Urine toujours par la plaie. — Première séance de bougies
SAONE
Béniqué employées après flambage et enduites de vaseline iodoformée. N° 36, 38, 39, 40 (Thé au rhum).
6. Le malade n’a pas été fatigué à la suite du cathétérisme, qui n'a pas été douloureux. :
7. La miction commence à se faire par la verge, mais en petite quantité. à
9. La quantité d’urines émises par la verge augmente, mais encore la plaie en laisse passer une faible quantité. Béniqué n° 35, 38, 40, 44, 46.
10. Les urines passent en totalité par la verge, elles sont claires;
le malade prend trois cachets de salol et quinine. — Lavages quotidiens de la plaie périnéale, qui a très bel aspect et se rétrécit déjà sensiblement. — Béniqué n° 45, 47, 50.
16. N° 48, 50, 52, 53. — Le cathétérisme est très bien supporté. Le malade n’a pas eu le moindre accident depuis son uréthrotomie. Aujourd'hui la plaie périnéale est presque entièrement cicatrisée, sauf sur une petite surface ovalaire longue de 08',01. Le malade commence à se lever. — Tous les deux ou trois jours, pratiquer encore le cathétérisme avec les Béniqué de 45 à 50.
20. Le malade est complètement guéri, il sort de l'hôpital. Il continuera à pratiquer le cathétérisme tous les huit jours avec une sonde en gomme n° 16.
Remarques .— On avait affaire à un rétrécissement étroit,dur ; le périnée contenait des masses calleuses, des accidents de cystite, de fièvre urineuse, existaient, aussi M. Tédenat n’a-t-il pas hésité à recourir à la section externe sans s’attarder à d’autres moyens. Quand on a lu cette observation, étant donnée la simplicité des suites post-opératoires, on ne peut s'empêcher de trouver cette conduite des plus justifiables.
L'état du périnée a pu être modifié considérablement ; l'écoulement large assuré à l'urine, aidé des lavages de la vessie, est facilement venu à bout des accidents de cystite et, résuliat réellement surprenant qui prouve l'immense avantage de la sonde
laissée peu de temps, dès le dixième jour toutes les urines passent par le méat, il ne s’est pas produit le moindre accident ; au quinzième jour le malade est levé et sa plaie est à peu près complètement cicatrisée. La sonde était restée à demeure seulement pendant quatre jours.
OBSERVATION v (Personnelle. — Inédite).
Service de M. le professeur TÉpenar (Blessés payants). Rétrécissement blennorrhagique siégeant au niveau du cul-de-sac bulbaire et
rétrécissement pénien cicatriciel. — Uréthrotomie externe. — Sonde à demeure 4 jours. — Guérison très rapide.
Le nommé J. B..., domicilié à P... (Pyrénées-Orientales), entre dans le service le 17 janvier 1890.
C'est un homme âgé de 28 ans, d’assez bonne constitution générale, qui entre à l’hôpital pour une affection de l’urèthre,
Avant les accidents déterminés par une blennorrhagie qui remonte à dix ans, le malade n'avait jamais rien présenté d'anormal du côté des organes génito-urinaires, ou même au point de vue de sa santé générale.
En 1880, il contracte la blennorrhagie ; au bout de trois semaines, il se croit guéri, mais trois mois après apparaît une nouvelle poussée aiguë qui resta rebelle à tout traitement. Au bout de six mois, pendant lesquels divers moyens ont été essayés, le malade est soigné par Fournier. Comme traitement, on lui fait trois instillations de nitrate d'argent tous les jours, et à l’intérieur il prenait une solution de bicarbonate de soude à 5 °/,,, un litre par vingt-quatre heures. Au bout d'un mois de ce traitement scrupuleusement observé, le résultat fut nul. C'est alors que le malade remarque que le jet d'urine commence à diminuer un peu de volume, mais il ne s’en inquiète guère. B... passe alors en Algérie, il séjourne deux ans à Oran, sa goutte militaire persistant toujours ; pas d'accidents à signaler, pas de douleur ; le malade supporte son mal et ne se soigne pas ; le rétrécissement avait progressé, mais fort lentement.
En 1885, notre malade va au Tonkin, et en 1886, trois mois avant de rentrer en France, il contracte un chancre phagédénique qui débute dans le méat et finit par détruire la totalité du gland. Au bout
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de six mois de traitement avec iodoforme, lavages au sublimé, cautérisations, il finit par guérir ; l'extrémité de la verge est alors recouverte par le prépuce, qui est adhérent avec les tissus qu'il recouvre ; la miction est alors douloureuse et difficile ; au rétrécissement blennorrhagique rétro-bulbaire a dû s'ajouter un rétrécissement pénien cicatriciel.
En 1888, la imiction devient de plus eu plus difficile ; on fait alors une incision du prépuce, qui recouvre ce qui constitue l'extrémité de la verge, et le malade arriva à se cathétériser lui-même ; il passa tous les jours le n° 14 avec une bongie en gomme ; il avait commencé avec de très fines bougies.
Actuellement, le cathétérisme est très difficile: c'est en vain que M. Tédenat essaye de le pratiquer à diverses reprises ; même avec les bougies les plus fines, on ne peut dépasser un rétrécissement qui siège à 7 ou 8 centim. au-dessous du méat, et, après quatre jours de tentatives infructueuses, l’uréthrotomie interne, qu'on voulait pratiquer, est remplacée par l’uréthrotomie externe.
‘ 23. Uréthrotomie externe sans conducteur après anesthésie chloroformique.
Une sonde en caoutchouc rouge est laissée à demeure.
24. L'état général du malade est très bon, a dormi la nuit, ne souffre pas. L’urine passe en partie par la sonde, quelques gouttes par la plaie périnéale.
27. La sonde est enlevée, ce matin, à 10 heures ; apyrexie complète depuis l'opération.
31. Première séance de bougies Béniqué: M. Cannac passe successivement les n°° 30, 32, 34, et continuera tous les deux jours.
6 février. On atteint les n°° 42, 44, mais à chaque nouveau cathétérisme le rétrécissement pénien n'admet d’abord que trois ou quatre numéros au-dessous du dernier introduit à la séance précédente. Cependant le cathétérisme est facile, bien supporté, et ne détermine pas d'accident ; il ne passe plus une goutte d'urine par le périnée.
15. La plaie est entièrement cicatrisée ; le malade a appris à se passer des bougies Béniqué, et continuera à les introduire, comme cela lui a été indiqué ; il sort très satisfait de son état.
Remarques. — Dans cette observation, c’est encore la simplicité des suites post-opératoires qui est le plus remarquable ;