FAITS CLINIQUES
Obs. 1. — Le 23 octobre 1916 entrait dans le service Civiale, Madame T. âgée de 26 ans. De bonne santé habituelle elle avait été prise de cystite en mars 1916.
Cette cystite de plus en plus douloureuse s'était aggra-
vée sans cesse, au point qu’au bout de 6 mois la malade urinait toutes les 15 ou 20 minutes le jour, et la nuit devait dormir sur un bassin. Quelques petites hématuries avaient entrecoupé cette évolution.
L'examen physique ne décèle rien de spécial.
La division d’urine est absolument caractéristique : le rein droit présente un déficit fonctionnel considérable :
0,15 d’urée contre 1,45 à gauche.
0,27 de chlorures contre 1,62 à gauche,
A droite, urine légèrement purulente etun peu décolorée, à gauche leucocytes assez nombreux.
A la suite de la néphrectomie, la cystite mest guère modifiée, persistant jour et nuit intense. L’on donne des pilules de bleu ; l’on pratique une série d’instillations de bleu de méthylène et d'huile goménolée.
Ce traitement obtient une amélioration progressive et lorsque, au bout de 6 mois la malade quitte leservice,
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elle est arrivée à conserver ses urines une heure. Une fistule lombaire persiste, elle mettra 15 mois à se fermer.
En 1918, des hématuries apparaissent durant 6 semaines, nécessitant ‘Phospitalisation. Le traitement local est sans cesse poursuivi car la cystite persiste.
En 1921 s’installe la lithiase vésicale. Chaque semaine, pour ainsi dire, un calcul est expulsé au milieu de douleurs très vives. La cystite est dès lors très intense ; la malade, obligée de travailler, porte une pothe pour recueillir ses urineset dort sur un bassin,
Ainsi 3 années passent.
- Le 24 décembre 1923 retour dans le service pour une quinzaine, avec cystite très intense, miction toutes les 5-10 minutes ; les urines troubles à l’émission s’éclaircissent par l’acide acétique. L'on constate l'évacuation de graviers et on pratique une lithotritie.
Huit jours après la malade rend à nouveau des calculs. À l'égard de cystite, une série d’instillations de nitrate d'argent ne donne aucun résultat.
En février 1924 la cystoscopie montre une plaque de cystite incrustée dans la région du trigone, avec formations calculeuses. Un curettage vésical est effectué après dilatation de l’urètre et rachianesthésie.
Jusqu'en mai la situation demeure toujours aussi lamentable. La cystographie montre une vessie toute petite, l’uretère gauche forcé et dilaté en totalité, à contour sinueux, le bassinet demeurant normal.
A l’examen fonctionnel et bactériologique le rein parait bon et indemne de tuberculose.
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On propose l’urétérostomie cutanée. Opération Je 31 mai 1924.
Le résultat est immédiat : le calme vésical sans qu’il soit besoin d’ajouter un traitement local.
Suites opératoires sans aucun incident.
Peu après la sortie, une pleurésie survient, entraînant pendant plusieurs mois une situation grave.
A la fin de 1925 la malade peut Fe REEQURS son travail. '
Près de 4 ans se sont maintenant écoulés, depuis que Purétérostomie a été faite.
L'état général est satisfaisant ; il n'y a plus eu un seul jour de ténesme vésical, depuis que la dérivation fonctionne.
A l’examen aucune sensibilité rénale, la cathétérisme urétéral n’évacue aucun liquide résiduel, la ra du bassinet est de 14 cc.
Les urines depuis 6 mois nt devenues un peu troubles. A l’examen histo-bactériologique : sang abondant, pus abondant, celluies rénales, quelques bactéries genre streptocoque.
Une sonde de Nélaton n° 16 calibre en permanence la partie inférieure de l’uretère.
L’urine tombe en goutte à goutte à peu près continu. A de rares moments le débit se précipite, cette évacuation étant suivie d’une pause de quelques secondes.
Le taux d’urée sanguine est de 0,32 sans que la malade observe un régime spécial.
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