‹ L'¿uvre complet de Rembrandt (volume 2)Chapitre 115 sur 151 · Le Persan · texte numérisé non relu

Le Persan

C'est un vieillard à grande barbe, vu de face et en pied, et richement vêtu. Il est coiffé d'un bonnet fourré, surmonté d'une plume, et il porte un manteau court, dont les larges revers laissent voir une fine fourrure. Son justaucorps, ouvert dans le haut, est garni d'une frange dans le bas, et serré par une ceinture; sur sa poitrine pend une médaille attachée à un ruban. Sa culotte est serrée au genou par un nœud qui retombe en forme de glands. Sa main droite, qui tient une canne et qui est gantée, sort de dessous son manteau; l'autre main, appuyée sur la hanche, ne se voit point. Le fond est clair, à l'exception de quelques griffonnements qui indiquent le terrain dans le bas de la droite, et de l'ombre portée sur la gauche par les pieds du personnage. On lit, au bas de la planche : Rf, 1632. Les deux derniers chiffres sont gravés à rebours.

Premier état. La planche est plus large, elle porte environ dix millimètres de plus. L'estampe est légèrement gravée et n'a que peu de vigueur et d'effet.

Deuxième état, La planche est coupée et réduite à la dimension de 108 millimètres sur 78. Les ombres sont plus nourries de travaux et l'effet est plus riche.

Troisième état. Il en est de cette estampe comme du Joueur de cartes; elle a été travaillée par les différents possesseurs du cuivre, quil'ont fait reprendre lorsque les premiers travaux se sont affaiblis. On peut remarquer, en effet, que dans les épreuves toutes modernes, la frange du justaucorps est rentrée au burin , ainsi que les ombres principales, de sorte que la tête et les jambes, qui étaient légèrement ombrées dans le principe, ne sont plus tout à fait d'accord avec la vigueur et le fini du reste. Au moyen de cette remarque et de la qualité du papier, les amateurs pourront distinguer les

épreuves anciennes du second état de celles qui se tirent encore tous les jours et qui forment le troisième.

BARTSCH^ 152. CLAUSSIN, 149. WILSON, 150.

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