‹ L'ut dieze bouffonerie en un acteChapitre 21 sur 27 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

• FLANPANNÉ, entrant par la première porte de droite. — - H porte un sac d’argent qu’il pose sur la table *.

Ah ! parfait I superbe ! (chantant.)

Oh ! oh ! oh!

Qu’il est doDc beau!

Le beau, le superbe Othello!

Le beau, le sup... .

(s’interrompant.) Vous êtes éblouissant sous ce costume!..

JEAN BERNIQUE

C’est pas étonnant... j’ai le soleil par devant, çt la lune... de

l'autre côté, (il se tourne.)

FLANPANNÉ, s’apercevant qu’il mange.

Ab! ciel ! que faites-vous donc là?..

JEAN BERNIQUE

Vous voyez... je mange des œufs.

FLANPANNÉ.

Durs?... quand j’avais recommandé qu’on vous les donnât crus !..

JEAN BERNIQUE

Oui; mais moi j’aime mieux ceux-là, que j’ai trouvés dans le bufFet... avec un restant de salade.

FLANPANNÉ.

Malheureux ! (il lui retire son pain et ses ceufs, qu’il pose sur la table.

JEAN BERNIQUE, effrayé.

Ils sont empoisonnés ?

FLANPANNÉ.

Eh! non! mais il n’en faut pas davantage pour vous faire faire des couacs.

jean bernique.

Des couacs !.. quoi qu’ c'est?

FLANPANNÉ.

Allons ! en voilà assez, commençons !

jean bernique.

Quoi ?

FLANPANNÉ. »

Vivement, attaquez!..

Que j’attaque ?

FLANPANNÉ.

Eh bien, oui ! le fameux ut dièze.

JEAN BERNIQUE

Encore l'ut dièze!.. (Dégainant.) Où qu’il est, que j’en finisse avec lui... y a trop longtemps qu’il m’embête! (n brandit son

sabre.)

* Joan. Flan.

l’üt dièze

FLANPANNÉ.

Voyons, voyons !... cessons de plaisanter... et donncz-le-moi.

JEAN BERNIQUE

Que je vous le donne! Mais je ne l’ai pas, sapristi! je ne l'ai pas I

FLANPANNÉ , taori de lui.

Ah ! tu recommences !.. Tu veux me pousser à bout !

Mais puisque je vous dis...

FLANPANNÉ.

Il me fera remonter mon lombago, c’est sûr !.. (a Jean Bernique.) Assez de tergiversations! (prenant tea piitoieta.) Entame, ou je lire !..

JEAN BERNIQUE

Ne lâchez pas le chien!... nom d’un chien!... ne le lâchez pas !...

FLANPANNÉ.

Alors, chante, (il remet ses pistolets sur la table.)

JEAN BERNIQUE, très-étonné.

Que je?... Comment, que je chante?... C’est ça que vous voulez?...

FLANPANNÉ.

Belle question !.. n’est-ce pas pour cela que je t’ai fait enlever ?

JEAN BERNIQUE

Ah bah ! et moi qui croyais... (a part.) C’est donc pas un chef de brigands?..

FLANPANNÉ.

Eh bien ! voyons, cet ut dièze ?

JEAN BERNIQUE, k part.

Ah ! je comprends, l’ut dièze, c’est une chanson qui s’appelle comme ça!

FLANPANNÉ, trépignant.

J’attends !..

JEAN BERNIQUE, k part.

Mais je ne la sais pas, c’te chanson-là !

FLANPANNÉ.

Chanteras-tu?

JEAN BERNIQUE

Mais certainement, que je vous chanterai tout ce que vous voudrez... que je suis le plus crâne chanteur que vous avez jamais entendu.

FLANPANNÉ.

Parbleu ! je le sais bien !

JEAN BERNIQUE, à part.

Même qu’il y a un chanteur d’opéra qui était venu prendre du lait d'anesse à la ferme, et qui nren serinait du matin au soir. (Haut.) Mais... est-ce que si, au lieu de l’ut dièze, je vous chantais autre chose?...

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