‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 151 sur 202 · V homme au lait · texte numérisé non relu

V homme au lait

L'estampe est ainsi nommée, parce qu'on y voit, sur la droite, un paysan qui porte deux seaux de lait attachés à une traverse de bois écliancrée au milieu, arrondie par les bouts et qui se pose derrière le cou et sur les deux épaules. Un grand chien court à ses pieds. Vers le milieu du paysage est tracé un chemin qui conduit à une maison rustique, flanquée d'une grange. Sur la gauche, on distingue quelques chaumières entourées d'arbres et, au-dessous, un canal au bord duquel est amarré un bateau. Le fond de la droite représente la mer avec plusieurs navires, tandis qu'au fond de la gauche, au-dessus des chaumières, on aperçoit des collines éloignées.

Il y a deux états de cette planche.

L'absence des collines au-dessus des chaumières est la rimarque du premier état. Les épreuves en sont extrêmement rares; elles ont de la manière noire provenant des barbes de la pointe sèche.

Le second étal se reconnaît donc à l'addition des collines au-dessus des chaumières. Les terrains qui s'étendent devant ces chaumières et devant les grands arbres dont elles sont ombragées sont retravaillés à la pointe sèche et sont par conséquent moins clairs, surtout près du chemin. Quelques hachures ont été ajoutées au bord de l'eau vers le milieu du bas de la planche. Les bonnes épreuves de ce deuxième état ont de la manière noire aux endroits où le travail a été repris.

Hauteur, 0,065; largeur, 0,173.

BARTSCH, 213. CLÀUSSIN, 210. WILSON, 210.

Délicatement gravé et fini avec soin, ce paysage a beaucoup de rapport, pour le travail, avec la Grange à foin qui porte dans le catalogue de Glaussin le

n° 221 et clans le nôtre le n° 325. C'est le même esprit, la même complaisance, la même façon de manier la pointe et de rendre les feuilles, les terrains, les herbes humides. Toutefois, nous ne placerons ces jolis morceaux qu'au second rang, parce que ce travail étant en quelques endroits trop serré, s'est alourdi par cela même en faisant disparaître la transparence du papier. Il est remarquable que Rembrandt a gravé ses paysages les plus admirables en espaçant ses travaux et en les traçant avec une grosse pointe. Le fini convient aux tailles-douces ; mais l'eau-forte veut en général plus de liberté, les parties inachevées y font bien, et aussi quelques négligences.

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