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OBSERVATION XII

Service de M. le professeur TÉDENar.

Rétrécissement blennorrhagique. — Uréthrotomie interne. — Récidive. — Fistules uréthro-périnéales. — Uréthrotomie externe. — Guérison rapide.

Paul D..., 28 ans, alcoolique, athéromateux. Première blennorrhagie à 16 ans, violente et de longue durée; depuis cette époque, blennorrhée chronique avec de fréquentes poussées aiguës.

À 24 ans, rétrécissement étroit indilatable qui rendit nécessaire l’uréthrotomie interne. Le malade passa des bougies tous les huit ou dix jours. Néanmoins, peu à peu le rétrécissement se reproduisit.

A 26 ans, abcès périnéal suivi de la formation de trois trajets fistuleux voisins du raphé. Presque toute l'urine passe par les fistules.

Le malade a progressivement perdu l’appétit, digère mal, a des frissons fréquents et est affaibli, amaigri.

Il est impossible d'introduire la plus fine bougie dans le rétrécissement qui siège à la région bulbaire. M. Tédenat met le malade au régime du lait, des frictions sèches sur tout le corps. — Sulfate de quinine, 0',50 par jour.

Après huit jours de ce traitement, l'uréthrotomie externe est pratiquée (3 juin 1887).

Pas d’anesthésie générale. Introduction d’un cathéter jusqu’au rétrécissement. Incision sur le cathéter. Malgré l'épaisseur du tissu

induré, lardacé, le bout postérieur est assez facilement trouvé. Incision et excision partielle du rétrécissement, débridement des trajets

fistuleux, qui sont curetés.

Sonde 20 à demeure pendant deux jours. Cathétérisme tous les jours avec les bougies de Béniqué. Le sixième jour, toute l’urine sort par l'urèthre ; le quinzième jour, la cicatrisation est complète. Il n y a eu aucun accident fébrile, grâce aux lavages antiseptiques faits quotidiennement et au poudrage iodoformé.

L'état général s'est rapidement amélioré, et, depuis, le malade urine fort bien et jouit d'une excellente santé (novembref1890).

Remarques.— Ge qui ressort le plus clairement de cette observation, c’est que dès qu'un rétrécissement est difficile ou impossible à franchir, il ne faut pas trop s'attarder pour recourir à l'intervention sanglante. Ce malade est dans un état déjà grave quand il vient réclamer les soins de M. Tédenat, des accidents urémiques se sont produits déjà à diverses reprises, l’appétit est perdu, l’amaigrissement notable. Il est donc urgent d’agir; aussi on ne perd pas de temps dans de vains essais de cathétérisme, et dès qu’on est bien convaincu de l’imperméabilité du rétrécissement on a recours à l’incision externe.

Les heureux résultats de l'opérationne se sont pas fait attendre; la miction assurée, l’état général s’est rapidement amélioré. Bien que l’état du périnée fût très mauvais et qu’on ait été obligé d’exciser des blocs fibreux, de cureter, la guérison n'en a pas moins été prompte, comme le prouve l’observation ; la sonde laissée trois jours, l'urine s’écoulait par le canal au sixième, et la guérison était complète au quinzième.

J'aurais voulu, en terminant ce chapitre, prendre la moyenne du temps nécessaire pour obtenir la guérison complète quand on laisse la sonde pendant des semaines et quelquefois jusqu’ à deux mois; mais, dans les observations nombreuses publiées par Grégory, je n'ai pas toujours trouvé des indications précises sur la durée du séjour de la sonde. L'élément le plus important

me manquait donc pour mener à bonne fin cette entreprise; aussi ne me serait-il possible que de citer des cas isolés dans lesquels le séjour de la sonde a déterminé des accidents et nécessité un temps considérable avantla guérison complète. C’est ainsi qu’elle n'a été obtenue que soixante-quinze jours, deux mois, huit mois après l'intervention. Monod dit que la cicatrisation complète n’est guère obtenue qu'après le deuxième ou le troisième mois etencore persiste-t-il souvent un trajet fistuleux; Ollier, qui laisse aussi la sonde à demeure pendant autant de temps qu’elle peut être supportée, a sans doute de bons résultats, mais la guérison opératoire est longue à obtenir (Voir les observations placées à la fin de la Thèse de Phélip). ‘

M. Tédenat, comme on l’a vu, d’après les observations qui précèdent, grâce à son antisepsie et au court séjour de la sonde, échappe à toutes les complications et obtient une guérison complète avec une rapidité surprenante, comme on peut en juger d’après le tableau d'ensemble suivant :

Obs. I. Cath. rétrogr. (après uréthrotomie). Sonde 7 jours, guér. compl. 19e Jour.

IT. U. V. (fistule de la rég. prostat.). 4 jours, — 7 semain. ILE U. E. — 9 jours, — 35e jour.

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