‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 16 sur 202 · La Femme à la flèche · texte numérisé non relu

La Femme à la flèche

Une femme nue, vue par le dos, est assise sur un lit entouré de courtines. Sa tête est coiffée d'une sorte de résille ; ses jambes sont croisées, et l'on voit la plante de son pied gauche retourné. Sa main gauche s'appuie sur le lit, et de sa main droite elle tient une flèche. Sur le devant du lit, du côté gauche, est placé son linge ; une manche de sa chemise pend jusqu'à terre. Du même côté, on aperçoit dans l'ombre une tête placée à la hauteur de l'épaule, au bas du rideau. Dans le bas de la gauche on lit : Rembrandt f.

Cette pièce est la plus rare des figures académiques de Rembrandt. Il n'en existe à notre connaissance qu'un seul état. Les premières épreuves sont très-chargées de barbes.

Hauteur, 0,206; largeur, 0,123.

BARTSCH, 202. CLAUSSIN, 199. WILSON, 199.

Wilson décrit deux états de cette pièce ; mais je crois qu'il se trompe. « Dans le premier état, dit-il, le nom a et la date sont faiblement exprimés, et on remarque « des places claires dans le bas de la planche, au-dessus « de la date, vers la droite. Une épreuve de ce premier « état est au Musée d'Amsterdam; elle est remplie de « barbes. Dans le second état, le nom est fortifié,

« mais non la date, et les places claires sont couvertes « par de nouveaux travaux. »

J'ai vérifié, au Musée d'Amsterdam, les deux états ainsi décrits par Wilson ; et il me semble qu'il n'y a aucune différence entre les deux épreuves. Seulement, dans l'une, le nom est fortement exprimé; dans l'autre, il l'est très-faiblement, au point qu'il est à peine lisible. Or, ce qui fait lire le nom dans la première épreuve, c'est la barbe à laquelle s'est accroché le noir d'impression ; une fois la barbe disparue, le nom ne se voit presque plus, parce que la pointe n'a fait qu'effleurer le cuivre. Il en résulte que Wilson s'est trompé, non-seulement en voyant deux états là où il n'y en a qu'un seul, mais en décrivant comme première épreuve celle qui n'a point de barbes, laquelle, dans tous les cas, serait certainement la seconde.

De toutes les estampes de Rembrandt qui sont datées, la Femme à la flèche est la dernière. Sauf le clair-obscur, cette estampe ne vaut pas, à beaucoup près, les autres figures académiques. On dirait même que la femme représentée a deux pieds gauches. La planche, au surplus, a cela de singulier qu'elle semble crayonnée, et qu'elle ne représente ni l'aspect d'une eau-forte, ni celui d'une pointe sèche. De nos jours, Decamps et Marvy ont obtenu de pareils effets avec le vernis mou.

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