‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 162 sur 202 · L'obélisque · texte numérisé non relu

L'obélisque

L'objet le plus frappant, en effet, de ce paysage, est un obélisque dont on ne voit pas l'extrémité, parce qu'il est coupé par le bord supérieur de la planche. Derrière cet obélisque est une grange. Il y a au milieu de l'estampe un village qui s'étend vers la droite en s'éloignant dans le fond. La maison qui est le plus près du spectateur est couverte de chaume, et environnée de quelques arbres bas et touffus; sur le devant on remarque une brouette, et sous le hangar de la maison, un tonneau posé sur son chantier. A droite, au premier plan, un chien se désaltère à un canal.

Ce morceau est rare. Wilson en a décrit deux états : Premier état. Le toit de l'une des maisons du fond sur la droite et le terrain qui la borde sont restés blancs. Les épreuves de cet état sont chargées de manière noire et d'un e-et très-puissant, mais quelquefois lourd; elles sont fort rares.

Second état. Le toit de la maison dont nous venons de parler est couvert de tailles. Les bonnes épreuves de ce second état sont peut-être préférables à celles du premier, parce qu'elles ont moins de barbes et sont d'un noir moins épais.

Hauteur, 0,083 ; largeur, 0,162.

BARTSCH, 227. CLAUSSIN, 224. WILSON, 224.

Les réflexions que nous avons faites au sujet de la Grange à foin et le troupeau sont ici confirmées par une exception. L' Obélisque est en effet le seul paysage qui, dans l'œuvre de Rembrandt, contienne un monument classique, et cette ruine de style forme un contraste d'autant plus piquant avec les maisons rustiques, les granges et les hangars d'un pauvre village. Il a été fait une copie trompeuse de Y Obélisque ; on la reconnaît à quelques traits qui indiquent le terrain dans le coin à gauche ; ces traits horizontaux et couchés sont séparés, dans la copie, par deux hachures obliques qui ne se trouvent point dans l'original.

Page 1