INTRODUCTION
Le prêt à intérèt interdit par l'Eglise, le bras séculier mis au service de ses décrets, le pouvoir royal et le pouvoir religieux s’alliant étroitement pour prohiber l'usure, celleci abandonnée à des Juifs et à des étrangers de mauvais renom, telle est la thèse généralement admise par les auteurs.
Nous croyons que l'examen de quelques textes fera ressortir une réalité un peu différente : l'Eglise, par la voix de ses Pères et de ses Conciles condamnait en effet le prêt à intérêt, l'usure (1), comme on disait alors, mais le roi, tout en proclamant le but chrétien de ses prohibitions n'avait en vue que ses intérêts fiscaux : s'étant saisi du droit d'interdire et de réprimer l'usure, il accordait des privilèges à qui les lui achetait, aussi bien à des chrétiens qu'à des Juifs ou à des Lombards. Et si Juifs et Lombards paraissent jouir d’un quasi monopole, c'est que le roi retirait d'eux un bénéfice plus fort, leur richesse permettant de les taxer plus lourdement, et leur qualité d'étrangers ne les garantissant pas contre des expulsions fructueuses,
(1) « Usura est ubi amplius requiritur quam datur », dit un capitulaire se 806. Boretius. Capitularia R. F. T. I, p. 132. « Usuras autem intelligimus quiquid est ultra sortem » dit l'ordonnance de 1254, $ 33, Isambert, Anciennes
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