ELITE
CGFEMERRRE IV
Symptomatologie en dehors de la grossesse.
Formes cliniques.
Dans une statistique personnelle portant sur 17 cas d’utérus doubles opérés depuis 5 ans, Seliga relève 15 femmes mariées, et presque la moitié accusaient de la frigidité sexuelle. Deux d’entre-elles étaient venues se plaindre de stérilité après quelques années de mariage, quatre autres de difficultés dans les rapports sexuels, liées à une atrésie vaginale. Toutes se plaignaient de douleurs plus où moins accentuées avec recrudescence marquée pendant les périodes menstruelles.
La symptomatologie des utérus doubles unicervicaux en particulier est très variée, depuis ceux « qui n’ont pas d'histoire » () jusqu'aux formes compliquées de suppuration. Nous allons essayer de les grouper en quelques types caractéristiques qui ressortent des observations que nous avons lues.
Forme douloureuse simple.
I1 semble que la « dystrophie tissulaire » doive intervenir pour expliquer ces douleurs pelviennes qu’accusent les malades en dehors de tout autre trouble. Petit- Dutaillis (?) insiste sur cette « lésion connue ou supposable
(1) Srern. — Thèse de Paris, rgro-1911,p. 51. (2) Perrr-Durarzcis. — Gynécologie. Paris, 1925, p. 381.
EM
qui intéresserait directement ou indirectement le sympathique autonome de l’organe: dystrophie des plexus nerveux parenchymateux; aplasie vasculaire; absence de la couche musculaire plexiforme nécessaire à l’érection normale des capillaires de la muqueuse, qui peut manquer dans l’utérus demeuré infantile, manque chez les nouveaunés, chez les mammifères non menstruées; prédominance de l’élément fibreux sur l’élément musculaire de l’ensemble de l’organe et, par suite, atélectasie vasculaire, atrophie des glandes, etc., tout celà est à rechercher ou à confirmer. »
Les douleurs s’expliqueraient ainsi par un spasme, exagération de la réaction motrice normale.
Dans un cas de Leriche (‘), où les douleurs pelviennes avaient fait cesser tout travail, cet auteur, après opération, s’est demandé si les tiraillements de la bride vésico-rectale qui était implantée entre les deux fourches utérines n’étaient pas en cause.
Dans la même catégorie, mais à l’opposé des cas analogues au précédent, nous rangerions volontiers les utérus doubles sans histoire de Stern, qu’ils soient diagnostiqués ou non. Durant leur vie génitale, la majorité des femmes s’habituent en effet à ces douleurs pelviennes, qu’elles supportent le plus souvent sans consulter le médecin, et parmi elles se trouvent vraisemblablement les cas d’utérus doubles dont nous parlons.
Forme dysménorrhéique.
Les douleurs très pénibles, souvent unilatérales, survenant à chaque époque menstruelle, sont typiques. Elles ne rappellent en rien les caractères de la dysménorrhée habituelle par sténose du col, qui cesse après un accouchement (Gouilloud ?). Les douleurs ne sont pas davantage liées aux
(1) Lerice.— Utérus double unicervical douloureux; hystérectomie. Lyon Médical, 1912, p. 4o4.) (2) GouirLouD. — Thèse de Lyon, 1917.