OBSERVATIONS
Un des principaux motifs de ce travail étant de montrer combien i estutile de ne laisser la sonde à demeure que pendant peu de temps, il m’a paru utile de grouper ici toutes les observations recueillies dans le service de M. Tédenat. Les réflexions qui suivent l’observation proprement dite sont destinées à mettre en lumière les enseignements qui se dégagent de chacune d'elles.
PREMIÈRE OBSERVATION. (Personnelle. Inédite.)
Service de M. le professeur TÉDENAT. — Salle Bouisson, n° 24.
Fracture du bassin (pubis) accompaguée de rupture de l’urèthre. — Uréthrotomie externe secondaire 7 semaines après l'accident — Impossibilité de maintenir le canal dilaté à cause de la déviation du canal. — Nouveaux accidents et nouvelle uréthrotomie, — Le bout postérieur ne peut être retrouvé. — Cathétérisme rétrograde. — Sonde à demeure 7 jours. — Suite des plus simples. — Guérison complète rapide.
Le nommé Pierre V..., journalier, domicilié à M..., entre à l'hôpital le 8 septembre 1889.
C’est un homme de ?8 ans, bien constitué, sans tare physiologique, pas de maladie antérieure importante. Pas de blennorrhagie,
Le 7 septembre 1889, il a été pris par un éboulement et comprimé entre un talus et un mur écroulé ; ce n'est qu'après une heure de travail qu'il put être dégagé ; mais il ne peut marcher, éprouve de violentes douleurs dans le bassin, le lendemain il est porté à l'hôpital.
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‘Le malade n’a pas uriné depuis la veille ; on constate une fracture du bassin et notamment une fracture portant sur la branche verticale du pubis gauche ; les esquilles osseuses ont guillotiné. déchiré l’urèthre; tumeur périnéale du volume d’une noix; comme la miction, le cathétérisme ne peut être pratiqué d'emblée ; après quelques hésitations, une sonde peut enfin être introduite dans la vessie et permettre l'évacuation d’urines très rouges, sanguinolentes ; l’urèthre recouvre en partie sa perméabilité.
Le 1f, cathétérisme impossible, on n'insiste pas pour y réussir ; on constate la formation d'abcès urineux siégeant à la partie interne et supérieure de la cuisse gauche ; en relevant la cuisse et comprimant l’abcès, le malade parvient à le vider petit à petit par la voie uréthrale. — Le 23 octobre, l'abcès urineux se perce spontanément, et l'urine s'échappe par ce nouveau trajet; il ne passe plus une goutte d'urine par la verge. — Les urines de ce malade sont normales ; aussi, bien que les tissus soient restés longtemps en contact avec l'urine, depuis le commencement de l'infiltration remontant au {1 septembre, on n’a remarqué aucun des signes de l’intoxication urineuse; jusqu’au 5 octobre, les urines étaient encore un peu rouges, elles sont de coloration normale depuis cette date.
En somme, au moment où M. le professeur Tédenat prend le service, l’état général du malade n’est pas mauvais : les mouvements sont très douloureux par suite de la fracture du bassin ; le malade urine par son trajet organisé aujourd'hui. — Le cathétérisme est impossible, la sonde vient buter contre un fragment du pubis.
Traitement intérieur : Tous Les jours 3 cachets contenant : naphtol 05,30, sulfate de quinine, 08',10.
30 octobre. Le malade a été purgé hier. — Ce matin, uréthrotomie externe. — Anesthésie chloroformique, précédée d’une injection de Oer,01 d'atropomorphine : après l’incision et la dissection des couches du périnée, le bout postérieur de l’urèthre est trouvé avec assez de facilité (urèthr. sans conducteur) ; par le bout postérieur on introduit dans la vessie une sonde en caoutchouc dont le bout antérieur, enfoncé sur le bec du cathéter, est retiré avec ce dernier et ramené en dehors du méat. — Lavages boriqués, poudre d'iodoforme, tampon mollet de gaze iodoformée.
31. Le ma'ade se trouve bien, pas de fièvre, pas de vomissements ; l'urine s'écoule en partie par la sonde fixée aux poils du pubis, en
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partie par la plaie périnéale. — Faire tous les jours un lavage de la vessie et de la plaie périnéale avec de l’eau créolinée.
11 novembre. Jusqu'à ce jour, rien de particulier n’est survenu, la sonde ne fonctionne plus aujourd’hui, elle est probablement obstruée par des mucosités, un peu de muco-pus entre la sonde et le méat. — La sonde, enlevée pour être nettoyée, ne peut plus être replacée ; à la suite des nombreuses tentatives du cathétérisme pratiquées ce matin, le malade éprouve dans l'après-midi un frisson d’une violence considérable. — On a administré { gram. de sulfate de quinine.
12. La fièvre est complètement tombée ce matin, le malade éprouve seulement un peu de lassitude. — Bien que la sonde soit enlevée, on continue les lavages créolinés de la vessie, en introduisant la canule de l’injecteur dans l'extrémité supérieure du canal. Le liquide ressort assez propre, presque entièrement par la verge.