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STIGMATES URETERAUX APRES LES GROSSESSES NORMALES

L'influence de la grossesse sur l’appareil urinaire est un + phénomène constant, précoce, bilatéral.

Il s’agit de modifications de la sensibilité, de la tonicité et de la motricité, destinées à adapter l'appareil excréteur à de nouvelles conditions, modifications qui radiologiquement se traduisent par une dilatation sus-jacente à une compression.

En dehors même des grosses dilatations faciles à constater, il existe toujours des stigmates post-gravidiques caractéristiques et qui sont les suivants :

1. — L'urelère lombaire est dilaté en fuseau à maximum inférieur ou encore simplement élargi par rapport à un uretère normal. C’est la modification la plus nette et la plus constante.

2. Au détroit supérieur, se trouve assez souvent un rétrécissement marginal au point où l’uretère atteint et croise le pédicule iliaque, principal point de stase.

3. — L’ureière pelvien, est dans la moitié des cas légèrement dilaté et sinueux, dans la moitié des cas, normal.

Dans 17 cas une légère coudure à l’union du 1/3 supérieur et du 1/3 moyen est interprétée par CONTIADÈS comme le soulèvement par l’utérine.

On voit que les lésions sus-décrites bien que peu considérables et nécessitant un examen attentif du cliché, n’en sort pas moins caractéristiques et quasi constantes. Si parfois, elles sont minimes, voire unilatérales seulement, il est absolument exceplionnel que l’uretère soit en tous points normal et superposable à un uretère de nullipare. CONTIADÈS au cours de son étude n’en a pas observé. M. CHEVAssu étudiant cent

Fic. 3 Fic. 4 Stigmates gravidiques banaux. Uretère 1 mois 1/2 après l’ac- Uretère d’une femme qui a eu couchement. Après une grossesse 2 grossesses sans complications compliquée de pyélonéphrite.

infectieuses connues.

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clichés de femmes ayant eu des grossesses n’en a trouvé qu'un seul absolument normal, qu’il a montré à l’Académie de Chirurgie.

Nous n’en avons personnellement observé qu’un cas..

Ces déformations sont donc quasi constantes : phénomènes normaux, physiologiques, et non séquelles d’aucun y insistent avec énergie. Sans doute, mais néanmoins stigmates définitifs, tout comme les vergetures sur la paroi abdominale.

Pour en illustrer l’intérêt épisodique une observation déjà publiée prend la valeur d’une anecdote : une jeune malade qui niait tout passé génital, a été contrainte devant la conviction de M. CHEVASSU, examinant son U.P.R. de lui avouer une grossesse antérieure. Si la science humaine n’est pas infaillible, elle peut au moins en imposer !

2. — SEQUELLES POST-GRAVIDIQUES DANS LES CAS DE GROSSESSES COMPLIQUEES D'INFECTION URINAIRE

La complication habituelle est la pyélonéphrite gravidique. Mais à côté des pyélonéphrites graves et bruyantes, réduites plus ou moins aisément par traitement médical, ou par cathétérisme, on sait combien les manifestations subaiguës sont fréquentes : colibacilluries isolées (Roger PETIT), état d’infection latente du syndrome entéro-rénal. La pathogénie de la colibacillose est connue et l’on conçoit le rôle favorisant de la stase urinaire pour l'infection. On sait enfin la possibilité d'infections complètement apyrétiques.

C’est là une grosse cause d'erreur dans le diagnostic étiologique, en particulier avec les salpingites.

Quel est l'avenir de lappareil uretéro-pyélique chez ces femmes infeciées ? Il est très réservé. Les lésions n'ont pas tendance à régresser comme on le croit classiquement, au contraire. CONTIADÈS pratiquant des U.P.R suc-

cessives sur les mêmes malades a établi une sorte de tableau de pronostic — Si l’on examine l’uretère précocement après la grossesse

et qu’on observe la régression rapide des signes de di-

latation, le pronostic est bon. Malheureusement c’est

l'éventualité la moins fréquente et dans les formes graves avec fièvre prolongée, dans lesquelles plusieurs lavages du bassinet ont dû être faits, il n’y à aucune tendance à la régression et la lésion se stabilise.

— Si l’on examine l’uretère plus tardivement : 3 ou 4 mois après :

— Dans les cas légers : on observe une régression considérable.

— Dans les autres : il persiste une déformation importante annonçant le passage à la chronicité, et des récidives graves, qui peuvent s’observer parfois des années après, indépendemment de toute grossesse.

Conclusions pratiques

On voit la nécessité de connaître l’état de l’appareil urinaire de telles malades, et de ne pas attribuer un état d’asthénie, avec douleurs lombaires vagues, ou un mauvais état général à une autre cause. Cette malade en outre, pourra se trouver en présence du chirurgien. Il ne devra pas passer à côté d’une source aussi nette de complications post-opératoires. On a insisté encore récemment sur le rôle du colibacille dans la génèse de certaines complications infectieuses très graves à type de péritonite, après les hystérectomies les plus simples pratiquées dans des conditions d’asepsie parfaite. Si alerté par l’interrogatoire, on pratiquait chez de telles malades, une U.P.R. parmi les examens pré-opératoires, et qu’on se trouvait en présence de ces dilatations énormes, contrastant avec le calibre étroit du segment uretéral opératoire, on remettrait certainement

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Uretère 3 mois après l’accouchement. Après une grossesse compliquée de pyélonéphrite sèvère.

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l'intervention et l’on pratiquerait un examen bactériologique, parfois des lavages du bassinet ou un cathétérisme et surtout on injecterait le sérum anticolibacillaire.

Mais à côté des pyélonéphrites à colibacilles, il y a aussi les pyélonéphrites à autres germes et de BEAUFOND y a insisté avec raison. Les infections de l’appareil génital infectent souvent plus ou moins l’appareil urinaire, et il est logique que pendant la grossesse à la faveur d’un état de moindre résistance, et d’une excrélion urinaire troublée, elles puissent se réveiller. Une malade peut présenter sur ses uretères des stigmates d'infection gravidique coexistant avec une infection génitale. Cette coexistence n’est pas rare dans la pratique de chaque jour. L’indication thérapeutique est délicate car dans le premier cas la cause est ancienne et le traitement médical difficile, dans le deuxième cas il existe une cause actuelle contre laquelle il est possible d’agir.

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