‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 143 sur 202 · Les ruines au bord de la mer · texte numérisé non relu

Les ruines au bord de la mer

[Le paysage à la vache.)

A la gauche, sur une éminence, on voit une vache, et près de là, un homme qui porte une hotte sur le dos, et un autre dont on ne découvre que le haut du corps. Au pied de la hauteur est une troisième figure qui marche, et qui est couverte d'une longue robe. Ce paysage se termine au loin par la mer et par quelques ruines qu'on aperçoit sur le rivage. Vers le milieu de l'estampe s'élèvent trois petites tours placées à égale distance, et dont l'une, celle du centre, est un peu plus haute que les autres.

Ce morceau est extrêmement rare; il manque dans l'œuvre de Paris. Il en existe deux états.

Premier état. La partie guiche de l'estampe n'est que trèslégèrement gravée; la vache n'y est qu'au trait, ainsi que la figure qui en est le plus proche et qui n'est ombrée que par la salissure provenant dos barbes restées sur la hotte. Il y a très-peu de travail dans le coin du bas de la droite. (Musée d'Amsterdam.)

Second état. Le terrain du coin de la gauche qui était clair dans le premier état, est ici couvert de deux tailles qui se croisent. La vache et la figure qui est auprès sont plus travaillées. Le coin

de la droite a reçu quelques travaux additionnels. (Musée d'Amsterdam et du British Muséum.)

Hauteur, 0,060; largeur, 0,117.

BARTSCH, 206. CLAUSSIN, 203. WILSON, 203.

Ce n'est pas sans quelque surprise, au premier abord, que nous avons lu dans le Catalogue du British Muséum, ces mots écrits au crayon par le conservateur du Cabinet des estampes : // est douteux que cette pièce soit de Rembrandt. Mais en y regardant de plus près, nous avons été gagné à notre tour par le sentiment du doute. En effet , certains travaux , et particulièrement ceux du second état, sont maigres et manquent d'esprit. La vache n'est pas non plus bien dessinée; cependant, la succession des plans est si bien indiquée dans ce petit paysage, la dislance y est creusée avec tant d'art que je n'oserais attribuer l'estampe à un autre que Rembrandt. Lorsque j'en rapportai le calque fait par moi en Hollande, M. Flameng, l'intelligent graveur qui a enrichi mon livre de copies si merveilleuses, M. Flameng trouva charmant ce petit morceau, même dans mon calque, et il prit plaisir à l'emporter chez lui pour le graver. Cela me fit penser qu'il ne fallait pas se laisser aller au doute exprimé par M. Carpenter, quelle que fût ma déférence pour cet habile connaisseur. J'ai donc maintenu dans l'œuvre les Ruines au bord de la mer,

laissant aux amateurs le soin de se prononcer sur l'authenticité de l'original d'après la copie de M. Flameng, qui est ici placée en regard et qui est d'ailleurs fort bien mordue et très-fidèle.

Que si j'ai changé la dénomination de Bartsch, comme Wilson lui-même l'a changée, c'est pour distinguer ce morceau d'un autre Paysage à la vache, celui qui porte dans le présent Catalogue le n° 337.

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