‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 170 sur 202 · Le Paysage à la vache qui s'abreuve · texte numérisé non relu

Le Paysage à la vache qui s'abreuve

Le devant du paysage représente un canal auquel s'abreuve une vache placée à la droite de l'estampe. On voit au milieu un bateau qui paraît amarré au bord du canal et dans ce bateau un paysan qui se courbe comme pour y ramasser quelque chose. Du côté gauche, s'élève une colline qui tourne vers la droite et qui diminue de hauteur à mesure qu'elle s'éloigne dans le fond. Au pied de cette colline sont éparses quelques chaumières ombragées d'arbres.

Ce morceau n'est pas rare. Il y en a trois états bien distincts.

Premier état. Le terrain qui est à droite de la vache est tout à fait blanc. La colline est très-marquée, le fond est couvert d'une légère teinte grise.

Deuxième état. Le terrain, à droite de la vache, est en partie

couvert de tailles. On remarque une place blanche sur le dos du paysan courbé dans la barque. La colline est moins visible que dans le premier état, et la teinte grise du fond a disparu peu à peu par l'effet du tirage.

Troisième état. La planche a été reprise. Le toit de la chaumière qui est placée au milieu de l'estampe, présente des contretailles. On remarque à la cime des arbres qui s'élèvent à côté de cette chaumière, deux branches délicates qui ne se trouvaient pas dans les précédents états. La place blanche sur le dos du paysan a disparu. La colline n'est plus visible ou presque plus.

Hauteur, 0,103; largeur, 0,128.

B ARTSCHj 237. CLAUSSIN, 234. WILSON, 234.

La planche de ce paysage existe encore; elle faisait partie du fonds de la veuve Jean, qui a été vendu aux enchères en 1834. Aussi peut-on être assuré que les travaux, qui constituent le troisième état ont été ajoutés par une main moderne et, probablement, depuis que les planches sont sorties du fonds de Basan, car les épreuves que cet artiste avait tirées sur le cuivre de Rembrandt, qu'il possédait (épreuves que l'on reconnaît à la couleur dorée du papier), ne portent pas encore la trace des travaux additionnels dont nous venons de parler. Quant aux deux premiers états, ils sont brillants et d'un très-bel effet. Peut-être le second est-il préférable au premier, parce que la colline y étant d'un ton plus léger, s'éloigne d'autant, et qu'en fuyant ainsi elle agrandit le paysage.

Page 1