Jésus-Christ au milieu des docteurs
omme le précédent , ce morceau n'est qu'une esquisse légère. Jésus y est représenté debout au milieu du sujet. Dirigé vers la droite, il adresse la parole à trois docteurs assis de ce côté autour d'une table. Le siège de celui qui est sur le premier plan et qui est vu de dos, est garni d'un coussin à glands. Six autres scribes que l'on voit au fond dans une sorte de tribune ou de loge, ainsi que plusieurs autres qui occupent toute la partie gauche de l'estampe, paraissent l'écouter avec curiosité , et quelques-uns avec étonnement. On lit au bas de la gauche : Rembrandt f. 1652.
Les premières épreuves présentent quelques barbes, notamment au bonnet élevé de la figure qui est placée immédiatement derrière Jésus.
La planche n'ayant pas été sans doute bien nettoyée après le premier tirage, le vert-de-gris en a rongé les bords dans le haut et sur la droite. L'absence des corrosions causées par cette négligence marque le premier état; la présence de ces corrosions indique le second état^ et il y en a encore un troisième dont les épreuves sont rares, c'est celui de la planche finie en manière noire, j'ignore par qui; peut-être par le capitaine Baillie.
Hauteur, 0,214; largeur, 0,126.
BARTSCH^ 65. CLAUSSIN, 69. WILSON, 69.
L'auteur d'un livre intitulé : Cérémonies et Coutumes qui s'observent aujourd' hui parmi les Juifs (Lyon, 1681), M. de Simonville, remarque en passant une étrange erreur de nos peintres qui représentent Jésus-Christ assis au milieu des docteurs, sur une chaire élevée au-dessus des autres, comme s'il eût été à l'âge de douze ans, le chef de quelque synagogue. Il est bien clair que Jésus ne pouvait être assis que sur un banc parmi les disciples, et qu'il n'avait que la liberté de proposer ses doutes en cette qualité. « Puisque les images sont les livres des ignorants, ajoute l'auteur, il serait bon qu'elles ne leur donnassent point des idées fausses. Le concile de Trente exprima le vœu qu'il fût remédié à cet abus. »
Je remarque à mon tour que Rembrandt n'a pas commis la faute que commettent les autres peintres, et qu'il s'est figuré Jésus dans le temple, non comme un rabbin qui enseigne la doctrine et qui l'impose, mais comme un enfant précoce, bien que modeste, dont le génie naïf encore et déjà sublime, étonne les docteurs les plus orgueilleux et les plus sages.