TA ONE
Depuis le travail de Phélip, nous savons que là ne doivent pas se borner les indications de cette opération.
Dans un chapitre spécial, cet auteur montre qu'il existe une autre catégorie Je strictures de l’urèthre, pour lesquelles l'incision de dehors en dedans doit être regardée comme une méthode de choix.
Il arrive souvent qu’un malade atteint de rétrécissement à recours au médecin, bien qu'aucune complication ne se soit produite; il vide sa vessie mais avec peine, il éprouve des douleurs au niveau de l’hypogastre et trouve son état moins brillant que jadis. D’un autre côté, le cathétérisme est mal supporté et difficile ; possible à certains moments, d’autres fois il lasse la patience de l'opérateur. Certes, on ne peut pas dire qu’on est alors en présence d’un rétrécissement impossible à franchir; néanmoins, pour faire de la bonne thérapeutique, il faut encore recourir à l’incision externe. Ces personnes sont, en effet, sous le coup de complications possibles prêtes à survenir ; atteintes déjà de cystite chronique, la néphrite les guette, le moindre excès peut déterminer de la rétention; dans ces conditions, n'y a-t-il pas avantage à s’auresser à la section de la stricture comme étant le principal moyen curatif, le plus efficace ? Cette conduite serait très rationnelle. D’abord le cathétérisme difficile, quelquefois impraticable, est mal toléré par le canal, il est suivi d'accidents fébriles; on serait donc bien mal venu de choisir la dilatation lente comme méthode de traitement; il ne faut pas oublier que l'introduction de la sonde, dans des cas analogues, a été suivie d'accidents très graves; de plus, ces malades à nutrition languissante sont bien disposés à profiter de la plus légère faute d’asepsie pour faire de la cystite aiguë, et on ne peut pas répondre alors des complications rénales. Chez ces rétrécis, il ne faudra donc pas recourir à la dilatation, car non seulement le cathétérisme fera souffrir ie malade, mais il pourrait être la cause d'accidents sérieux. À la rigueur, on pourrait
Le De demander à l’incision interne de satisfaire à la principale indication : assurer une large issue à l'urine ; mais, le plus souvent, on a affaire à de vieux rétrécissements presque toujours d'origine traumatique, le périnée est garni de tissus indurés, il est quelquefois le siège de trajets fistuleux, aussi préfère-t-on à bon droit la section de dehors en dedans; seule elle permettra d’exciser ces tissus indurés qui constituent de gros blocs enserrant l’urèthre, lui-même transformé en un tissu fibreux très résistant. Je suis convaincu que si les rétrécis présentant un tableau symptomatique analogue à celui que je viens de tracer étaient soumis à la section externe, beaucoup d’entre eux ne seraient pas plus tard porteurs des lésions rénales auxquelles ils devront un jour succomber. Si, en effet, même dans les cas d’accidents du côté du rein, l’uréthrotomie externe a des avantages, elle est impuissante à faire disparaître entièrement des lésions déjà anciennes; si elles sont plus récentes, elle les fera rétrograder ou les enrayera. Il ne faudra donc pas temporiser pendant un trop long temps, on devra s'opposer par l'opération à l’envahissement possible du rein. Je ne puis mieux faire, pour clore ce paragraphe, que de reproduire ces paroles de Phélip : « En face d'un rétrécissement difficile à franchir, il ne suffit pas de passer, il faut passer en temps opportun » (Obs. 1v).