‹ L'¿uvre complet de Rembrandt (volume 2)Chapitre 104 sur 151 · Le Charlatan · texte numérisé non relu

Le Charlatan

Très-petit morceau , gravé avec esprit et délicatesse, qui représente un charlatan dirigé vers la droite de l'estampe. 11 est coiffé d'un bonnet de mezzetin et porte un panier, d'où il a tiré un paquet de drogues qu'il montre de la main gauche ; sa main droite est placée sur sa hanche, et au-dessous pendent une gibecière et un sabre; ses genoux sont pliés. A ses pieds, on lit en grandes lettres : Rembrandt f. 1635.

Hauteur, 0,076 ; largeur, 0,036.

BARTSCH, 129. CLAUSSIN, 130. WILSON, 132.

Il a été fait de jolies copies de ces deux pièces, l'Aveugle et le Charlatan, et c'est justement parce que ces copies sont gravées avec beaucoup de talent qu'elles font bien ressortir la supériorité de Rembrandt dans les moindres choses. Ce grand maître paraît d'autant plus admirable qu'on le rapproche des hommes même fort habiles, qui ont été ses imitateurs ou ses copistes, tels que Novelli, Gumano, Sardi, Basan, Lebas, le capitaine BaiUie, Folkema, Vivarès et autres. A vrai dire, le sentiment si fin avec lequel sont gravées ces deux petites pièces, est impossible à imiter. Rembrandt les fit au commencement de sa carrière, en 1631 et 1635, c'est-à-dire à une époque où il finissait avec amour toutes ses peintures, et débutait comme graveur par des eaux-fortes légères, du travail le plus fin et quelquefois le plus précieux. Quoi de plus charmant que ce saltimbanque en habit de soie qui annonce son orviétan, la fraise au cou, l'épée au côté! Si l'on regardait cette petite figure avec un microscope, on serait tout surpris de la parlante vérité du personnage, de l'expression de la bouche et des yeux, de l'esprit ironique avec lequel ont été accusés les moindres détails de l'accoutrement, les taillades du pourpoint, les crevés de la manche, les tuyaux défaits de la collerette, et les damasquinures du sabre indispensable et la boîte aux élixirs. Mais V Aveugle jouant du violon est un morceau si finement

senti, que la délicatesse du travail par lequel sont rendus les haillons du pauvre diable et les moustaches de son chien griffon, le cèdent encore à rexcpiis sentiment qui a guidé la pointe du graveur.

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