ARR ES
OBSERVATION 1V (Personnelle. Inédite.)
Service de M. le professeur Tébenar (Blessés payants).
Rupture de l'urèthre (cas léger); néanmoins formation rapide d'un rétrécissement, masses indurées du périnée; accidents de cystite, de fièvre urineuse, mictions fréquentes ; uréthrotomie externe sur conducteur. — Sonde à demeure pendant 4 jours. — Guérison parfaite très rapide sans accidents d'aucune sorte.
Le nommé Pierre M..., domicilié à S... (Hérault), entre dans le service le 23 mai 1890.
C’est un homme de 45 ans, de bonue constitution, qui a toujours joui d'une santé excellente. Il entre à l'hôpital pour un rétrécissement de l’urèthre. — Blennorrhagie légère il y a environ quinze ans, elle disparut rapidement après quelques injections. Cette première affection paraît n'avoir laissé aucune infirmité, et on ne peut guère lui rattacher le rétrécissement actuel survenu après un accident.
Le 25 novembre 1889, le malade est tombé à califourchon sur l’arête d'une pierre taillée : au moment de la chute la douleur n’a pas été très violente, mais aussitôt 1l s’est fait par l’urèthre une hémorrhagie abondante sans que le malade se livrât à la miction ; au bout d'une heure, l'hémorrhagie s'arrête. Le lendemain, la miction donne issue à quelques caillots contenus dans l’urèthre, le malade urine alors assez facilement et sans douleur. — Au moment de l'accident il se trouvait à Saint-Pons (Hérault).Trois jours après, il repart pour - S...,la miction se fait bien, mais après la miction il y a un peu de sang. Petit à petit il se forme un rétrécissement qui s'accentue, et vers la fin de janvier le malade va à Béziers consulter le D' A... qui pratique le cathétérisme et propose l’uréthrotomie, qui n’est pas acceptée. Pendant deux mois, c’est-à-dire jusqu'à fin mars, on essaye la dilatation progressive, mais sans obtenir de grands résultats; le cathétérisme ne pouvait pas même toujours être pratiqué, pendant ce traitement les urines sont devenues purulentes,
Dans le courant d'avril, quelques frissons de fièvre urémique surviennent ; jusqu'à aujourd'hui le malade en a eu six, ils durent une heure environ.
Depuis l'accident, le malade à toujours uriné plus souvent que normalement; actueilement, il urine environ vingt fois le jour, dix
NU de
fois la nuit. — Les urines contiennent un nuage de mucus suspendu dans la masse liquide. Pas de dépôt appréciable au fond du vase.
Depuis le 26 mai, le malade prend tous les jours : Salol 18", 50: quinine 08,80. — En trois cachets.
29. On passe dans le canal une bougie filiforme. — Thé au rhum.
Ce malade prendra illico un purgatif: Sulfate de soude 30 gram.; chlorure de sodium 10 gram.
On pratiquera demain une uréthrotomie externe.
30. Uréthrotomie externe. — Lavage périnéal, savon, sublimé, alcool. — Introduction d’une bougie fine, sur laquelle on visse une bougie de Le Fort. — Incision périnéale. — Dissection des tissus, lèvres de la plaie retirées de chaque côté avec un fil. — On arrive sur la sonde de Le Fort. La bougie fine n’avait pas pénétré dans la vessie, mais s'était repliée dans une dilatation ampullaire du canal due aux cathétérismes précédents.— On introduit la bougie fine dans la vessie par le bout postérieur de l’urèthre, et par elle une bougie de Le Fort. — On enlève des masses du tissu fibreux cicatriciel, en tout la valeur d’une noix; incision de la paroi postérieure du canal avec un bistouri boutonné sur une, étendue de 0%,02. — Introduction par le bout postérieur d'une sonde en gomme n° 16 ramenée au méat sur le bec du cathéter. — Lavage boriqué de la vessie. — Fixation de la sonde aux poils du pubis. — Lavages, pansement iodoformé; gaze, ouate.
31. Le malade a un peu souffert dans la nuit, mais est bien ce matin; la sonde fonctionne peu, la plus grande partie des urines s'écoule par la plaie périnéale. — Continuer salol et quinine. — Pouls 50 (pouls normalement lent chez ce malade). — Lavages créolinés dela vessie.
1er juin. Bon état, pas de frissons, pas de fièvre. — Javages créolinés de la vessie. — On fait tous les jours un ou deux lavages de la plaie périnéale, qui a bonne apparence.
3. Le malade ne souffre pas, il prénd du bouillon et du lait avec plaisir, pas le moindre malaise.
Le ventre est légèrement tendu. — Donner demain matin un verre d’eau de Janos.
4. La sonde a été enlevée hier, le malade n’urine que Far la plaie périnéale .