MIO NT SE
annexes, et la fécondité de ces utérus en fait foi. Les règles sont irrégulières, le flot menstruel très variable; ces utérus rappellent les utérus bicornes douloureux sans hématométrie de Blanchard. Il existe en général une corne rudimentaire qui ne participe pas à la menstruation, mais subit une congestion avec développement vasculaire intense, et quelquefois une exhalation sanguine, ébauche d’hématométrie.
Cette congestion explique les douleurs cataméniales qui peuvent même persister quelques jours après les règles ; c'est quelquefois le prélude des douleurs permanentes des formes hématométriques.
Forme hématométrique (Obs. LI).
L’hématométrie est due à l'accumulation du sang menstruel dans une corne dont l’orifice est obturé ; le plus souvent il s’agit d’une corne accessoire où rudimentaire. - Comme nous l’avons déjà signalé, cette atrésie peut être congénitale ou acquise. Dans le premier cas, la menstruation s’établira d'emblée irrégulière et douloureuse. Lorsque l’atrésie est acquise, les accidents surviendront après une période normale de plus ou moins longue durée : 9 ans chez une malade de Gross, 17 chez une de Staude.
Quelquefois, c’est une corne en rétro au latéroversion qui est en cause; Houzel rapporte un cas où elle avait basculé complètement dans le cul-de-sac latéral gauche. L’observation IIT, de Guillemin (‘), en est un nouvel exemple. Les douleurs dues à la distension de la cavité par le sang, se produisent sous forme de crampes dans le bas-ventre et les aines, avec irradiations multiples principalement dans la région lombo-sacrée; elles sont spontanées mais réveillées par la pression abdominale.
En même temps l’écoulement menstruel est très diminué;
(1) Gurezemin. — Bull. de la Soc. d'Obs!. et Gyn., Paris, 1924, p. 397.
à l’époque des règles, l’abdomen est endolori, volumineux, la souffrance est plus vive.
L'apparition d’une fumeur est un symptôme essentiel de l’'hématométrie, Sa situation est le plus souvent latérale ; son volume augmentera à chaque époque menstruelle ; cependant, il arrive surtout au début que le sang se résorbe pendant les périodes intercalaires (thèse de Dodoz (), obs. XXID. À l’examen, on sentira une tuméfaction régulière, lisse, de consistance rénitente ou fluctuante quand son volume est assez important (obs. D). Ces hématomètres sont d’ailleurs moins volumineux que ceux des utérus du type II qui envahissent ordinairement la cavité cervicale correspondante. Le toucher pourra révéler la présence d’une cloison vaginale; la tumeur sera plus ou moins mobile, suivant les adhérences ; elle efface parfois le cul-de-sac correspondant. La trompe pourra elle-même être envahie et donner un hématosalpinx par suite du reflux sanguin à travers l’ostium uterinum ou d’une simple exhalation sanguine due à un phénomène de congestion sympathique. L’hématosalpinx constituera une tumeur secondaire, adjacente à la tumeur principale, plus ou moins mobile, bosselée, allongée en forme de boudin, souvent perceptible au toucher rectal.
Au cours de l’évolution de l’hématométrie, l’ouverture accidentelle du conduit ou le redressement de la corne atteinte, donnent lieu à des débâcles sanguines accompagnées de la cessation des douleurs (obs. III et V). Lorsque l’hématomètre est constitué, la température des malades n’est guère modifiée, mais l’état général est le plus souvent atteint (obs. 1). Les malades sont pâles, amaigries; lanorexie et la constipation sont la règle ; la fatigue augmente à chaque période cataméniale ; les crises douloureuses sont parfois si violentes qu’elles provoquent des gémissements et ne cèdent qu’à la morphine.
(1) Donoz. — L’utérus bicorne unicervical sans hématométrie. (Thèse de Bordeaux, 1920.)
CAD Le
L’atrésie de la membrane hymen, assez rare, donnera naissance à un hématocolpos; on trouve alors à l’examen une membrane hyménéale bombant nettement, saillante, lisse et rénitente, laissant deviner une collection sanguine.
Bien entendu, ces cas se signalent par une aménorrhée absolue et des crises douloureuses intolérables.
Complications.
A) Pyométrie (). — L'observation IV reproduit le cas publié par Âranow. La pyométrie peut être due à la propagation de linfection venue de la cavité intestinale par l'intermédiaire des adhérences; autrefois elle était souvent provoquée par les ponctions répétées et non aseptiques.
Lorsque la collection est fermée la tuméfaction augmente de volume, les douleurs sont exacerbées et s’accompagnent d'aménorrhée. L’état local n’est guère modifié par l’infection de la poche, mais les phénomènes généraux dominent la scène : courbatures, faiblesse, anorexie, fièvre à recrudescences.
Par contre lorsque la collection est ouverte, l’état général est moins touché; la souffrance est moindre, la fièvre peut être absente, mais les malades présentent des pertes purulentes. L'état local est tout différent (obs. IV) : la vulve et le vagin sont irrités, le col est tuméfié, et la pression donne issue, par son orifice externe, à un écoulement purulent.
Ajoutons que ces deux formes de pyométrie peuvent se succéder chez une même malade et donner l’un ou l’autre de ces tableaux cliniques suivant la période de l’examen.
B) Rupture. — Elle se produit én général dans les hématométries volumineuses. La perforation peut avoir lieu dans la moitié utérine saine, dans le vagin, l'intestin, ou encore dans le péritoine, protégé ordinairement par des adhérences. Enfin, Freund a signalé un cas d’ouverture
(1) Aunuserr. — Les pyométries dans les utérus doubles. (Thèse Bordeaux, 1924.)
PIE. GY. ee
spontanée à la paroi abdominale. Ces perforations s’accompagnent, suivant les cas, de phénomènes généraux d'intensité variable et pouvant aller jusqu’au collapsus.
Les ruptures d’hématosalpinx à parois toujours insuffisantes sont les plus dangereuses. Le contenu infecté inonde le péritoine et provoque souvent une péritonite mortelle. Gross a relevé six cas de mort après cet accident.
C) Accidents de compression. — L'augmentation de la tumeur utérine ou vaginale peut occasionner des troubles des fonctions vésicale et rectale ; la constipation devient opiniâtre avec ou sans ténesme; les envies d’uriner sont fréquentes et les mictions douloureuses (obs. I).
Nous signalerons en terminant que les utérus doubles ne paraissent pas avoir de prédisposition cancéreuse spéciale. Orthmann ('), en 1888, a rapporté un cas de cancer du col.
(1) ORrHMANN, — Soc. de Gyn. de Berlin, juin 1888, n° 24.