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INTRODUCTION

Toute affection qui lèse l’uretère peut entraîner une insuffisance rénale grave ou même la mort du rein.

Au cours de la pratique gynécologique, on doit attacher aux symptômes urinaires une ättention extrême, et mettre en œuvre tous les moyens dont on dispose pour en apprécier la gravité.

L’irritation ou la compression de l’uretère par les lésions des organes génitaux de la femme entraîne sa dilatation et ensuite celle du rein sus-jacent. Cette dilatation progressive est une lésion si fréquente chez la femme, qu’elle mérite de prendre place dans la Gynécologie.

Du point de vue clinique, les malades urinaires sont souvent examinées en gynécologie, et inversement la salle des femmes des services d’urologie est souvent encombrée de malades gynécologiques. Dans beaucoup de cas, l’association des signes urinaires et des signes gynécologiques est si complexe, qu’il est difficile d’établir une cloison étanche entre les deux spécialités. Il est donc logique qu’ainsi qu’il existe déjà dans certains services français ou étrangers, un service d’exploration urologique soit annexé à tous les services de gynécologie.

Du point de vue thérapeutique, les interventions portant sur l'appareil génital, agissent souvent sur l’appareil urinaire, soit immédiatement, soi tardivement. Des discussions sur les risques opératoires ont souvent animé les sociétés savantes et l’uretère et son comportement ont pris place dans la chirurgie générale.

Si l’on excepte les malformations congénitales et les affec-

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tions intrinsèques de l’uretère (lithiase ou infection AScentane te) presque toute la pathologie urétérale est faite de lésions d'ordre gynécologique. et

On peut dire que dans la physiologie uretérale, tout a Le essayé du point de vue expérimental. Peu d'organes aussi simples anatomiquement ont bénéficié d'autant de travaux expérimentaux : en France, en Amérique, en Allemagne, au Japon, en Italie, et plus récemment en Roumanie. Nous reviendrons plus loin sur les conclusions de chacun.

Ce sont les grands progrès réalisés ces dernières années

. dans la compréhension pathogénique des hydronéphroses qui justifient et causent le travail suivani.

Si l’on analyse méthodiquement les travaux physiologiques entrepris sur l’uretère depuis dix ans, on constate que des notions de base sont établies, et que divergent seulement les facons de les interpréter. D’une façon générale, si l'opinion a subi diverses fluctuations l’ensemble des expériences a donné les mêmes résultats.

Les lois physiologiques qui peu à peu sont sorties de ces

travaux sur l’uretère ont secondairement perdu toute spéci-

ficité uretérale, et se confondent maintenant avec les lois de la physiologie générale. L’uretére est constamment assimilable au cœur, ou à l'intestin dans sa physiologie. Après avoir cherché à isoler une physiologie uretérale, et. une pathologie uretérale autonomes, on en est arrivé à rendre la physiologie de l’uretère absolument inséparable de la sécrétion rénale et de la physiologie vésicale. D'autre part, la pathologie uretérale est inséparable de la pathologie générale ou génitale.

On peut donc dire que l’on est arrivé au stade où il faut plutôt tirer des conclusions qu'émettre des hypothèses. C’est pourquoi notre Maître le Professeur CHEVASSU, qui dans l’ordre de la physio-pathologie uretérale a soulevé toutes les questions, et émis il y a des années des hypothèses qui se vérifient toutes actuellement, nous a conseillé de faire avec précision le point sur toutes les questions uretérales en une étude d'ensemble, ce qui est certes plus travail de bénédictin que de novateur, mails qui néanmoins peut être œuvre utile.

Il nous a paru en effet que la pathologie uretérale est toujours envisagée de façon segmentaire et disséminée. Certains n’ont étudié l’uretère que physiologiquement, certains ont étudié le traitement chirurgical des blessures opératoires, chacun apportant sa pierre à l’édifice, et des faits multiples se groupant dans différents domaines.

Notre travail a consisté, répétons-le à rappeler et résumer les conclusions des travaux les plus récents c’est-à-dire à faire le point sur ce qui est connu, en y ajoutant nos observations personnelles dirigées depuis deux ans sur ce sujet, et notre opinion fondée sur l’étude de centaines d’uretéro-pyélographies rétrogrades, à présenter d’autre part pour chaque éventualité, le résultat de nos explorations urologiques. Ces observations et ces opinions ne sont que l’ébauche de l’étude plus approfondie et surtout plus prolongée que nous nous proposons de faire. Il nous a donc été impossible d’apporter du nouveau sur chaque chapitre, nous nous en excusons, la tâche était trop grande mais nos conclusions générales ne semblent pas devoir se modifier lorsque nous continuerons l’étude des chapitres négligés.

Moyens d'étude de l'uretère en gynécologie

Nous avons employé pendant deux ans les « moyens d’étude » suivants :

1. — Examen de l’appareil urinaire de femmes présentant des affections gynécologiques connues.

2. — Pratique d’une ou plusieurs uretérographies chez le plus grand nombre d’entre elles.

3. — Examen de centaines d’uretéro-pyélographies correspondant à des observations d’affections gynécologiques opérées ou non.

4 — Etude de la volumétrie et de la pression au cours des uretéro-pyélographies rétrogrades.

5 — Dissection des uretères de cadavres après interventions gynécologiques.

6 — Recherche et examen des uretères au cours des interventions pratiquées : |

— soit par nous-même,

— soit par ceux que nous aidons.

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Image d’uretère normal, chez une femme jeune et nullipare. Uretéropyélographie rétrograde avec la sonde bouchon. (Cliché Dr. Moret.)

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