La Vierge de douleur
La sainte Vierge, vue à mi-corps, dirii^ëe vers la droite de l'estampe, au-devant d'un appui de pierre sur lequel sont placés la couronne d'épines et les clous du crucifiement. Elle paraît méditer sur les instruments de la Passion. Ce morceau est de la plus grande rareté.
Il en existe deux états :
Premier état. On voit plusieurs tailles durement gravées sous le menton de la Vierge et au-dessous de ses deux bras: Dans ces trois endroits, sont de grosses taches qui semblent provenir de ce que les tailles dont nous parlons n'auraient pas été ébarbées.
Second état. Les tailles durement gravées sont éclaircies.
Hauteur, 0,090; largenr, 0,HO.
BARTSCH, 85; CLAUSSIN, 89; WILSON, 90.
11 est probable que l'extrême rareté de cette estampe provient de ce que Rembrandt n'en aura tiré qu'un petit nombre d'épreuves, n'en étant point satisfait. Du reste, nous n'y trouvons rien de bien remarquable, et au premier abord , nous serions tenté de croire qu'elle n'est pas même de Rembrandt. Le geste est ponsif comme celui d'une vierge bolonaise ; la draperie n'offre que des plis sans caractère et sans modelé. L'expression est froide, ce qui n'arrive jamais à Rembrandt. Enfin, le travail lui-même manque d'esprit. Je ne serais donc pas surpris que la Vierge de douleur fût l'ouvrage de Ferdinand Roi ou de quelque autre peintre
NOUVb:AU TESTAMENT. 2M
de la même école, s' inspirant d'mie gravure italienne; et bien que Rembrandt n'ait pas signé toutes ses planches, on peut considérer ici l'absence de son monogramme comme un indice de plus que cette eau-forte n'est pas de lui, ou du moins n'est (ju'un de ces essais de pointe auxquels on n'attache aucune importance, et que le peintre abandonne quand il n'y a pas entrevu la chance d'une figure heureuse ou d'un sujet bien senti.