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cluait à l'existence d’une sécrétion tonsillaire aidant au développement des différents tissus de l'organisme et principalement des tissus cartilagineux et osseux.
Rien ne subsiste aujourd’hui de ces théories et en 1916, Richard B. Faulkner, dans un article dont les conclusions visaient à restreindre le plus possible la pratique de l’ablation des amygdales, organes ayant leur importance, constatait la faillite de toutes ces théories et ne donnait à l’amygdale qu'un rôle purement mécanique.
Plus tard, différents auteurs étrangers reprennent cette idée d’une sécrétion interne des amvgdales et tentent diverses expériences.
Péjic en 1932, expérimente de la façon suivante : Il administre soit en injection, soit par voie digestive, un extrait tonsillaire à 28 rats, ceci pendant environ un mois.
Comparant les rats ainsi traités à des rats qui ont reçu au lieu de l'extrait, un poids égal de viande, il
constate que :
12 rats traités ont eu une croissance plus rapide ; 16 rats au contraire, une croissance moins rapide que les rats témoins.
Une autre expérience lui fait constater d’autre part, un léger retard dans la métamorphose de tétards élevés dans une eau additionnée d’un filtrat d’'amygdale.
En somme, aucune certitude dans ces résultats.
Jeskovic, à la même époque, fait des expériences
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d'un autre genre. Il recherche l'influence de l'extrait tonsillaire sur la formule leucocytaire.
Des formules sanguines sont faites chez des individus porteurs d'amygdales normales, sur d’autres porteurs d'amygdales hypertrophiques, sur d’autres enfin, ayant subi l’amygdalectomie. Les résultats montrèrent des formules à peu près identiques chez ces différents sujets, ou bien les variations observées ne s'adaptent pas, dans leurs modalités, aux différents groupes des sujets d'expérience.
Adoptant un autre mode d'expérimentation, et administrant par la bouche à des individus normaux son extrait tonsillaire, l’auteur obtient des résultats analogues dans leur incertitude : la formule varie peu, le changement ne reste pas le même au cours de tentatives différentes chez le même individu.
Finalement, la conclusion est la suivante : l'extrait amygdalien peut agir sur la formule leucocytaire, mais de façon inconstante. Tout au plus, la modification qu’il peut apporter parfois serait-elle une légère leucopénie à prédominance lymphocytaire.
Enfin, Podvinec, de Zagreb, nie à l’amygdale tout rôle de sécrétion interne quel qu'il soit, et insiste même sur son peu de valeur en tant qu'organe de défense contre les infections du cavum.
De tout ceci, nous tirerons les conclusions sui-
vantes :
— depuis longtemps déjà, on a fait sur l'extrait amygdalien des recherches surtout orientées
ALAN vers la découverte d’une sécrétion amygdalienne ayant un rôle au point de vue général ;
— rien ne subsiste actuellement des diverses théo-
ries échafaudées autour de ces travaux.
En somme, résultats négatifs.
Nous en tirerons cependant pour ‘notre cause un résultat positif : dans toutes les expériences ci-dessus, l'extrait amygdalien s’est révélé inoffensif pour les différents sujets auxquels il fut administré, soit en injec-
tion, soit par les voies digestives.
Nous voyons que toutes les recherches que nous avons relatées étaient dirigées vers la découverte d’une fonction amygdalienne ayant un rôle général. Mais aucun auteur n'avait expérimenté jusqu’à présent, une opothérapie de l’hypertrophie des amygdales.
Nous allons maintenant envisager les différents travaux accomplis sur ce sujet, et qui ne sont pas antérieurs à ces toutes dernières années.
C'est Sardou, de Nice, qui le premier a tenté et préconisé « l’'opothérapie de la région pharyngo-laryngée dans tous les cas pathologiques des organes qui y sont placés ». C’était le premier pas vers la méthode de traitement qui fait l’objet de cette thèse.
En janvier 1931, les D" Cuvier et Carrère, présentèrent à la Société de Médecine de Bordeaux, un rapport
HOT UE étayé par une liste d'observations recueillies pendant un an et demi d’expérimentation. Ce travail était destiné à faire connaître les résultats de «l'administration par voie buccale, à doses faibles et fractionnées, d’un extractif amygdalien dans les cas d’hypertrophie des amygdales ».
Le nombre d'observations probantes publiées à cette date par ces auteurs, leur permettait de conclure à l'efficacité certaine de cette nouvelle thérapeutique, et leur faisait préconiser cette méthode comme complément et adjuvant de l’ablation chirurgicale pouvant même dans certains cas suppléer à celles-ci.
S'inspirant de cette publication le D' René Celles de Bordeaux, poursuivait l’expérimentation de ce traitement, et publiait à son tour, en novembre 1936, une nouvelle liste de 69 observations soit personnelles, soit communiquées par des confrères, et qui permettaient, dans la grande majorité des cas, de conclure à la réelle efficacité et aux résultats très satisfaisants de l’opothérapie amygdalienne.
C'est aux D Cuvier, Carrère et Celles, que nous avons emprunté le sujet de cette thèse. Ce sont les travaux dont nous venons de parler qui nous ont incités à tenter nous-mêmes une expérimentation de cette méthode de traitement des hypertrophies des amygdales, étude que nous avons accomplie avec l'aide amicale du Dr Mérigot de Vierzon.
Nous sommes particulièrement heureux de leur témoigner ici notre reconnaissance pour l'approbation
qu’ils ont bien voulu donner à notre travail, et pour
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les directives et les éléments de toutes sortes qu'ils nous ont apportés en cette occasion.
Nous nous sommesservis pour notre expérimentation de la même préparation que celle qui avait servi dans tous les travaux dont nous venons de parler.
Avant d'envisager les différentes expériences ayant eu pour but de constater les modifications ou perturbations que l'extrait amygdalien pouvait occasionner dans l'organisme, et qui ont toutes conclu à l'innocuité du produit, il nous faut indiquer brièvement qu’elle est la préparation de celui-ci.
Les D's Cuvier et Carrère ont obtenu un premier extractif par dialyse lente de tissus amygdaliens hypertrophiés à l’aide d’une solution dont la composi-
tion est la suivante :
Eau chloroformée du Codex....... 0,50 AICOOL AVOIR SERRE NEEReL 0,45 EtheriSolinriques. eee 0,04 Liqueéur'desGraga ie 20 ee 0,01
Ce milieu où allaient macérer les tissus amygdaliens rendait presque inutile la précaution qui fut prise de débarrasser ces tissus après examen anatomo pathologique, de toutes leurs parties malades. Si bien que les examens microscopiques et une inoculation au lapin prouvèrent l’innocuité absolue de cette macération.
Celle-ci fut ensuite diluée au dixième, filtrée minutieusement et administrée par la bouche à la dose de [ à III gouttes par jour.
Puis, la préparation subit la modification suivante :
Pulpe d'amygdales animales... 625 gr.
Liquide de macération......... 300 COQ ARODON ESS UNE Et 200 PiRersulIUnque.s see MERE 50 Eatwchloroformée;..50..230:003 750
Après macération, on ajoute 1.700 gr. d'un liquide
de dilution ainsi composé :
On décante et on filtre, et on obtient l’extractif amyg-
dalien tel qu'il a servi aux différents essais thérapeutiques dont il fut l’objet.
Des expériences nombreuses furent au préalable effectuées dans le but d'apporter la preuve de l’absence totale de dangers que présente l'ingestion de ce produit.
Le D" J.-J. Bounhiol, assistant de Zoologie et Physiologie à la Faculté des Sciences de Bordeaux, expérimenta cette préparation sur l'animal.
Les sujets choisis furent deux jeunes chats de un mois environ, trois lapins de un mois et demi. Selon E: Retterer, les tonsilles sont bien développées chez ces animaux dès cet âge.
Il administra au ‘hat des doses presque égales à celles données à l’homme : I à II gouites par jour, pendant deux mois les lapins reçurent une dose beaucoup plus faible : un dixième de goutte pendant quatre
mois environ.
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On compara alors ces différents sujets à d’autres, de même race et même porlée, conservés comme témoins. Les premiers furent surveillés et examinés de très près, dans leur aspect extérieur, dans leur comportement et leur façon de vivre, et rien, à ce premier point de vue ne les différencia des animaux conservés comme témoins. Les fonctions digestives ne furent aucunement perturbées, aussi bien pour les sujets ayant reçu de fortes doses que pour ceux en ayant reçu de bien plus faibles. On ne nota qu’un léger retard de croissance chez les lapins sujets sur les lapins témoins. Encore faut-il préciser que le fait que ces derniers aient été privés du lait maternel entre certainement pour beaucoup dans ce résultat.
L'examen direct des tonsilles est presque impossible chez ces animaux vivants, étant donnée leur situation profonde et enchatonnée.
Les animaux furent ensuite sacrifiés et leur organisme soumis à l'examen anatomo-pathologique le plus sérieux. |
On examina le plus minutieusement, d’une part, les tonsilles, d'autre part, tout le reste de l’organisme, et cela comparativement avec les mêmes pièces prélevées sur un sujet témoin, cela après une préparation histologique très soignée.
Ni macroscopiquement ni microscopiquement il ne fut possible de relever la moindre altération des différents organes. L'aspect de l’épithélium des cryptes des tonsilles était rigoureusement normal « même
aspect géodé, infiltration leucocytaire analogue ».
On ne constata, par ailleurs, aucune anomalie dans les différents organes, qui furent retrouvés absolument semblables à ceux des sujets témoins. « Ni congestion, ni ectasie vasculaire, ni hyperplasie conjonctive, ni sclérose ». La conclusion du D' Bounhiol est la suivante : « En somme, l’ingestion d'extrait amygdalien hétérogène ne paraît provoquer ni manifestations objectives, ni modifications histologiques remarquables ».