I. — LES DROITS D'ENTRÉE
Pour entrer dans le royaume, les uns et les autres payaient d'abord une forte somme : en 1198, les Juifs obtinrent de rentrer en France grâce aux sommes considérables qu'ils offrirent, et que la gène de l'Etat fit accepter : le roi soutenait la guerre contre les Anglais et les Flamands (3). Louis X, en 1315, reçut des Juifs 122.500 livres, comme droit d'entrée (4).
L'ordonnance de 1360 octroie de si grands privilèges aux
(1) Etablissement de Louis le Hutin, 1315. Ordonn., T. L., p. 595. — Mêmes dispositions 1206, 1218, 1318.
(2) Privilèges à un Lombard, 1406. Ordonn., T. IX, 131. — Mêmes dispositions : 1378, 1380, 1382, 1429.
(3) Leber. Collection. Notice sur les juifs, T. LI, p. 398. (4) Leber, loc. cit., p. 408. Beugnot : Les Juifs d'Occident, p. 10z,
Juifs « pour certaines sommes de deniers que ils nous devront et seront tenus de payer à l'entrée » (1). Ces droits étaient de 14 florins de Florence de bon poids pour chaque chef de famille et sa femme, et de un florin de Florence et deux gros tournois vieux pour chaque enfant ou domestique (2). Six Lombards reçoivent privilèges d'usure à Mouson, en payant « presentement à nos amez et feaulx tresoriers, Où au changeur de nostre trésor pour nous, la somme de huit cens francs d’or, cette foiz tant seulement » (3).
Quatre Lombards pourront trafiquer à Noyon : ils « paieront presentement d'entrée à notre Trésor à Paris, la somme de cinq cens francs d'or » (4). À Mouson encore, d'autres Lombards en 1406 payent, pour s'établir, un droit de deux cent cinquante livres (5).