‹ L'Utilisation de l'Extrait amygdalien dans le Traitement des Hypertrophies des Amygdales et des Infections du CavumChapitre 13 sur 28 · ÉTUDE EXPÉRIMENTALE · texte numérisé non relu

ÉTUDE EXPÉRIMENTALE

L'innocuité de l'extrait amygdalien était donc suffisamment prouvée par les conclusions de ces travaux.

On était dès lors en droit de pratiquer une expérimentation clinique du produit sur l'homme.

Nous devons dire immédiatement que sous ce rapport, les résultats ne firent que corroborer ceux des épreuves expérimentales, et confirmer l’innocuité absolue de l'extrait amygdalien. Dans toutes nos observations,que l'extrait ait été administré soit à des enfants, soit à des adultes, soit à des individus sains et robustes, soit à des enfants malingres et chétifs, il fut très bien supporté et n’amena aucun accident d’intolérance, aucun trouble digestif ou d’un autre ordre. Dans une seule de nos observations (n° 17), nous avons vu le traitement être interrompu chez une fillette de six ans pour une poussée d’entérite intercurrente. Même dans ce cas particulier, il semble que l’extrait amygdalien n'était pas responsable de cet accident. L'enfant était

depuis longtemps sujet à ces poussées d’entérite. Le traitement fut interrompu par mesure de précaution.

D'ailleurs, comme le prouve l'observation, le traite-

a PAR

ment put être repris par la suite, sans incident d’aucune sorte.

Bien entendu, comme le montreront quelques-uns des cas que nous rapportons, chaque fois que nous nous sommes trouvés devant un état de suppuration grave à point de départ amygdalien,nous avons attendu la guérison pour administrer l'extrait.

On peut conclure que l'administration de l’extrait amygdalien est sans danger, que les contre-indications

sont à peu près inexistantes.

Nous avons essayé de classer nos observations en différentes catégories.

Dans un premier groupe, nous avons réuni les cas où le traitement opothérapique fut institué après une intervention sanglante dont les résultats se montrèrent insuffisants à une échéance plus ou moins longue.

. Un deuxième groupe réunit les cas où, guidés par les précédents résultats, nous avons administré l’extrait immédiatement après l’amygdalectomie.

En troisième lieu, nous groupons les quelques observations que nous ayions, où nous avons traité une hypertrophie amygdalienne uniquement par l'extrait, sans avoir recours, pour une raison ou pour une autre à l'intervention chirurgicale.

Enfin, nous terminons par la publication de cas bien particuliers qui sortent peut-être un peu du cadre

de notre étude, mais qui nous paraissent intéressants.

P. Devoucoux

au TOUR

OBsERvATION N° 1 (D' Merigot).

B... Andrée, 8 ans. 3

A subi, à l’âge de 4 ans, une première ablation des amygdales. Résultats actuellement nuls, puisqu'elle est revue le 8 février 1934 avec des amygdales hypertrophiques, et sujette à des angines rouges fréquentes, des. rhino-pharyngites tenaces récidivantes. L'état général est cependant assez satisfaisant.

Amygdalectomie pratiquée en avril 1934, qui s'avère bientôt nettement insuffisante, puisque l’état de l’enfant ne s'améliore pas et que, quelques mois plus tard, elle présente à nouveau angines et rhino-pharyngites.

Elle est alors soumise au traitement par l'extrait amygdalien, qui donne les meilleurs résultats, et au bout de un mois, l'enfant n’a plus présenté aucune infection locale. Les amygdales ont un aspect et une taille normale. Continuant le traitement pendant un mois l'enfant est arrivé à une guérison presque définitive.

B... Pierre, 7:ans.

Nous voyons l'enfant le 26 décembre 1934. Nous constatons l'existence de grosses amygdales, de végétations adénoïdes et d’une adénopathie assez nette. De plus, antécédents de rhumes, angines et bronchites. L'état général est médiocré : enfant malingre, sans appétit, toussant fréquemment.

Un examen radioscopique du thorax est pratiqué et

montre une adénopathie trachéo-bronchique discrète, que nous supposons être à point de départ rhino-pharyngé.

Après un traitement par le sirop de Ludin et par les vitamines, l’amygdalectomie est pratiquée en mars 1935, complétée par l’ablation des végétations adénoïdes, Cette intervention amène une amélioration nette mais non totale, et surtout passagère, puisque quelques mois plus tard, les amygdales ont repoussé, les végétations ont reparu ainsi que les accidents locaux.

On met le malade à l'extrait amygdalien. Les résultats sont bientôt très favorables. La guérison continue progressivement. L'enfant revu en janvier 1936, était en bonne santé, l’état général s'étant également beaucoup amélioré,

S... Emile, 7 ans.

Amygdales hypertrophiques avec rhumes, angines, laryngites habituelles.

On pratique l’ablation des amygdales le 1* février 1935. Résultats médiocres, et 6 moîs plus tard, les amygdales ont presque repris leur volume antérieur.

Les infections du cavum reparaissent également. On note, en outre, l'existence d’un ganglion jugal gauche.

L'enfant est soumis au traitement opothérapique, et en deux mois on obtient une amélioration considérable, Le traitement est constitué et la guérison totale obtenue. Le ganglion jugal a disparu. Nous notons ce point, sans vouloir affirmer le rôle de l’extrait dans cette disparition.

A... Serge, 5 ans.

L'enfant est examiné le 2 avril 1935, et on observe des amygdales hypertrophiées, enflammées, accompagnées de végétations adénoïdes. L’ablation est décidée, mais retardée du fait d’une infection générale du cavum : pharyngite granuleuse, rhinite, laryngite. Par ailleurs, l’état général est mauvais : adénopathies, enfant chétif et asthénique.

Un traitement local est institué, et un traitement général par le mercure et les vitamines.

Le 5 juin 1935, amygdalectomie à la pince de Ruaux, suivie d’adénoïdectomie. Tout d’abord, les résultats paraissent excellents, mais par la suite, on constate que amygdales et végétations ont tendance à repousser. On institue alors le traitement par l'extrait amygdalien, et les résultats répondent à notre attente : guérison locale par-

faite, et amélioration de l’état général.

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