‹ L'uretere retro-caveChapitre 75 sur 75 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

JL — En quelques années, la fréquence de l'uretère rétro-cave a paru quadrüpler parce que l'attention des chirurgiens s'est portée sur cette malfaçon de l'uretère, autrefois du domaine exclusif des anatomistes et des embryologistes. C'est que l'uretère rétro-cave est une affection clinique autant qu'une anomalie anatomique, plus méconnue que vraiment rare.

Il. — L'anomalie consiste en un encerclement de la veine cave par l'uretère droit qui descend le long du bord externe de la veine, croise sa face postérieure, son bord interne puis sa face antérieure pour se placer en dehors d'elle. Cette anomalie n'existe pratiquement qu'à droite. ’

L'étude embryologique montre qu'elle est due à une anomalie du développement de l'appareil vasculaire et non du système urinaire, ce qui explique qu'en cas de veine cave bilatérale, l'uretère peut être rétro-cave à gauche (anomalie exceptionnelle). Cette étude met aussi en évidence l'intérêt et la fréquence des malformations associées des veines rétro-péritonéales.

III — L'anomalie peut donner lieu, lentement et progressi- - vement, à une obstruction de la partie supérieure de l'uretère droit ; sa constitution semble favorisée par la ptose associée du rein droit, et chez la femme par le rôle de la gravidité.

IV. — Sur le plan clinique, l'affection revêt deux grands types de forme : | | \

a) les formes urologiques que traduisent les douleurs, les hématuries et les signes de cystite ;

b) les formes aberrantes, vésiculaires, appendiculaires, rhumatismales, dont le diagnostic est fait plus tardivement.

V. — Seule, la radiologie permet d'affirmer le diagnostic. L'urographie permet de reconnaître le type particulier de l'hydro-urétéronéphrose intéressant le 1/3 supérieur de l'uretère, la déformation en boucle ou en J inversé dirigé vers la ligne médiane, l'absence d'injection du 1/3 moyen de l'uretère lombaire. L'ürétéro-pyélographie rétrograde qui dessine le 1/3 moyen de l'uretère et montre son déplacement en dedans, vers la ligne médiane, confirme le diagnostic.

Le signe pathognomonique n'est obtenu qu'avec des incidences

particulières : -urétéro-pyélographie de profil, montrant le trajet

anormalement antérieur de l’uretère lombaire, et surtout en oblique, sur lesquelles on constate que l'uretère vient buter contre le rachis lombaire et que, sous quelque incidence que ce soit, il est impossible de dissocier l'ombre de l’uretère de celle du corps vertébral.

VI. — Aussi, le diagnostic de l'uretère rétro-cave se fait-il en plusieurs temps : découvrir la maladie urinaire sous un masque trompeur, en particulier digestif ; reconnaître le type particulier de la dilatation, et la déformation de l’uretère à l’urographie, ce qui fait soupçonner le diagnostic : enfin, affirmer le trajet rétro-cave grâce à des urétéro-pyélographies en différentes positions.

VII. — Le traitement doit être conservateur ; il faut faire, si c'est possible, une urétéroplastie : section de l'uretère, décroisement, et anastomose des deux bouts en bonne position.

La néphrectomie ne sera faite que rarement ; un diagnostic de plus en plus précoce doit en restreindre encore les indications.

"Vue: Doyéen:: e Vu, le Président de Thèse BINET PEN Vu et Permis d'imprimer, le Recteur de l’Académie de Paris :

SARRAILH

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