‹ L'¿uvre complet de RembrandtChapitre 188 sur 202 · BELGIQUE · texte numérisé non relu

BELGIQUE

Musée d'Anvers. — Portrait de femme. Elle est représentée à mi-corps, coiffée d'un chapeau de feutre rouge, orné d'une plume, et vêtue d'une robe écarlate brodée d'or. Elle porte un collier de grosses perles, une perle longue pendante à sa btucle d'oreille, un triple bracelet de perles et des agrafes d'or à son corsage. Les mains tiennent un manteau qui recouvre l'épaule droite. Ce portrait, confisqué en l'an vi, dit le catalogue, fit partie du musée Napoléon. Il fut acheté à la vente du roi des Pays-Bas, Guillaume II, au prix de 3,700 florins.

N'ayant conservé qu'un très-vague souvenir de cette peinture qui représente la première femme de Rembrandt, nous rapporterons ce qu'en dit W. Burger. Le portrait qui fit partie du musée Napoléon n'est pas celui du musée d'Anvers, mais un portrait tout semblable qui est au musée de Gassel, et qui a été gravé par W.- P. Leeuw, contemporain de Rembrandt, et par Oortman. « La peinture du musée d'Anvers est incontestable, ajoute Burger... quand on ne connaît pas l'incontestable original du musée de Cassel, et même après l'avoir vu, on n'oserait jamais dire qu'elle en soit la copie. » Gela signifie pour nous qu'un des deux morceaux, probablement celui d'Anvers, est une de ces répétitions que les maîtres font faire souvent par leurs élèves les plus habiles, et qu'ils ne craignent pas d'avouer, de signer même, après les avoir vérifiées et retouchées. Il est sûr, en effet, que Rembrandt ne s'est jamais copié lui-même, jamais répété, au grand jamais.

Musée de Bruxelles. — Un homme debout, à mi-corps, couvert d'un chapeau et vêtu de noir, sauf un col et des manchettes blanches. Il est dans une embrasure cintrée, et le mur du fond porte la signature Rembrandt, f. 1641. Le jour venant du fond, la tête n'est éclairée que par des reflets et par la lumière qui glisse et tourne autour. M. A. de Montaiglon , dans sa Notice sur le Musée de Bruxelles, dit que ce portrait est « un chef-d'œuvre et le morceau le plus important du musée, avec le Jordaens et le van Orley. » Nous nous en référons à ce jugement, n'ayant pas d'ailleurs gardé une idée précise du tableau.

Galerie d'Arenberg , à Bruxelles. — Le jeune Tobie rendant la vue à son père. Le père, assis la tête renversée, subit l'opération que lui fait son fils. La vieille mère, de profil à droite, tient dans ses mains la main de l'aveugle. Un ange vêtu de blanc, les ailes étendues, semble présider à l'opération. La scène est éclairée d'un rayon de soleil qui entre par une fenêtre placée à gauche. De ce côté, dans l'ombre, deux figures assises. Signé Rembrandt , /*. 1636. Gravé par de Marcenay. Un tableau de ce sujet est mentionné dans le Trésor de la Curiosité , comme ayant appartenu au prince de Carignan.

M. Charles de Brou a remarqué que le tableau de la galerie d'Arenberg était peint sur une couche d'or.

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