Paysan à mi-corps^ les mains derrière le dos
Ce paysan est dirigé vers la droite, vu de profil , et il a les mains derrière le dos. Il porte sur la tête un bonnet de matelot , et il est vêtu d'un petit pourpoint; le fond est clair. La planche est presque carrée. 11 y en a quatre états;
Premier état. A l'eau -forte pure; les bords sont raboteux. Extrêmement rare.
Deuxième état. Les ombres qui, dans le premier état, étaient exprimées ( sauf la main ) par une simple taille très-libre, ont été renforcées par des entretailles et des contretailles, notamment sur le visage, le dos et le bras, et dans le bas du vêtement.
Troisième état. L'ombre, sur le derrière de l'homme, qui, dans les épreuves précédentes, n'était large que d'environ quatre millimètres, s'étend, dans celle-ci, jusqu'à la moitié de la cuisse, et se trouve large de plus de neuf millimètres. Le nez du paysan, qui est pointu dans les deux premières épreuves, est maintenant arrondi.
Quatrième état. La partie du cou qui était restée blanche, est couverte ici d'une taille simple et diagonale.
Hauteur, 0,058 ; largeur, 0,049.
BARTSCH, 135. CLAUSSIN, 135. WILSON, 136.
lOi. Le Joueur de Cartes.
Un homme vu à mi-corps et presque de face. Il est coiffé du bonnet ordinaire, c'est-à-dire du bonnet de mezzetin, et ses cheveux sont larges et plats. Il est appuyé sur une table et tient des cartes dans ses mains. Le fond est ombré dans toutes ses parties, mais il est plus chargé sur la droite, ainsi que derrière la tête du personnage et au-dessus, de manière à exprimer son ombre portée sur le mur. On lit avec peine au milieu de la gauche : Rembrandt /., et au-dessous, 1641.
Bartsch et Claussin n'ont connu qu'un seul état de cette planche. Wilson en a décrit deux ; il en existe réellement trois :
Premier état. A l'eau-forte pure. Les travaux du fond n'atteignent pas le bord supérieur de la planche et finissent irrégulièrement en laissant des places blanches. L'épreuve a peu d'effet ; mais elle est d'un joli ton gris.
Deuxième état. Les travaux qui exprimaient l'ombre portée ont été repris, fortifiés par de nouvelles tailles diagonales , et ils se terminent maintenant avec régularité, les places blanches ayant été couvertes.
Troisième état. Tout le fond est retravaillé, de manière que l'om.bre portée de la tète se confond dans l'obscurité générale. Ces travaux additionnels ne sont pas de la main de Rembrandt ( ni même peut-être ceux du second état ), ils ont été faits par un de ceux qui ont possédé la planche depuis sa mort, car le cuivre, qui existe encore, s'est trouvé dans le fonds de Basan en 1802, et ensuite dans celui de Jean.
Nota. Il y a des épreuves de cet état où on lit le nom de Watelet, qui est l'auteur de la retouche ; mais ce nom a été effacé.
Hauteur, 0,092 ; largeur, 0,083.
BARTSCH, 136. CLAUSSIN, 136. WILSON, 137.
Après cette jolie pièce, vient, dans le catalogue de Bartsch, le Vieillard à petite barbe et bâton. Ce morceau a été rejeté de l'œuvre par Glaussin et parWilson, qui ont jugé avec raison qu'il n'était pas convenable de l'attribuer à Rembrandt. En eifel, non-seulement on n'y trouve pas le sentiment de la forme qui jamais chez lui ne fait défaut, mais rien dans l'exécution ne rappelle les habitudes de sa pointe et le caractère de ses travaux. D'insignifiants zigzags, des tailles dont la marche n'est motivée par rien, y remplacent l'esprit du maître et ses indications toujours si sûres et si vives. Aussi avons-nous, comme Glaussin et Wilson, supprimé de l'œuvre de Rembrandt le Vieillard à petite barbe et bâton.