous savons que le pli uro-génital se trouve situé de chaque côté de la notocorde, dans le fond de Ja cavité pleuro-péritonéale de l'embryon; c’est dans l'épaisseur de ce pli que se trouve le canal de Wolff, ayant l’aspect d’un long tube, naissant du mésoderme. Ce canal est formé: dans sa partie la plus cranienne, par les canalicules du pronéphros, qui après s'être recourbés caudalement, s’unissent entre eux; en arrière de ce point, par l'accroissement propre de la partie déjà formée, ou avec la participation à cet accroissement de la lame moyenne du mésoderme. Enfin, son extrémité caudale s’unit à l’ectoderme, qui participe à son allongement. C’est ce canal de Wolff qui
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va représenter ‘presque en totalité le rein primitif ou corps de Wolff, d’où dérivera le rein définitif. -D'autre part, sur la partie caudale du canal de Wolff, un peu au-dessus du cloaque, se forme un diverticule canaliculaire « qui s’allonge cranialement et vient enfoncer son extrémité aveugle, dans le tissu néphrogène formé par la partie caudale du mésonéphros ». Ce diverticule, c’est l’ébauche de l’uretère, et son extrémité aveugle, c’est le futur bassinet. Nous voyons, un peu plus tard, cette extrémité bourgeonner activement et donner un certain nombre de générations successives de branches, qui constituent les canaux collecteurs de l'urine, sur lesquels viennent se greffer secondairement les .canalicules sécréteurs. L'union entre les deux systèmes n’est donc pas primitive, mais bien secondaire.
Nous allons, pour expliquer la formation des deux branches uretérales, donner les deux hypothèses qui nous paraissent les plus logiques au point de vue embryologique. Delaboudinière, dans sa thèse, nous propose la théorie du double bourgeonnement. Si au lieu d’un seul diverticule naissant du canal de Wolff vers le cloaque pour aller rejoindre le parenchyme du rein, nous en avons deux, ils vont cheminer côte à côte, séparés seulement par une cloison. À un moment donné, cette cloison va se résorber et les deux uretères vont se trouver réunis en un seul dans leur portion terminale : nous avons l’uretère bifide. La division basse de l’uretère s’expliquerait par le fait que la résorption commence toujours par l’extrémité distale.
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Haushatter et Jacques de Nancy font intervenir le bourgeonnement du pinceau de calices qui termine lPuretère. Nous avons vu que le bourgeonnement uretéral s’épanouit en plusieurs branches, qui donneront le bassinet, les calices et les tubes ramifiés. Si cette division se fait prématurément on aura, suivant le degré, une bifurcation plus ou moins profonde.
Quoi qu’il en soit, il est une particularité de la bifurcation des uretères que ni l’évolution embryologique, ni l’anatomie comparée, ne nous permettent pour le moment d'expliquer : c'est la division en 4.
Il n’en existe d’ailleurs que 3 observations dans toute la littérature : ce sont celles de Kapsammer, de Rümpel et de Mirabeau. Et encore, nous dit Papin, ne sont-elles pas données avec toutes les garanties suffisantes. |
C’est pourquoi, jusqu’à plus ample informé, nous ne ferons pas mention de cette anomalie.